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Marine Marchande

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L’ex-Norman Leader de LD Lines pourrait naviguer en Amérique du nord

Marine Marchande

Commandé en juillet 2007 au chantier ST Marine de Singapour par Louis Dreyfus Armateurs, qui a refusé en 2011 d’en prendre livraison, l’ex-ferry Norman Leader pourrait finalement être exploité entre le Canada et les Etats-Unis. Il y a quelques jours, la société Quest Navigation, fondée par des professionnels du secteur maritime (son président, Mark Amundsen, fut notamment directeur des chantiers de réparation navale canadiens d’Irving Shipbuilding à Halifax et Shelburne), a annoncé son intention de récupérer l’ex-Norman Leader. Quest Navigation souhaite exploiter le navire, qui serait baptisé Nova Star, sur une liaison permanente entre Yarmouth, en Nouvelle-Ecosse (Canada), et Portland, dans l’Etat américain du Maine. La compagnie espère lancer sa ligne cet été et affirme avoir conclu un accord pour l’affrètement à long terme du ferry, dont le coût est estimé à 165 millions de dollars. Elle annonce, de plus, avoir signé un contrat avec Maritime Holdings Group, basé en Floride, pour manager l’équipage et le personnel hôtelier du Nova Star. Créé en 1992, MHG assure déjà l’exploitation de plusieurs navires à passagers (les ferries rapides Pinar del Rio et Maverick positionnés entre la Floride et les Bahamas, le petit navire de croisière Ola Esmeralda dans les Caraïbes et le paquebot Ocean Dream exploité sur des tours du monde au départ du Japon).

 

 

Ce que pourrait être le Nova Star (© : QUEST NAVIGATION)

Ce que pourrait être le Nova Star (© : QUEST NAVIGATION)

 

 

Développer le tourisme et l’économie entre les USA et la Nouvelle-Ecosse

 

 

Avec son projet de nouvelle ligne américano-canadienne, Quest Navigation vise le transport des touristes visitant la Nouvelle-Ecosse, mais aussi le marché du fret et des véhicules commerciaux entre Portland et Yarmouth, situés à un peu plus de 300 km en coupant par la mer,  soit moitié moins que par la route, qui contourne la presqu’île formée par la Nouvelle-Ecosse. « En plus d’offrir immédiatement des retombées bénéfiques pour le tourisme local, notre projet de service en ferry contribuera au développement économique à long terme de la Nouvelle-Ecosse en fournissant une nouvelle solution de transport entre le Canada et les Etats-Unis, qui répond à un fort besoin », explique Quest Navigation.

Long de 161 mètres pour une largeur de 25.6 mètres, l’ex-Norman Leader, conçu pour atteindre la vitesse de 21 nœuds grâce à quatre moteurs diesels MAN de 5600 kW chacun, dispose également de deux propulseurs d’étrave Rolls-Royce de 1500 kW et de deux stabilisateurs rétractables fournis par Mitsubishi. Capable de transporter 1215 passagers, il compte 1575 mètres linéaires de garages pouvant accueillir des voitures, autocars, camions et autres pièces de fret. Le navire, aux lignes très élégantes pour un ferry, compte des sièges de voyage mais aussi 162 cabines, soit une capacité de couchage de 684 lits. Il dispose en outre de quatre bars, deux restaurants, un cinéma, un espace que Quest Navigation souhaite transformer en casino, des boutiques ou encore une salle de jeux pour les enfants.

 

 

Ce que pourrait être le Nova Star (© : QUEST NAVIGATION)

Ce que pourrait être le Nova Star (© : QUEST NAVIGATION)

 

 

Les déboires de la construction à Singapour

 

 

L’ex-Norman Leader avait été commandé par LDA pour être exploité sur la liaison Le Havre – Portsmouth, à l’époque où LD Lines, filiale de l’armateur français spécialisée dans les ferries, avait de grands projets de développement sur le marché transmanche. Pour assurer la construction du navire, LDA avait choisi Singapore Technologies Marine, auquel avait déjà été confiée la réalisation des rouliers City of Hamburg et Ciudad de Cadiz, livrés en 2008 et exploités par LDA pour le transport des pièces d’avions entre les sites d’Airbus. Mais la construction du Norman Leader, qui devait initialement entrer en service à l’été 2010, fut marquée par des difficultés techniques et d’importants retards. Ce n’est qu’en octobre 2009 que la coque fut lancée et son achèvement se révéla long et difficile pour ST Marine. Alors qu’entre-temps, la situation évoluait défavorablement sur le marché transmanche, LDA finit par envoyer une lettre de rupture de contrat au chantier, ce que révéla ce dernier le 19 mars 2011. Arguant du retard pris par le projet et de non-conformités avec le cahier des charges, l’armateur français refusa de prendre livraison du navire, qui est toujours en attente à Singapour.

 

 

Le Norman Leader tel que présenté par LD Lines en 2010 (© : LD LINES)

Le Norman Leader tel que présenté par LD Lines en 2010 (© : LD LINES)

Louis Dreyfus Armateurs