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Les sauveteurs havrais se préparent aux évacuations sanitaires Covid

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Les sauveteurs havrais se préparent aux évacuations sanitaires Covid

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Comment prendre un charge un patient Covid évacué en mer ? Si le cas ne s’est pas encore présenté en France, il pourrait bien se concrétiser alors que le virus continue à circuler à travers le monde. C’est pour anticiper cette situation que la station SNSM du Havre et le SCMM/SMUR maritime du Havre ont mis en place un protocole commun pour assurer des conditions sanitaires optimales, pour le patient et pour les sauveteurs.

A la manœuvre il y a Florent Broustail, patron du canot havrais et officier chez Brittany Ferries, Mathieu Segouin, sous-patron et infirmier au SMUR maritime ainsi que Vincent Hébert, infirmier au SMUR maritime du Havre et responsable de la formation en médicalisation milieu périlleux. « Dès le début de la pandémie, nous avons réfléchi aux modalités de prise en charge d’un patient Covid. Au Havre, comme ailleurs, nous pouvons être confrontés à ce cas de figure, que ce soit à bord d’un ferry ou d’un navire de commerce », expose Vincent Hébert.

Face aux risques spécifiques de contagion lié au nouveau virus, les soignants et les sauveteurs ont rapidement travaillé ensemble de manière à mettre en place un cadre sanitaire strict pour l’ensemble de l’opération : de la prise en charge à bord d’un patient qui peut être lourdement instrumenté au transport et au transfert à l’hôpital. « Tout le monde s’y est mis pour établir une véritable harmonie sanitaire tout le long de la chaîne d’évacuation. Nous avons travaillé avec le CCMM (centre de consultation médicale maritime) de Purpan à Toulouse mais aussi le Grand Port Maritime du Havre qui était très volontaire, ainsi que le Groupe Hospitalier du Havre et la mairie du Havre ».

Comment intuber un patient quand on est en tenue Viking ? Comment sécuriser le brancard en minimisant les risques de transmission à bord de la vedette qui comme tout navire est un espace clos où la propagation aéroportée du virus est plus importante ? Comment habiller et déshabiller les sauveteurs pour leur garantir une protection optimale puis une désinfection parfaite ? Les soignants et les marins ont examiné un à un tous ces aspects. Et ont pu effectuer un tout premier entraînement il y a quelques jours.

« Nous avons commencé par limiter le nombre d’équipiers à bord du canot, 5 ou 6 contre 8 habituellement », détaille Mathieu Segouin. « Seules 3 personnes peuvent être présentes dans la timonerie. En matière d’équipement de protection individuelle, nous avons une combinaison que nous mettons par-dessus la veste de quart, un masque FFP2, des lunettes, gants, charlotte et le gilet de sauvetage par dessus». Des EPI provenant du SAMU du Havre et dont le réapprovisionnement est assuré.

 

(DROITS RESERVES)

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Une fois le patient à bord de la vedette, « nous essaierons dans la mesure du possible, en fonction des conditions de mer et de l'etat du patient, de l'installer à l’extérieur. S’il doit être à l’intérieur, nous coupons tout le chauffage et la climatisation et installons une bâche isolante en polyane tout autour du brancard. Le patient est évidemment équipé d’un masque et les gestes barrières strictement appliqués ».

A l’arrivée du patient à quai, un strict protocole de déshabillage est appliqué par l’équipage. « Ce sont des gestes très codifiés éprouvés dans la culture hospitalière ». Les équipements sont immédiatement désinfectés ou éliminés dans des poubelles adaptées. Deux équipiers sont ensuite en charge de la désinfection de la vedette, là-aussi selon une séquence minutieusement établie par un protocole visant à la protection des hommes et au reconditionnement sanitaire optimal du bateau.

Les équipes sont prêtes et les sauveteurs sont toujours aussi volontaires. « Nous avons partagé ces protocoles et le retour d’expérience de nos tout premiers entraînements avec les acteurs de l’action de l’Etat en mer de la zone, que ce soit le CROSS ou encore les hélicoptères pratiquant les évacuations sanitaires ». Et les Havrais sont prêts à les transmettre à toutes les stations de sauvetage qui le souhaiteraient.

Propos recueillis par Caroline Britz, mai 2020 © Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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