Marine Marchande
L’ex-Provalys part enfin de Brest après un an de travaux sur ses cuves
ABONNÉS

Actualité

L’ex-Provalys part enfin de Brest après un an de travaux sur ses cuves

Marine Marchande

Comme nous l’évoquions hier dans notre article sur l’activité de Damen à Brest, le méthanier français LNG Unity, ex-Provalys sorti en 2006 des Chantiers de l’Atlantique, a enfin quitté la pointe Bretagne. Le navire est parti de Brest mardi 7 juillet et, après des essais au large, remontait hier la Manche en direction de la baie de Seine. Il va « continuer son activité en transport GNL sur le marché européen pour l’instant », indique-t-on à Mer et Marine chez son armateur.

 

Le LNG Unity quittant Brest (© MICHEL FLOCH)

Le LNG Unity quittant Brest (© MICHEL FLOCH)

 

Le LNG Unity a repris la mer un an après son arrivée à Brest, le 5 juillet 2019, pour un arrêt technique avec carénage et des travaux de réparation sur ses cuves suite à des problèmes de fuites. Un chantier extrêmement complexe qui a duré bien plus longtemps et s’est révélé nettement plus compliqué que prévu. Et malgré tous les efforts engagés, les réparations n’ont même pas pu être complètement menées à bien. Ainsi, le LNG Unity est reparti de la pointe Bretagne avec seulement trois cuves sur quatre opérationnelles.

 

Le LNG Unity en cale sèche à Brest à l'été 2019 (© LE TELEGRAMME)

Le LNG Unity en cale sèche à Brest à l'été 2019 (© LE TELEGRAMME)

Le LNG Unity à Brest le 5 juillet (© MARC OTTINI)

Le LNG Unity à Brest le 5 juillet (© MARC OTTINI)

 

Réparer ces immenses cuves pouvant contenir jusqu’à 154.500 m3 de gaz naturel liquéfié nécessite de déterminer les zones exactes où des problèmes doivent être traités. Il faut installer des échafaudages, effectuer les travaux, enlever les échafaudages puis réaliser des tests en dépression sur les inter-barrières et vérifier les deux enveloppes des cuves. Et si les tests ne sont pas satisfaisants, il faut tout recommencer. Un travail titanesque pour des équipements sur lesquels le retour d’expérience est faible puisque l’ancien Provalys, son sistership l’ex-Gaselys (devenu LNG Alliance) ainsi que le Global Energy (74.000 m3) ont été les premiers et sont restés les seuls méthaniers au monde à être dotés de cuves à membranes du type CS1, une technologie développée par GTT.

Pour mémoire, lors de la construction à Saint-Nazaire des trois navires, commandés à l’époque par GDF, des problèmes d'étanchéité sur les membranes secondaires des cuves (chargées d'empêcher les fuites de gaz liquéfié en cas de rupture de la membrane primaire) avaient été découverts. Il en avait résulté une longue phase d’analyse pour comprendre l’origine du problème, puis des travaux correctifs très lourds et complexes (en particulier une nouvelle procédure de collage) et, enfin, une âpre bataille juridique entre le chantier et GTT, concepteur de ces cuves.

 

Le Provalys à Saint-Nazaire en 2006 (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Provalys à Saint-Nazaire en 2006 (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Alors que le défaut fut découvert en 2004 sur l’Energy, qui devait être le premier navire de la série à entrer en flotte, la construction du Provalys, mis à l’eau cette année-là, avait été interrompue le temps de solutionner le problème. Après des essais concluants, il sera finalement le premier du trio à être livré, en novembre 2006, pour réellement commencer sa carrière début 2007 après un autre problème, cette fois de ligne d’arbre. L’Energy (sur lequel les travaux furent les plus lourds du fait de la nécessité de recoller les membranes déjà posées) a été livré fin décembre 2006 et le Gaselys en mars 2007.

Au final c’est le Provalys qui a « essuyé les plâtres » et pose le plus de problèmes aujourd’hui, sachant que le Gaselys a aussi rencontré des difficultés. D’où certaines interrogations quant à leur maintien en service dans la flotte de Total qui va s’étoffer d’ici 2021 avec une nouvelle série de trois méthaniers de 174.000 m3 sous pavillon français.  

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

Total