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Les tirs de missiles de croisière se poursuivent contre les forces de Kadhafi

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Les tirs de missiles de croisière se poursuivent contre les forces de Kadhafi

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Le destroyer USS Barry, positionné au large de la Libye, a de nouveau tiré des missiles de croisière Tomahawk contre des objectifs des forces fidèles au colonel Kadhafi. En fait, l'emploi de ces engins n'a pas cessé depuis le début de l'intervention de la coalition, le 19 mars. Si la plus grosse salve a été lancée dans la nuit du 19 au 20 mars, avec l'envoi de 120 Tomahawk, le recours au missile de croisière américain (dont la portée atteindrait 2900 kilomètres pour la version Block IV) est régulier, malgré les frappes aériennes menées quotidiennement. En tout, environ 220 engins auraient été lancés depuis la Méditerranée ces 11 derniers jours. L'essentiel de ces missiles a été tiré à partir des bâtiments de surface de l'US Navy, comme les destroyers USS Barry et USS Stout (tous deux du type Arleigh Burke), mais aussi depuis des sous-marins nucléaires d'attaque américains. Alors que les SNA des classes Virginia (7 opérationnels) et Los Angeles (45 encore en service) disposent de cellules de lancement pour 12 Tomahawk, 4 anciens sous-marins stratégiques du type Ohio ont été refondus pour pouvoir délivrer 154 missiles. Côté bâtiments de surface, les Arleigh Burke (60 unités livrées) disposent de 96 cellules de lancement vertical accueillant un panachage de missiles SM-2 MR, Tomahawk, ESSM-RIM et Tomahawk (SM-3 aussi sur certains) ; alors que les croiseurs du type Ticonderoga (22 encore en flotte) comptent 122 cellules. La puissance de feu américaine est donc considérable.

Le HMS Triumph  (© : ROYAL NAVY)
Le HMS Triumph (© : ROYAL NAVY)

Une arme qui fait défaut aux Européens

La Grande-Bretagne, seul pays européen à disposer d'un missile de croisière naval (uniquement dans sa version à lancement sous-marin) a également participé aux frappes grâce à la présence du HMS Triumph, l'un de ses 7 SNA du type Trafalgar, déployé au large de la Libye juste avant le déclenchement des opérations. Mais cette participation a été des plus symboliques puisque le sous-marin de la Royal Navy dispose de capacités limitées (selon les sources, le Triumph, qui a une capacité d'emport de 25 armes, aurait tiré entre une dizaine et une vingtaine de Tomahawk).
On notera qu'à l'occasion de l'opération en Libye, la France et la Grande-Bretagne ont, également, eu recours à des missiles de croisière aéroportés. Ainsi, les Rafale de l'armée de l'Air et de la Marine nationale ont déployé des Scalp EG (portée estimée à 500 kilomètres), alors que les Britanniques tiraient depuis leurs Tornado des Storm Shadow, version anglaise du Scalp. Force est néanmoins de constater que les capacités navales manquent cruellement en Europe, même s'il s'est avéré que le régime de Tripoli n'a pas présenté une lourde menace sur les appareils engagés sur le territoire libyen. Mais, face à un adversaire mieux équipé, le manque de missiles de croisière aurait pu être problématique, d'autant qu'en cas de gros conflit, la quantité de munitions nécessaire est énorme (plus de 800 Tomahawk ont été tiré à l'occasion de la guerre d'Irak, en 2003). Depuis de longues années, cette situation n'a évidemment pas échappé aux stratèges européens et, heureusement, la situation en Europe va bientôt s'améliorer.

Le Scalp naval est très attendu  (© : MBDA)
Le Scalp naval est très attendu (© : MBDA)

Le Scalp Naval opérationnel sur FREMM d'ici 2013

Ainsi, la marine française disposera de 16 missiles Scalp Naval (portée estimée à un millier de kilomètres) sur chacune de ses 9 premières frégates multi-missions, dont la livraison interviendra entre 2012 et 2020 (l'admission au service actif de la première FREMM est prévue en 2013). Les 6 nouveaux sous-marins nucléaires d'attaque du type Barracuda, dont la tête de série doit être achevée en 2017, pourront également embarquer le Scalp. En tout, la France a passé commande de 200 missiles de croisière, soit 150 pour les FREMM et 50 pour les SNA. D'autres pays européens pourraient également s'équiper, comme la Grèce, si Athènes retient la FREMM pour le renouvellement de ses frégates. L'Espagne et la Grande-Bretagne souhaitent, elles-aussi, pouvoir disposer de missiles de croisière lancés depuis bâtiments de surface et sous-marins. On rappellera que cette arme de précision, qui permet de traiter des cibles à distance de sécurité, est aussi devenue un véritable outil de dissuasion, la complémentarité des porteurs (bâtiments de surface et sous-marins) permettant, selon la volonté du pays qui met en oeuvre cet engin, de faire planer une menace ostensiblement ou de manière plus diffuse.