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Les EMALS et AAG du nouveau porte-avions américain toujours pas fiabilisés

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Les EMALS et AAG du nouveau porte-avions américain toujours pas fiabilisés

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Plus de trois ans après son intégration dans la flotte américaine, l’USS Gerald R. Ford, premier des porte-avions de nouvelle génération de l’US Navy, ne donne pas encore satisfaction. Les systèmes électromagnétiques innovants de lancement et de récupération des avions, qui remplacent les catapultes à vapeur et presses de frein hydrauliques, ne sont toujours pas fiabilisés. C’est ce qui ressort d’un rapport du Pentagone, que s’est procuré Bloomberg. Depuis ses débuts, le bâtiment rencontre des difficultés avec ses EMALS (Electromagnetic Aircraft Launch System) et AAG (Advanced Arrested Gear). Et malgré les importants moyens mis en œuvre ces dernières années par la marine et les industriels américains, les progrès semblent lents. Et en tous cas insuffisants, apparemment, pour atteindre le niveau de fiabilité nécessaire à l’engagement du nouveau porte-avions dans des opérations de combat. Les essais ont pourtant été assez intensifs puisqu’entre novembre 2019 et septembre 2020, quelques 3975 catapultages et appontages ont été réalisés sur l’USS Gerald R. Ford, qui dispose de quatre EMALS et trois brins d’arrêt. Mais les systèmes sont tombés très souvent en panne. Ainsi, alors que les EMALS sont normalement conçues pour 4166 cycles de fonctionnement, elles n’en auraient en moyenne réalisé que 181 avant de connaitre des avaries. Certaines sont vites solutionnées mais d’autres ont engendré de longues indisponibilités. Ainsi, deux pannes intervenues en 2020 auraient rendues inopérantes les catapultes touchées durant trois jours. Quant à l’AAG, ses performances seraient également bien en dessous des exigences de fiabilité fixées par l’US Navy.

D’un coût de plus de 13 milliards de dollars, l’USS Gerald R. Ford (CVN 78) est le premier d’une série de nouveaux porte-avions dont trois autres exemplaires ont pour le moment été commandés : les USS John F. Kennedy (CVN 79), USS Enterprise (CVN 80) et USS Doris Miller (CVN 81) qui doivent être mis en service en 2025, 2028 et 2032. Les quatre premiers bâtiments de la série représentent un investissement global de 47 milliards de dollars. Quatre autres sont ensuite prévus en 2036, 2040, 2044 et 2048, l'ensemble permettant de remplacer les actuels unités des classes Nimitz et Theodore Roosevelt. Et avec les USS Ronald Reagan (2003) et USS George H.W. Bush, qui doivent rester en service 50 ans, de permettre à la marine américaine de maintenir une flotte de dix grands porte-avions. 

Longs de 333 mètres pour une largeur maximale de 78 mètres et un déplacement d’environ 100.000 tonnes en charge, les Ford sont conçus pour atteindre la vitesse de 30 nœuds. Ils seront armés par 4660 marins, incluant les équipes du groupe aérien embarqué, constitué de 70 avions, hélicoptères et drones, dont le nouveau F-35C.

On notera que les EMALS et AAG ont également été retenus par la France pour son programme de porte-avions de nouvelle génération (PANG). A Paris, les difficultés rencontrées par les Américains avec ces systèmes n’inquiètent pas trop pour le moment, la partie française estimant que des solutions seront trouvées bien avant que le successeur du Charles de Gaulle débute ses essais en mer,qui à ce stade sont prévus en 2036.

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