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L’Europe annonce 10.000 gardes-frontières aux prérogatives et moyens renforcés

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C’était hier le dernier discours sur l’Etat de l’Union de Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, devant le Parlement européen. Il est intervenu dans un climat particulièrement électrique, avec les sanctions annoncées contre le gouvernement hongrois pour sa politique migratoire, ainsi que les tensions extrêmes régnant toujours autour de la question de l’accueil des migrants en Méditerranée.

jean-Claude Juncker était très attendu sur cette question, qui menace, comme jamais, la construction européenne et qui provoque de nombreux sursauts populistes et nationalistes dans l’ensemble de l’Union. Les mesures sont fortes : 10.000 gardes-frontières vont être déployés à terre et en mer d’ici 2020 par l’Agence européenne de garde-côtes et garde-frontières, anciennement Frontex. Celle-ci existe depuis 2016 et disposait jusqu’ici d’une force de réaction rapide de 1500 agents.

Ces effectifs vont donc être très largement augmentés, via, dans un premier temps des détachements d’agents nationaux (dont l’Union paiera le remplacement au sein de leur administration d’origine), puis progressivement des agents statutaires européens. Un budget de 1.3 milliard d’euros a été débloqué à cet effet sur la période 2019 à 2020, et une enveloppe de 11.3 milliards sera consacrée à l’agence pour 2021-2027.

Des commandes de bateaux, avions et véhicules terrestres

Ces agents disposeront de prérogatives renforcées, équivalentes à celles des agents aux frontières des Etats membres : ils pourront contrôler les identités, tamponner les passeports et arrêter les entrées irrégulières. Les agents interviendront également dans les futurs centres d’accueil des migrants, ils pourront aussi seconder les autorités nationales dans les procédures de retour ou d’identification de personnes en situation de séjour irrégulier. Un budget de 2.2 milliards d’euros sera consacré à l’achat et l’entretien de moyens autonomes d’intervention : bateaux, avions et véhicules terrestres.

L’intervention de cette nouvelle force de réaction rapide s’effectuera à la demande d’un Etat-membre et, d’office, en cas d’urgence, c’est-à-dire si le fonctionnement de l’espace de libre-circulation des personnes (espace Schengen) est menacé.

 

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