Marine Marchande
Les rescapés du Maersk Etienne débarqués, des interrogations dans la marine marchande

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Les rescapés du Maersk Etienne débarqués, des interrogations dans la marine marchande

Marine Marchande

Le calvaire est enfin terminé. Les 27 rescapés recueillis en Méditerranée par un pétrolier de Maersk Tankers depuis le 7 août ont pu rejoindre la terre ferme et ont débarqué à Pozzallo en Sicile samedi dernier. Quelques heures auparavant, ils avaient d’abord été transbordés à bord du Mare Jonio, navire de l’ONG italienne Mediterranea. A bord de ce dernier, les 27 personnes, dont un mineur et une femme enceinte, ont pu recevoir des examens médicaux et c’est à la suite de ces derniers que le port de Pozzallo a été désigné comme point de débarquement pour « raisons sanitaires ». Le Maersk Etienne a enfin pu reprendre sa route et la compagnie danoise a assuré qu’elle allait s’assurer de prendre bien soin de ses marins, comme eux l’ont fait avec les rescapés dont ils se sont occupés pendant plus d’un mois. Un mois durant lequel les autorités de Malte ont refusé de prendre en charge les personnes, alors que c’est le MRCC de La Valette qui avait demandé au Maersk Etienne de se dérouter. Le gouvernement maltais est même allé jusqu’à renvoyer la balle au Danemark, Etat du pavillon du pétrolier.

Ce dénouement laborieux ne doit pas faire oublier que ce nouvel épisode malheureux est en train de créer un précédent. Le groupe Maersk Tankers assure que si une telle situation se présentait à nouveau, ses marins agiraient de la même manière. Mais d’autres rumeurs se font entendre. Notamment celles selon lesquelles de plus en plus de radios seraient éteintes sur les navires de commerce croisant dans en Méditerranée centrale et que certains feraient même des détours pour éviter la zone SAR de Malte. Dans un communiqué commun datant de la semaine dernière, l’Agence des Nations Unies pour les Réfugiés, la Chambre internationale du shipping (ICS) et l’Office internationale des migrations, ont dénoncé l’attitude des Etats riverains dans cette affaire. Alors que « le Maersk Etienne a assumé sa responsabilité en sauvant les réfugiés, il s’est retrouvé dans un jeu diplomatique où chacun rejetait sa responsabilité sur l’autre ».  Comme beaucoup avant elles, les trois organisations pointent le fait que les Etats riverains ne respectent pas leurs obligations en matière de droit international et notamment de la convention SAR dont ils sont signataires. Ce qui amène des situations comme celle du Maersk Etienne, qui n’est pas préparé pour recevoir des rescapés pour une si longue période.

Pour mémoire, l’Union européenne n’a toujours pas réussi à mettre en place un mécanisme solidaire d’accueil des migrants, ce qui, pour le moment, laissent les Etats riverains seuls face à la situation. Par ailleurs, plusieurs navires humanitaires, dont l’Ocean Viking de SOS Méditerranée, sont retenus à quai pour raisons administratives.

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