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Les régions françaises vont avoir leurs frégates

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Les régions françaises vont avoir leurs frégates

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Aquitaine, Normandie, Provence, Bretagne, Auvergne, Languedoc, Alsace et Lorraine… Sur proposition du chef d’Etat-major de la marine, Michèle Alliot-Marie a opté, cette semaine, pour les régions historiques françaises dans le choix des noms des futures frégates multi-missions, dont les 8 premiers exemplaires ont été commandés en novembre dernier. « Renouant avec une tradition séculaire, la marine nationale manifeste le lien étroit qui l’unit à la nation en attribuant des noms de régions aux nouvelles frégates qui renouvelleront sa flotte de surface. Les quatre premières évoquent la fin du second conflit mondial et la naissance de l’Europe, à la construction de laquelle la marine est profondément attachée », explique la rue Royale. D’autres pistes avaient été soumises au ministre, notamment des noms de villes ou une reprise des grands personnages de l’histoire, comme ceux donnés aux frégates actuellement en service.

Mêler histoire et communication

Le choix des régions historiques semble des plus judicieux. Il permettra, en effet, une certaine identification des Français à ces navires, les noms de Georges Leygues ou de De Grasse restant des plus obscurs pour une grande partie de la population. Cette décision permettra, également, de mener des opérations de parrainage et de communication fortes en direction des collectivités territoriales. Bien que non employées depuis de longues années, les Normandie, Provence, Bretagne et autres Lorraine ont, de plus, une place importante dans l’histoire de la marine. Ainsi, du temps de l’ancien régime, certaines provinces du royaume finançaient la construction ou faisaient don de vaisseaux de guerre pour la marine du roi. Ce fut le cas, par exemple, pour le Languedoc, au milieu du XVIII ème siècle. Plus récemment, le Normandie et le Languedoc ont laissé leur trace à l'aube de la Grande Guerre. Mis sur cale à l’automne 1914 et mai 1915, ces cuirassés appartenaient à une série de cinq bâtiments de 25.200 tonnes, armés de 12 pièces de 340 mm en trois tourelles quadruples. Interrompu par la première guerre mondiale, le chantier ne sera jamais mené à son terme, seul le Béarn étant transformé en porte-avions dans les années 20. La classe précédente, celle des Bretagne, Provence et Lorraine, aura plus de chance. Mis en service pendant le conflit, ces cuirassés seront modernisés dans les années 30 et seront engagés en Méditerranée en 1939. Attaquée par les Britanniques à Mers el-Kébir, en juillet 1940, la Bretagne sera détruite. Gravement endommagée au cours de la même bataille, la Provence rejoindra finalement Toulon pour s’y saborder en novembre 1942. Seule la Lorraine, internée à Alexandrie avec la Force X, reprendra la lutte aux côtés des alliés, participant, notamment, au débarquement de Provence. On retiendra d’ailleurs que c’est sous ce nom, Provence, que devait être baptisé le sous-marin nucléaire d’attaque S 601, finalement appelé Rubis, la Bretagne faisant place au Saphir et la Bourgogne au Casabianca. Le vingtième siècle n’aura, en revanche, pas vu d’unités majeures porter les noms d’Alsace et d'Auvergne, deux régions qui fournissent, pourtant, de nombreux marins à la flotte française.

En attendant les 9 autres…

Notifié par l’organisation conjointe de coopération en matière d’armement (OCCAR), le programme des frégates multi-missions est mené en coopération par la France et l’Italie. Ces pays doivent respectivement construire 17 et 10 bâtiments. Pour la Marine nationale, les FREMM permettront de remplacer les 10 frégates du type F 67 et F 70, ainsi que les 17 avisos du type A 69. En Italie, la Fregata di Nueva Generazione (FNG) se substituera aux Artigliere et Maestrale. L’ensemble du programme est évalué à 11 milliards d’euros, dont 6,5 pour la France. DCN doit débuter l’usinage de l'Aquitaine dans le courant du premier semestre 2007, pour une admission au service actif en 2012, soit un retard de quatre ans par rapport au planning initial. Les livraisons devraient ensuite se suivre au rythme soutenu de trois frégates tous les deux ans. L'arrivée tardive des FREMM ne sera pas sans conséquence sur l’état de la flotte, qui sera, alors, à bout de souffle. Les Tourville et De Grasse, si elles sont encore en ligne, auront 37 et 35 ans au moment de la livraison de la première FREMM. Au fil du temps, l’âge des F 70 deviendra également canonique, la plus ancienne datant de 1979 et la plus récente de 1990 (elles seront désarmées entre 2012 et 2019). Quant aux avisos, les 9 unités encore en service auront quelques tours du monde dans les hélices, depuis leur livraison entre 1980 et 1984 (leur durée de vie a été portée de 25 à 35 ans). Certains officiers jugent cette situation inquiétante en matière de capacités opérationnelles et estiment que le programme ne peut souffrir d’autres retards. Si c’est le cas : « A compter de 2015, la France aura une flotte virtuelle », affirme l’un d’eux. Pour éviter d'en arriver là, la marine devra compter sur la confirmation des deux tranches conditionnelles du contrat. Celles-ci, qui comprennent 4 et 5 frégates, doivent être affermies en 2011 et 2013. Si aucun nouveau glissement ou coupe budgétaire ne vient menacer le projet, la dernière FREMM devrait être en ligne au début des années 2020. Représentant des millions d’heures de travail, ce programme doit faire vivre DCN Lorient sur les 15 prochaines années. Les capacités du site n’étant pas suffisantes pour absorber un tel plan de charge, les établissements de Cherbourg et Brest seront mis à contribution, de même que des chantiers privés. Les noms de Piriou et d’Aker Yards sont évoqués, ainsi que des groupes étrangers.
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France

Voir la fiche technique des frégates multi-missions

Voir la fiche technique des frégates du type Tourville (F 67)

Voir la fiche technique des frégates du type Georges Leygues (F 70)

Voir la fiche technique des avisos du type A 69

Italie

Voir la fiche technique des Fregata di Nueva Generazione (FNG)

Voir la fiche technique des frégates du type Artigliere (Lupo)

Voir la fiche technique des frégates du type Maestrale


Naval Group (ex-DCNS)