Histoire Navale
L'escorteur d'escadre Maillé Brézé en carénage à Saint-Nazaire l'an prochain

Actualité

L'escorteur d'escadre Maillé Brézé en carénage à Saint-Nazaire l'an prochain

Histoire Navale

Contrairement au Colbert, le Maillé Brézé va poursuivre sa carrière de musée. A l'occasion du vingtième anniversaire de son ouverture au public, à Nantes, l'escorteur d'escadre devrait être remorqué à Saint-Nazaire, en 2008, pour être caréné. Propriétaire du bâtiment, l'association Nantes Marine Tradition travaille actuellement au projet, et notamment au bouclage financier de l'opération. Le passage au bassin, prévu en septembre et octobre 2008, durera trois semaines et nécessitera une navigation de 50 kilomètres vers l'embouchure de la Loire. Désarmé en mars 1988 et remis à NMT en juillet de la même année, le Maillé Brézé doit subir un carénage tous les 10 ans. Il avait été remorqué une première fois en septembre 1997. Bien qu'à l'endroit où est amarré le bateau, aucun dragage n'a été effectué depuis deux decennies, la sortie ne devrait pas poser trop de problèmes : « Le sonar à l'avant a été enlevé quand le bateau nous a été remis et, à marée basse, il se pose sur le fond. Il fait donc sa souille tout seul », explique Jean-François Lhotelier, président de Nantes Marine Tradition. Des sondages seront néanmoins effectués avant la sortie du port, afin de s'assurer que le Maillé Brézé puisse gagner le chenal sans risque. Classé monument d'intérêt historique, l'ancien escorteur d'escadre de la marine bénéficie de subventions pour les investissements nécessaires à sa conservation. Le coût du carénage, estimé à 90.000 euros, devrait être pris en charge à 90% par l'Etat, la région des Pays de la Loire, le Conseil Général de Loire Atlantique et la Ville de Nantes. Le solde reviendra à l'association, qui gère le navire depuis maintenant 19 ans. Au bassin ou à quai, de nombreux travaux sont prévus dans les deux prochaines années, avec notamment la poursuite du doublage des ponts extérieurs, ainsi que la remise en état de la mâture et des cheminées. Cette semaine, la préfecture a validé le financement des travaux prévus en 2007, concernant notamment la réfection des ponts.
A la différence du Colbert, le Maillé Brézé reste résolument à flot. Selon Jean-François Lhotelier : « Par rapport au Colbert, nous avons l'énorme avantage d'avoir un nombre de visiteurs constant, alors qu'eux avaient débuté très haut pour redescendre ensuite. D'autre part, l'entretien n'est pas le même car le Maillé Brézé est trois fois moins gros ». La différence de taille est, en effet, impressionnante, avec 132 mètres et 3000 tonnes pour l'escorteur d'escadre, contre 181 mètres et près de 10.000 tonnes pour le croiseur.

La structure associative permet de faire vivre le bâtiment

Chaque année, le musée naval reçoit un flux constant de 23 à 25.000 visiteurs, ce qui permet à Nantes Marine Tradition de respecter ses budgets prévisionnels. Les rentrées financières sont complétées par la location du carré des officiers, ou de l'Espace Richelieu, une vaste salle de 150 m² aménagée sous le hangar Malafon. Pour faire vivre ce monument, l'association ne compte que trois salariés et quelques étudiants recrutés comme guides pendant la période estivale. Elle bénéficie en revanche du travail considérable de ses 300 membres, dont beaucoup d'anciens marins. Ils sont une vingtaine à venir, très régulièrement, donner un coup de main, qu'il s'agisse d'encadrer les visites, d'assurer l'entretien, d'effectuer une réparation ou de s'atteler à la peinture. C'est ainsi que le côté tribord a été intégralement repeint par six bénévoles en un mois et demi. « Nous avons une structure associative forte avec un gros travail des bénévoles, par exemple dans la machine, qui a bénéficié d'une très importante restauration. Chacun a une tranche dans laquelle il est responsable de l'électricité, de la mécanique ou de l'entretien ». Sur un navire opérationnel, l'entretien est permanent et il n'est pas moindre sur un bâtiment désarmé, vieux de 55 ans. L'âge du Maillé Brézé a, d'ailleurs, suscité quelques interrogations, notamment au niveau de l'amiante. La réglementation n'interdit pas la présence de cet isolant, inoffensif tant que les fibres ne se répandent pas dans l'air. « Il y a en a sur les canalisations incendie mais le gros du calorifugeage est en laine de verre. Il faut vérifier la non dégradation des canalisations et s'assurer que la peinture de revêtement est en état », explique Jean-François Lhotelier. Le navire, qui accueille des milliers de visiteurs chaque année, bénéficie d'un suivi sanitaire : « Nous avons fait faire des carottages avec une société spécialisée pour vérifier les zones amiantées et des prélèvements atmosphériques sont réalisés tous les trois ans ».
C'est donc en toute quiétude que le public peut découvrir ce qu'était la vie à bord d'un escorteur d'escadre des années 50. Ancré au fond du port, le Maillé Brézé devrait, par ailleurs, bénéficier des grands aménagements urbains lancés par la métropole nantaise. Face à lui, la friche industrielle des anciens chantiers navals, délaissée depuis 20 ans, fera place dans les prochains mois à un nouveau quartier et un immense parc, bordé de pontons où s'amarreront des dizaines de voiliers. Le vieux vaisseau de la Royale se retrouvera alors au coeur d'un vaste pôle d'activité et de tourisme.
____________________________________________

- Voir le site du Maillé Brézé

Navires musées