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LGM souhaite développer son activité sur le MCO des navires militaires

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LGM souhaite développer son activité sur le MCO des navires militaires

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Forte d'un premier contrat sur le bâtiment hydro-océanographique (BHO) Beautemps-Beaupré, la société française LGM souhaite développer son activité dans le domaine du maintien en condition opérationnelle. Spécialisée dans le soutien de systèmes dans les secteurs aéronautique, ferroviaire, maritime et militaire terrestre, LGM est entré sur le marché du MCO des navires militaires via un contrat d'études de soutien logistique, réalisé lors du programme BHO. La société spécialisée dans le déploiement de système de soutien a, notamment, développé cette activité avec un logiciel de gestion de maintenance assistée par ordinateur (GMAO) Amos, lui permettant d'optimiser le soutien logistique des navires. Cette approche a d'abord été initiée dans le secteur civil, LGM introduisant notamment Amos sur les méthaniers de Gazocean (GDF Suez), optimisant son utilisation de gestion centralisé chez SBM comme cela est fait sur de nombreux paquebots, comme les derniers MSC ou encore le Queen Mary 2. « Quand on déploie une GMAO, il est fondamental de recueillir et d'organiser les données avec une grande maîtrise en terme de management du soutien. Ce travail amont permet de mieux utiliser le logiciel et, ainsi, optimiser la gestion des tâches de maintenance et des pièces de rechange associées», explique Mikael Rebuffey, chef de projet de LGM pour le MCO BHO. LGM propose, en plus du déploiement du système sur les navires, des prestations de formation des équipages.

Séance de formation à la GMAO (© : LGM)
Séance de formation à la GMAO (© : LGM)

Les avantages de la GMAO

« Le système permet de disposer d'un historique complet de la maintenance, de disposer d'un retour d'expérience, de planifier la maintenance et les arrêts techniques, tout en prévoyant les rechanges nécessaires. L'ensemble permet de gagner du temps et d'avoir moins de stocks dormants, tout en réalisant aussi des gains sur le personnel ». Pour le BHO, la société dispose, sur son site de Nantes, d'un serveur central directement connecté avec l'outil de GMAO installé sur le navire. L' équipe chargée du contrat de maintenance observe donc régulièrement l'évolution de la situation logistique. « Quand le bord consomme des rechanges, on le voit et nous pouvons recompléter les stocks au fur et à mesure ». L'efficacité du système fait qu'après le Beautemps-Beaupré, LGM a été retenu par STX France pour proposer un service identique dans le cadre du contrat de MCO des quatre bâtiments de ravitaillement de la marine (BCR/PR). L'entreprise assure également l'aide au dimensionnement du soutien sur certains programmes militaires à l'export, comme les patrouilleurs livrés par Ocea à l'Algérie.

Le  BCR Var en arrêt technique à Toulon (© : LGM)
Le BCR Var en arrêt technique à Toulon (© : LGM)

BHO : Un contrat nécessitant une forte disponibilité

Le déploiement d'une GMAO sur le Beautemps-Beaupré fut la clé permettant de tenir les engagements sur la disponibilité du navire. Construit par STX Lorient et mis en service en 2003, le BHO est, en effet, conçu pour naviguer une grande partie de l'année. Il dispose même, dans cette optique, de deux équipages se relayant tous les quatre mois. Il s'agit de plus d'un navire très technique, doté de nombreux équipements scientifiques et de moyens de levage (grues, portique). Lorsque LGM a remporté le contrat de MCO du navire (effectif depuis le 18 janvier 2008), la société s'est engagée dans le contrat à assurer une disponibilité du navire 300 jours par an. « Il ne faut pas qu'une indisponibilité remette en cause le planning de mission du bâtiment. Des entretiens préventifs sont prévus, ainsi qu'un arrêt technique avec passage en cale sèche, mais, entretemps, si une avarie survient, nous avons 72 heures, c'est-à-dire le temps d'une escale, pour la réparer », précise Patrice Ripoche, responsable des activités navales de LGM. Si le prestataire n'est pas suffisamment réactif, au-delà de cette période, des pénalités financières sont prévues.

Le  Beautemps-Beaupré à Brest (© : LGM)
Le Beautemps-Beaupré à Brest (© : LGM)

Intervenir partout dans le monde

Par rapport à d'autres groupes officiant dans les activités de MCO, la spécificité de LGM est qu'elle ne dispose pas de chantier et n'assure pas directement les travaux de maintenance et de réparation. Dans le cas du Beautemps-Beaupré, elle est maître d'oeuvre du contrat et s'appuie sur un réseau d'entreprises spécialisées dans ce type de travaux. « Nous avons une équipe de management et nous pilotons les arrêts techniques. Mais nous sous-traitons les prestations concernant les travaux en nous appuyant sur un réseau de sociétés partenaires dans des spécialités très diverses, comme l'électricité, la mécanique ou encore l'hydraulique ». C'est notamment le cas à Brest, où le BHO est basé et où il connaîtra à partir de décembre son premier passage en cale sèche depuis trois ans ; mais aussi à l'étranger. Car le navire scientifique de la Marine nationale est un grand voyageur. Des côtes d'Afrique à l'océan Indien, le Beautemps-Beaupré réalise de nombreuses missions outre-mer. « Nous enrichissons un fichier de contacts et une liste d'entreprises spécialisées dans tous les pays où le navire est amené à faire escale. Ainsi, si une intervention technique est nécessaire, nous disposons sur place des moyens permettant de réaliser les réparations et notre cellule achat livre les pièces au bateau pendant l'escale ».

Une frégate de surveillance (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)
Une frégate de surveillance (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Cap sur les bateaux gris

Pour LGM, le pilotage industriel, tel que mis en place sur le contrat BHO, était une nouveauté. Afin d'appuyer la montée en puissance de cette activité au sein du groupe, un département naval a été créé avec, en son sein, des ingénieurs spécialisés dans le naval et des anciens marins. « Nous nous appuyons sur le savoir-faire logistique interne au groupe, historiquement spécialisé dans le soutien logistique intégré, la sûreté de fonctionnement et le management de projets, ce qui implique une certaine rigueur dans le fonctionnement et la planification de tâches », explique Patrice Ripoche. Après trois ans d'expérience sur le Beautemps-Beaupré, dont le contrat de MCO porte sur cinq ans, LGM entend poursuivre son développement dans la maîtrise d'oeuvre pour le maintien en condition opérationnelle. La société vise des unités disposant de systèmes complexes et nécessitant une gestion de la disponibilité. Et, dans cette perspective, les bateaux gris ne lui font pas peur. « Nous savons assurer le MCO d'une coque propulsée. Mais un système de combat, ce n'est évidemment pas la même chose. Pour la partie armement, il faut nouer des partenariat avec des industriels spécialisés, à l'image de ce que nous faisons avec le BHO ». S'il est évidemment exclu de se positionner sur les unités de premier rang, très complexes et armées, pour lesquelles DCNS conserve la haute main, certains bateaux lui semblent accessibles, comme les patrouilleurs hauturiers ou les frégates faiblement armées.