Construction Navale
L’Harmony of the Seas prêt pour le grand bain

Reportage

L’Harmony of the Seas prêt pour le grand bain

Construction Navale
Croisières et Voyages

Saint-Nazaire se prépare à vivre un évènement historique, avec la mise à flot aujourd’hui puis la sortie de sa forme de construction demain du plus grand paquebot du monde. En attendant, la cale accueillant l’Harmony of the Seas était hier encore sèche et exceptionnellement ouverte à la visite. Accompagnés de leurs familles, les salariés de STX France et de ses sous-traitants ont découvert l’immense navire. Des milliers de personnes ont ainsi pu vivre une expérience aussi unique que saisissante. « Même pour nous, qui avons l’habitude de construire des gros paquebots, c’est impressionnant. On n’a jamais vu ça, ce bateau est vraiment hors normes », commentait un salarié du chantier nazairien devant l’Harmony of the Seas.

 

L'Harmony of the Seas hier (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

L'Harmony of the Seas hier (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

 

Au pied du géant, dont les ponts supérieurs culminaient à environ 80 mètres au dessus de leurs têtes, les enfants avaient les yeux écarquillés et les adultes n’étaient pas en reste. « On travaille ici mais pour une fois on prend le temps de l’observer ». Au final, des visages ravis et aussi une bonne dose de fierté, car c’est « papa » et « maman », comme disent les enfants, qui ont « construit le gros bateau ». Des parents qui, devant un tel mastodonte, ont bien conscience de participer à une aventure humaine et technique hors du commun.

 

Découverte en famille du géant (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Découverte en famille du géant (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

 

Tous les records nazairiens pulvérisés

Car, si en 150 ans de construction navale, Saint-Nazaire a produit de nombreuses unités consacrées en leur temps comme les plus grands paquebots du monde, cette fois, tous les records sont pulvérisés. Le colosse à l’écrasante silhouette mesure 362 mètres de long pour 66 mètres de large et affiche une jauge de 227.700 GT, à comparer par exemple aux 345 mètres du Queen Mary 2, dont la largeur est de 41 mètres et la jauge de 151.000 GT. Livrable fin avril 2016, l’Harmony of the Seas pourra accueillir jusqu’à 6360 passagers, servis par 2100 membres d’équipage. Il surclassera légèrement les deux premiers paquebots de cette série, l’Oasis of the Seas et l’Allure of the Seas, construits par le chantier finlandais de Turku, qui les a livrés en 2009 et 2010 à la compagnie américaine Royal Caribbean International.

 

L'Allure of the Seas (© : RCI)

L'Allure of the Seas (© : RCI) 

 

Transfert au petit matin

Encore vide hier, la forme profonde (forme B) de STX France, qui accueille l’Harmony of the Seas, va progressivement se remplir à partir de ce matin. Les vannes devaient être ouvertes vers 8 heures et le niveau de l’eau montera lentement jusqu’à minuit afin de permettre au paquebot, actuellement posé sur sa ligne de tins, de flotter. « Plusieurs séquences de mise en eau se dérouleront au cours de la journée. Il s’agit de vérifier au fur et à mesure l’étanchéité du flotteur », explique Pascal Favreau, Responsable navire. 

 

Pascal Favreau (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Pascal Favreau (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

Le navire est presque collé au bassin (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le navire est presque collé au bassin (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

 

