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Les Sables-Madère-Les Sables: Au Cap Finisterre

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Les Sables-Madère-Les Sables: Au Cap Finisterre

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Yvan Noblet menait hier la flotte des 10 Class'40 engagés dans la course Les Sables-Madère-Les Sables, qui s'est élancée dimanche dernier de Vendée. Appart City disposait, au dernier pointage, d'une douzaine de milles d'avance sur Pierre-Yves Chatelin (Destination Calais) et Cécile Poujol (Merci les amis !). Les voiliers ont passé le cap Finisterre hier après-midi et le duo Yvan Noblet-Patrick Morvan confortait sa position de leader. Après le louvoyage dans le golfe de Gascogne, place à la brise portante dans un vent de Nord qui devait se renforcer dans la nuit.

Les côtes de Galice ne sont jamais faciles à négocier ! Les retardataires de cette première étape entre Les Sables d'Olonne et Madère en savent quelque chose... Car en n'arrivant pas à tenir le même cap que leurs concurrents lors du long bord de près de lundi, ils se sont retrouvés décalés plus dans l'Est. Et quand le vent est passé au secteur Nord-Ouest, ils n'ont pas pu suffisamment arrondir leur trajectoire et se sont plantés dans les calmes à l'approche des falaises ibériques. De quelques milles de retard, l'écart a atteint près de cinquante milles pour Jean-Edouard Criquioche et Lionel Regnier... Dur, dur ! « On a essayé de faire au plus court cette nuit parce que cela fait deux jours qu'on n'arrive pas à tenir le cap des autres Class' 40 : on est donc passé au ras des falaises espagnoles... et on est resté encalaminé une heure dans une molle ! On a repris de l'air et on essaye de s'écarter plus des côtes. Nous sommes à Cabo Prior maintenant, sous gennaker à 8-9 noeuds et on attend que le vent tourne encore plus au Nord », regrettait hier midi, Jean-Edouard Criquioche (Choice Hôtels) qui constatait que son Pogo-40 semblait moins à l'aise au près serré que les autres Class'40.

Des écarts grandissants

En revanche, Yvan Noblet et Partick Morvan ont remarquablement déjoué ce piège au large de La Corogne en restant suffisamment éloigné (cinq milles) des rives espagnoles, sans pour autant rallonger leur route comme les partisans d'une trajectoire plus au large : « Nous sommes sur une mer plate et dans une brise de 12-13 noeuds de Nord. On va chercher un effet de pointe au niveau du cap Finisterre : nous avons autant de vent à terre qu'au large, c'est pourquoi je ne comprends pas l'option des Class'40 plus au Nord... Tactiquement, nous avons joué la vitesse toute la nuit au près puisqu'il y avait la rotation du vent annoncée. Nous avons passé tous les caps cette nuit assez près, à cinq milles, mais avec toujours du vent », indiquait Yvan Noblet (Appart City) à la vacation radio de mardi midi.

Benoît Parnaudeau et Jean-Christophe Caso ont ainsi perdu du terrain en se décalant trop au Nord et même s'ils touchaient la nouvelle brise de secteur Nord plus tôt, leur écartement leur a coûté une bonne dizaine de milles en une demi journée... « Mon option plus au Nord ? Je ne sais pas si c'était une bonne idée... Ceux qui sont à terre s'en sortent bien. On a fait comme on a appris avec Jean-Yves Bernot ! Normalement avec un vent de Nord à Nord-Ouest, le vent tamponne à la côte et faiblit... C'est pourquoi nous avons serré le vent cette nuit pour nous éloigner de l'Espagne. Nous sommes avec quinze noeuds de vent de Nord et on va bientôt envoyer le spinnaker. J'espère que ça sera payant à moyen terme... », analysait hier Benoît Parnaudeau (Jardin Bio-Prévoir).

Et de fait, hier après-midi, le leader s'engageait dans la grande glissade vers Madère en route directe à plus de dix noeuds de moyenne. Et si la mer restait encore peu agitée et la brise modérée, cela n'allait pas être la même chose dès la nuit prochaine : plus de deux mètres de creux attendus et surtout vingt, puis vingt-cinq noeuds de Nord ! De quoi enclencher le turbo pour toute la flotte, mais Appart City est bien parti pour accroître sensiblement son avantage, et tout du moins sur les retardataires, encore trop près des côtes espagnoles pour bénéficier de ce bon flux portant. Derrière le premier, la bagarre est intense entre le Jumbo de Pierre-Yves Chatelin (Destination Calais) et le prototype de Cécile Poujol (Merci les amis !), deux bateaux qui naviguent à vue depuis plus de deux jours ! Mais il reste encore plus de 700 milles à parcourir pour voir poindre la ligne d'arrivée à Quinta do Lorde, sur l'île de Madère...