Construction Navale
Les syndicats d'Aker Yards reçus à Matignon et à l'Elysée

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Les syndicats d'Aker Yards reçus à Matignon et à l'Elysée

Construction Navale

Les syndicats des ex-Chantiers de l'Atlantique seront reçus cet après-midi à Matignon et à l'Elysée pour évoquer le rachat de leur maison mère, le groupe norvégien Aker Yards ASA, par la holding sud-coréenne STX. Pour les représentants du personnel, le temps presse pour repousser cette offensive asiatique sur la construction navale européenne. Bruxelles, qui a ouvert fin décembre une enquête approfondie sur l'opération, doit en effet rendre son avis avant la mi-mai. Or, il serait très étonnant que la commission s'oppose au rachat de 39.2% du capital d'Aker par STX Shipbuilding. Les syndicats, qui craignent un pillage du savoir-faire en matière de paquebots et, éventuellement, de navires militaires, en appellent donc depuis des semaines à Nicolas Sarkozy et François Fillon. Ce dernier connaît particulièrement bien les chantiers nazairiens pour avoir été durant plusieurs années président de la région Pays-de-la-Loire, où Aker Yards est le premier employeur. Quant au président de la République, il avait pu découvrir et saluer publiquement le savoir-faire nazairien lors d'une visite du méthanier Gaz de France EnergY, en 2004.

Afin de repousser les ambitions coréennes, les syndicats avancent plusieurs pistes. La première consisterait à faire racheter la moitié des titres Aker par l'Etat, via la Caisse des Dépôt et Consignations. Le coût avoisinerait les 600 millions d'euros, soit une somme comparable à celle investie par les pouvoirs publics pour racheter les actions Lagardère dans EADS. La seconde piste consiste à trouver un ou plusieurs partenaires industriels français ou européens prêts à entrer au capital d'Aker Yards. Les noms d'Alstom, ancien propriétaire des chantiers nazairiens, et DCNS, les ex-arsenaux transformés en société de droit privé (en 2003 puis partiellement vendus à Thales en 2007 à hauteur de 25%), sont avancés par les syndicats. Un temps, le groupe italien Fincantieri avait également évoqué un possible engagement. Cette solution n'est, toutefois, pas sans poser de problèmes, notamment en matière de concurrence (il ne resterait plus que deux groupes indépendants sur le segment des paquebots). Les clients des chantiers voient d'ailleurs d'un mauvais oeil cette solution, dont il redoute qu'elle fera grimper le prix d'achat des navires de croisière.
Tournant à plein régime, Aker Yards France doit livrer cinq paquebots d'ici la fin 2010, dont quatre d'un gabarit équivalent au Queen Mary 2. L'entreprise attend également la commande du second porte-avions destiné à la Marine nationale et dont elle doit réaliser la coque pour le compte de DCNS.

Chantiers de l'Atlantique (ex-STX France)