Croisières et Voyages
Les voyages en cargo attirent toujours

Actualité

Les voyages en cargo attirent toujours

Croisières et Voyages

Alors que l'industrie de la croisière explose, les voyages en cargo comptent toujours de nombreux adeptes. Ainsi, chaque année, plusieurs centaines de Français choisissent d'embarquer sur un roulier ou un porte-conteneurs. Tours du monde de 80, 100 ou 120 jours, découverte de l'Asie, de l'Amérique latine, des Etats-Unis, du Canada ou de l'Afrique ; traversée vers Israël... Les possibilités semblent inépuisables, la diversité des destinations surfant sur l'essor du transport maritime. Toutefois, si le nombre de lignes et de navires en flotte s'est démultiplié ces dernières années, tous les armements n'accueillent pas de passagers à bord de leurs bateaux. Afin de s'y retrouver dans le maquis des lignes et des possibilités offertes, le conseil d'un professionnel est vivement recommandé. Installée à Paris, Mer et Voyages est l'une des seules agences spécialisées dans ce type de traversées. Depuis 17 ans, cette structure, dirigée par Françoise de Tailly, a fait voyager plus de 3500 personnes.

Un navire de l'armement italien Grimaldi (© : GRIMALDI)
Un navire de l'armement italien Grimaldi (© : GRIMALDI)

Beaucoup de récidivistes

« Nous proposons des voyages sur mesure. Il y a beaucoup de types de bateaux différents et énormément de questions de la part des clients. Ceux-ci sont des gens qui aiment la mer, et nous avons beaucoup de récidivistes. Souvent, ils viennent d'abord quelques jours, pour essayer, puis recommencent pour des durées plus longues », explique Françoise de Tailly. Pour effectuer ce type de traversées, il faut avoir du temps devant soi, de nombreux voyages durant plusieurs mois. « En moyenne, un tour du monde dure 80 jours, mais nous pouvons proposer des voyages de 120 jours. Pour faire le tour de l'Amérique latine, il faut compter 60 jours ». Côté tarifs, il faut compter une centaine d'euros par jour. A ce prix là, le passager est « nourri, logé et blanchi », ne restant à sa charge que les frais d'acheminement jusqu'aux ports d'embarquement et de débarquement. Quand ils arrivent à la gare ou à l'aéroport, on leur conseille de prendre un taxi, ces derniers connaissant le dédale des terminaux, qui sont par ailleurs plus difficiles d'accès aujourd'hui pour des questions de sûreté. Côté bagages, on peut emmener jusqu'à 120 kilos. Mais attention, il n'y a pas de service et ce sont les passagers qui portent leurs valises !

Sur le MS Eilbek de la compagnie allemande Hapag-Lloyd (© : CELINE AUCHER)
Sur le MS Eilbek de la compagnie allemande Hapag-Lloyd (© : CELINE AUCHER)

« Les gens viennent pour les rapports humains »

Les navires les plus récents sont conçus, dès leur construction, pour pouvoir accueillir des passagers. Les derniers porte-conteneurs de CMA CGM disposent, par exemple, de plusieurs cabines pour une dizaine de personnes, d'un salon réservé aux passagers, d'une bibliothèque et même d'une petite piscine, mise en eau lorsque le navire croise dans des régions chaudes. On est toutefois loin des paquebots de croisière, qui proposent aujourd'hui une multitude d'équipements et d'animations. Pas de théâtre, de bars, de centre de bien-être, de grands restaurants ou de casino... Sur un cargo, l'activité principale consiste à découvrir le travail de l'équipage. « Les gens qui font ce type de voyages viennent d'abord pour les rapports humains. Ils observent les marins et les officiers, posent des questions, adorent suivre la navigation ou les opérations portuaires depuis la passerelle... » Il s'agit donc de partager la vie de l'équipage, ce qui nécessite un certain apprentissage. Pour Françoise de Tailly : « Il ne faut pas oublier que, sur un navire de commerce, la priorité n'est pas le passager, mais la cargaison. Nous conseillons donc à nos clients d'y aller progressivement pour ne pas perturber l'équipage dans son travail. Au départ, il vaut mieux être transparent et discret. Ensuite, toutes les portes s'ouvrent ».

Salon pour passagers sur le CMA CGM Medea (© : MER ET MARINE)
Salon pour passagers sur le CMA CGM Medea (© : MER ET MARINE)

Cabine pour passagers sur le CMA CGM Andromeda (© : MER ET MARINE)
Cabine pour passagers sur le CMA CGM Andromeda (© : MER ET MARINE)

Dans les machines du CMA CGM Andromeda (© : MER ET MARINE)
Dans les machines du CMA CGM Andromeda (© : MER ET MARINE)

A la passerelle du CMA CGM Medea (© : MER ET MARINE)
A la passerelle du CMA CGM Medea (© : MER ET MARINE)

Vue de la passerelle du CMA CGM Medea (© : MER ET MARINE)
Vue de la passerelle du CMA CGM Medea (© : MER ET MARINE)

