Défense
Les syndicats appellent à une journée d'action contre les conséquences du Livre Blanc

Actualité

Les syndicats appellent à une journée d'action contre les conséquences du Livre Blanc

Défense

Bases, états-majors, sites industriels... De l'armée de Terre à la marine, de Brest à Toulouse et de Nexter à DCNS, les syndicats appellent les personnels civils du ministère de la Défense et les salariés des entreprises publiques d'armement à se mobiliser aujourd'hui. Après le discours, hier, de Nicolas Sarkozy sur le Livre Blanc, CGT, CFDT, FO et UNSA dénoncent les orientations prises par le chef de l'Etat. C'est une « destruction de l'outil de défense », estime la CGT, qui dénonce notamment l' « OTANisation » de la stratégie militaire de la France. « Le président a parlé de discours fondateur. Effectivement, on casse le concept tel qu'on le connaissait pour se tourner les vers les Etats-Unis », affirme Yannick Malenfant. Selon le Secrétaire général de la Fédération nationale des travailleurs de l'Etat CGT : « C'est une réduction du format des armées, avec 54.000 suppressions d'emplois dont 20.000 personnels civils, soit plus de 25% des effectifs actuels de civils. La restructuration va avoir un coût financier énorme. On nous dit qu'on va faire des économies mais c'est faux car l'externalisation du soutien va coûter cher. De plus, contrairement à ce qui est avancé, le soutien des forces est pour nous une mission régalienne ». A la CFDT, on est également très inquiet. Le syndicat estime que l'intervention de Nicolas Sarkozy « pose les fondements d'une défense diminuée et bâtie quasi exclusivement sur des critères budgétaires. Cette approche financière donne un livre blanc dont on sent déjà que son interprétation donnera peu de place aux considérations stratégiques ».

Craintes sur d'éventuels plans sociaux chez les industriels

Selon Jean-Jacques Manach, secrétaire général de la fédération défense CFDT : « En ciblant les suppressions d'emplois tout en esquivant la moindre déclaration sur les programmes, Nicolas Sarkozy a démontré que l'objectif premier consiste bien à dégraisser des effectifs déjà à la peine sur les missions qui leurs sont assignées ». Regrettant le peu de place accordée, durant le discours présidentiel, aux personnels civils de la Défense, les organisations syndicales nourrissent également de sérieuses craintes concernant les industries, à commencer par DCNS. Avec moitié moins de frégates à construire et, sans doute, un ralentissement de la cadence de production des navires commandés, la CGT redoute le pire. « Nous craignons fortement l'étalement dans le temps de la construction des frégates et la diminution du nombre. Il y a aussi des risques sur l'étalement des sous-marins Barracuda. On craint que la loi de programmation militaire s'accompagne d'un gros plan social et de la suppression de plusieurs milliers de postes ».
Paris, Lille, Metz, Rennes, Brest, Lorient, Cherbourg, Toulon, Toulouse... Aux quatre coins du pays, les syndicats, qui déplorent une absence de dialogue, appellent les personnels à cesser le travail et à manifester pour faire entendre leur voix. A Paris, ce sera à midi sous les fenêtres du ministère de la Défense.

Naval Group | Actualité industrie navale de défense