Construction Navale
Les syndicats exigent que l'Etat reprenne le contrôle d'Aker Yards

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Les syndicats exigent que l'Etat reprenne le contrôle d'Aker Yards

Construction Navale

Plus de 1000 salariés des ex-Chantiers de l'Atlantique, à Saint-Nazaire, se sont mobilisés hier pour manifester leur inquiétude suite à l'entrée du Sud-coréen STX dans le capital d'Aker Yards. FO, la CGT, la CFE-CGC, la CFTC et la CFDT avaient appelé les salariés à débrayer durant les trois services de la journée, le dernier s'achevant à 5 H 30 ce matin. Deux semaines après l'annonce du rachat de 39.2% du leader européen de la construction navale, l'ensemble des organisations syndicales appelle le gouvernement à agir : « Il est de la responsabilité de l'Etat français, de celle des autres Etats où sont implantés les chantiers d'Aker Yards, de sécuriser, protéger nos sites, nos activités et nos emplois par tous les moyens ». La prise de contrôle d'Aker Yards et de ses 18 chantiers, notamment en France, en Allemagne et en Finlande, suscite une vive inquiétude quant à un éventuel pillage technologique : « Nous considérons tous que ce groupe coréen s'est ainsi donné les moyens pour transférer, à terme, les technologies, les savoir-faire et l'organisation pour la construction des navires à passagers, développés au prix de nombreux efforts par tous les salariés ». Une intégration des chantiers de Saint-Nazaire et Lorient au groupe DCNS est notamment évoquée par les syndicats. Ces derniers jugent un rapprochement avec le leader européen de l'industrie navale militaire d'autant plus pertinent qu'Aker Yards France dispose d'une expérience non négligeable dans le secteur de la défense. Après avoir réalisé en coopération avec DCNS les Bâtiments de Projection etde Commandement (BPC) Mistral et Tonnerre, Saint-Nazaire doit construire le prochain porte-avions de la Marine nationale.

Prêts à se « mobiliser massivement »

Les cinq organisations syndicales de la filiale française d'Aker Yards ont déposé hier matin une motion à la sous-préfecture de Saint-Nazaire. L'intersyndicale en appelle directement à Nicolas Sarkozy pour reprendre au plus vite la barre du dernier fleuron de la construction navale civile : « Nous exigeons tous ensemble de la part du Président de la République et de son gouvernement qu'ils décident l'entrée majoritaire de l'Etat français, directement ou indirectement, dans le capital d'Aker Yards France. (Ils doivent également) proposer à leurs homologues des Etats concernés de prendre la même décision pour les filiales d'Aker Yards présentes dans leur pays ». Les syndicats rappellent que le filiale française du groupe européen n'est pas encore passée sous le contrôle de STX. Suivant l'accord de cession des Chantiers de l'Atlantique à Aker Yards, en 2006, Aker Yards France, société de droit national, est encore détenu à 25% par son ancien propriétaire, Alstom. Mécaniquement, le groupe coréen, qui a repris 39.2% de la maison mère, n'atteint donc pas les 30%, un niveau insuffisant pour obtenir une minorité de blocage. Toutefois, « ils peuvent encore monter dans le capital. Nous sommes toujours vulnérables », prévient un responsable syndical. Estimant que la « vigilance » affichée par les pouvoirs publics n'est pas suffisante, FO, la CGT, la CFE-CGC, la CFTC et la CFDT réclament une action forte de Matignon et de l'Elysée : « nous sommes prêts à nous mobiliser massivement pour obtenir satisfaction sur ces mesures d'urgence et de protection pour notre industrie et nos emplois », assurent, de concert, les cinq organisations.

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