Déconnecter

Observer le ballet des portiques manutentionnant les conteneurs dans les ports géants de Chine, le travail des grues ou le déchargement des véhicules sur un quai perdu d'Amérique latine ou d'Afrique, la remontée de l'Amazone, un ciel étoilé en océan Indien ou dans l'immensité du Pacifique... Découvrir le bord, de la passerelle aux cuisines en passant par d'impressionnantes machines permettant aux mastodontes de fendre la mer grâce à leurs dizaines de milliers de chevaux... Les voyages en cargo offrent une expérience, ou plutôt des expériences, uniques. Car, suivant le type de bateau et l'équipage, ce n'est jamais deux fois la même chose : « Il faut monter à bord sans à priori et pour la découverte car chaque fois, c'est une expérience nouvelle. Dans ces voyages, le facteur humain est fondamental. On sait qu'il n'y a rien à voir comme sur un paquebot, qu'il n'y a pas de soirées avec spectacles, que l'on ne sera pas dans l'hypnose de l'activité comme en croisière. Beaucoup détestent d'ailleurs le concept de la croisière avec ses activités imposées. Ils ne viennent pas chercher un produit de loisir. Sur un cargo, on vient avec sa propre richesse intellectuelle pour faire des rencontres. L'objectif est de déconnecter. Ces voyages sont aussi une manière de se retrouver seul face à soi-même et à sa conscience ».

Navire de CMA CGM en Australie (© : CMA CGM)
Navire de CMA CGM en Australie (© : CMA CGM)

Souvent, les passagers profitent de ces moments pour écrire, au calme. Entre deux pages, ils savourent le spectacle de l'océan. Accoudé au bastingage, on observe les oiseaux marins dans de somptueux couchers de soleil, ou encore les dauphins escortant le navire et surfant sur la vague d'étrave. Au petit matin, alors que la terre s'approche, on avale rapidement un café en compagnie des hommes qui se préparent à la manoeuvre... A chaque escale un nouveau port, de nouveaux horizons et de nouvelles émotions.

Dans le canal de Panama (© : CMA CGM)
Dans le canal de Panama (© : CMA CGM)

Prolonger l'expérience en restant sur place

Au fil des années, le développement du transport maritime et des infrastructures portuaires a vu une optimisation croissante des temps d'escale. Aujourd'hui, les bateaux restent rarement à quai plus de 24 heures. Les voyages en cargo ne permettent donc plus, comme autrefois, de profiter des escales pour découvrir en profondeur les cultures locales. C'est pourquoi Mer et Voyages propose à ses clients de prolonger leur traversée en passant plusieurs jours ou plusieurs semaines dans certains pays. « Certains de nos clients prennent, par exemple, 15 jours à Buenos Aires avant de reprendre un autre bateau pour rentrer. Nous avons aussi beaucoup de gens qui s'arrêtent à Valparaiso ou Rio de Janeiro et restent un mois pour découvrir l'Amérique latine. Actuellement, les séjours à Shanghai, qui accueille en 2010 l'exposition universelle, fonctionnent bien. C'est pour nos clients l'occasion de découvrir cet évènement et la Chine. Dans ce cas, nous organisons leur accueil au port de Shanghai, qui est gigantesque », précise Françoise de Tailly.

Dans un port chinois (© : CMA CGM)
Dans un port chinois (© : CMA CGM)

L'un des intérêts d'une agence comme Mer et Voyages est, en effet, l'accompagnement. Depuis bientôt deux décennies, la société a tissé des liens avec des agents portuaires dans le monde entier. « Nous sommes en liaison avec les ports, les agents maritimes et les bateaux. Les passagers sont donc accompagnés et, par exemple, sont tenus au courant si le navire est en retard ou annule son escale ». Il est également possible, sur les rouliers, de partir avec sa voiture. C'est par exemple le cas vers les Antilles sur les bateaux de CMA CGM, ou encore vers Israël, où les navires de Grimaldi permettent de débarquer à Ashdod. « Là encore, les gens restent un certain temps sur place puis reprennent un navire dans le sens inverse pour rentrer ».

Appareillage du Havre (© : MER ET MARINE - YVES MADEC)
Appareillage du Havre (© : MER ET MARINE - YVES MADEC)

Des destinations au départ de France

En tout, Mer et Voyages propose des traversées sur plus de 200 routes maritimes. Malte, Hambourg, Le Cap, Malaga, Durban, Anvers, New York, Buenos Aires... On peut embarquer un peu partout dans le monde. Pour les Français, il est aussi possible de profiter des services qui escalent dans les ports métropolitains. Ainsi, une douzaine de lignes sont accessibles à partir du Havre ou de Fos-sur-Mer, près de Marseille. Au départ des Bouches-du-Rhône, des navires permettent de partir vers les Etats-Unis, Malte ou l'Asie, via le canal de Suez. Depuis le port normand, trois voyages par mois, d'une durée de 58 jours, sont proposés vers l'Amérique du sud. On peut également quitter l'estuaire de la Seine pour une traversée vers l'Asie en 56 jours, ou bien vers la Malaisie, Port Kelang étant touché 26 jours après l'appareillage. Sur la même durée, il est également possible d'embarquer toutes les semaines pour rallier les Antilles. En 28 jours, on peut également naviguer entre le Havre et Buenos Aires.
______________________________________________________

- Plus d'informations sur le site de MER ET VOYAGES

- VOIR NOTRE REPORTAGE SUR LE PORTE-CONTENEURS MS EILBEK


Dans le canal de Suez (© : CMA CGM)
Dans le canal de Suez (© : CMA CGM)