Histoire Navale
Les premiers objets de l'ex-paquebot Norway en vente sur Internet?

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Les premiers objets de l'ex-paquebot Norway en vente sur Internet?

Histoire Navale

Sans attendre le résultat des recours en justice déposés en Inde pour tenter d'empêcher le ferraillage du Norway sur les plages d'Alang, certains sites Internet commencent à proposer, aux enchères, un certain nombre de lots présentés comme provenant du vieux paquebot. C'est le cas, par exemple, d'un site norvégien, où l'on trouve actuellement une petite dizaine d'affiches et un jukebox. Aucun trésor en perspective mais les tarifs proposés donnent une idée des sommes que les vendeurs souhaitent amasser. Pour les affiches, présentant le navire à l'époque du France et de la Transat, le prix de départ est de 385 euros. Quant au jukebox, mis en vente à 1 euro, les acheteurs potentiels ont déjà proposé plus de 400 euros, alors que les enchères courent jusqu'au 30 janvier. Un problème majeur subsiste néanmoins. Comment vérifier l'authenticité des objets ? Les affiches sont elles bien celles qui ornaient les cabines du Norway ? L'état des lots est un autre casse-tête. On sait par exemple que le fameux jukebox, qui se trouvait sur la promenade vitrée appelée "5ème avenue" (pont International), a été pillé et saccagé quand le navire était encore à quai à Bremerhaven, en Allemagne. La traçabilité des objets provenant de l'ex-France devrait, en tous cas, poser un sérieux problème dans les mois à venir, d'autant que les amoureux et nostalgiques du bateau sont très nombreux. Attention donc aux arnaques.

Une carcasse très convoitée

Une chose reste sûre. La coque du paquebot, rebaptisé Blue Lady, suscite la convoitise des revendeurs d'objets et autres souvenirs récupérés sur les navires envoyés à la démolition. L'ex-Norway, qui avait quitté l'Allemagne en 2005 avec l'essentiel de son mobilier et de sa décoration, a-t-il commencé à être dépouillé ? Les photos en circulation sur Internet, montrant l'intérieur du paquebot depuis son arrivée devant Alang, attestent que différents visiteurs ont déjà circulé à bord. Reste à savoir s'ils sont repartis les mains vides. Des négociations se seraient, par ailleurs, déjà déroulées avec des acheteurs. Ainsi un antiquaire normand, qui aurait pré-acheté aux ferrailleurs un certain nombre de pièces, les destineraient aux enchères sitôt les chalumeaux activés.
Victime d'une explosion de chaudière en 2003, le SS Norway avait été remorqué à Bremerhaven. Après deux ans d'immobilisation, le navire a rejoint la Malaisie, où il est resté de nombreux mois en attente, avant d'être finalement vendu pour prendre la route des chantiers indiens. Les associations de défense du paquebot et les organisations écologistes s'opposent à sa destruction, arguant que le navire, contenant de l'amiante, représente un danger pour la santé des ouvriers d'Alang. Après un an de réflexion et de procédures, la Cour suprême indienne avait donné, cet été, son feu vert au chantier.
Construit pour la Compagnie Générale Transatlantique, le France a été lancé en 1960 à Saint-Nazaire. Racheté en 1979 par l'armateur norvégien Knut Klosters, il sera refondu pour le marché de la croisière et rebaptisé Norway. Norwegian Cruise Line l'exploitera notamment dans les Caraïbes, jusqu'à l'accident de Miami, il y a quatre ans.

Norway, l'ex-paquebot France