Une fois à flot, la coque sera légèrement écartée du bord de la forme puis en  sortira pour pénétrer dans l’estuaire de la Loire et réaliser une première navigation d’environ 2 kilomètres jusqu’au bassin C, où se poursuivra l’armement du navire. « Ces manœuvre sont toujours délicates et nous avons là un navire exceptionnellement large. Il faut donc le sortir bien droit de la forme B, un système de rail allant nous aider à le sortir le plus loin possible ». Pour cela, toute la flottille de remorqueurs portuaires de Boluda sera mobilisée : 7 bateaux seront à l’œuvre, un huitième étant prêt à leur prêter main forte en cas de besoin. Ils guideront le navire, dont la propulsion n’est pas encore fonctionnelle. Une manœuvre qui s’annonce particulièrement impressionnante et qui est soumise à différentes contraintes. « Le facteur le plus important est la météo, et plus particulièrement le vent. Nous nous sommes fixés une limite à 12 nœuds, sachant que vendredi nous devrions avoir 7/8 nœuds selon les prévisions. Dans le même temps, la sortie ne peut s’opérer qu’avec une marée suffisante », détaillent Pascal Favreau et Jean-Yves Péan, responsable du contrat Oasis chez STX France.

 

Gilles Gossiaux, responsable des espaces publics, avec Jean-Yves Péan et Pascal Favreau (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Gilles Gossiaux, responsable des espaces publics, avec Jean-Yves Péan et Pascal Favreau (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

 

L’Harmony of the Seas ne calera à flot que 6.85 mètres, son tirant d’eau une fois achevé devant atteindre 9.15 mètres. Malgré tout, il faut un coefficient assez fort et le transfert doit être réalisé dans un court laps de temps correspondant à l’étale de pleine mer, c'est-à-dire là où le niveau de l’eau est le plus élevé et que les courants de la Loire et ceux de la marée montante se neutralisent. C’est ce qui permet de sortir l’immense coque en toute sécurité à la perpendiculaire de l’estuaire. La date de sortie a été soigneusement choisie, il y a un an déjà, et si pour une raison ou pour une autre l’opération doit être reportée, il faudrait attendre 15 jours pour que de nouvelles conditions de marée adéquates se présentent. Normalement, le mouvement doit débuter à 6h54 demain matin et durer une petite heure, le paquebot devant avoir rejoint le Bassin C vers 8 h.

 

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

 

86 blocs assemblés depuis 13 mois

Commandé en décembre 2012 par RCI, l’Harmony of the Seas, connu chez STX France sous son numéro de coque, « A34 », a vu sa première tôle découpée le 23 septembre 2013 et sa mise sur cale intervenir le 9 mai 2014. En tout, la coque est constituée de 86 blocs, dont certains de plus de 1000 tonnes. Par rapport aux deux premiers paquebots de cette série, le nombre de blocs a été réduit de moitié grâce à la mise en service d’un nouveau portique nettement plus puissant, d’une capacité de levage de 1400 tonnes, contre 750 pour son aîné. STX France a donc pu diminuer les délais de montage, tout en renforçant le pré-armement des blocs, qui reçoivent avant d’embarquer un maximum d’équipements, comme la tuyauterie et les chemins de câble.

 

Pendant l'assemblage (© : STX FRANCE - BERNARD BIGER)

Pendant l'assemblage (© : STX FRANCE - BERNARD BIGER) 

 

Montage des cheminées au Bassin C

Aujourd’hui, le paquebot est achevé aux deux tiers, le taux d’avancement étant de 95% sur la coque métallique et de 40% pour l’armement. La dernière structure embarquée avant la mise à flot, en l’occurrence le bloc comprenant le mât radar, a été posée mardi. Il ne reste désormais plus à monter que les deux cheminées. Une opération qui se déroulera au Bassin C. Le gabarit du paquebot est en effet tellement important que le très grand portique lui-même n’est pas assez haut pour les poser sur le sommet de la coque. STX France a donc fait spécialement venir des Pays-Bas une grue de forte capacité, dont les éléments viennent d’être acheminés à Saint-Nazaire par quarante semi-remorques. En cours de montage au bord du bassin C, la grue installera les différentes parties des cheminées, soit une vingtaine de colis de 60 tonnes. En elles mêmes, les structures métalliques mesurent 38 mètres de long, 15 mètres de large et 14 mètres de haut, pour un poids de 168 tonnes chacune. Mais il faut ajouter tous les équipements qui y sont intégrés, dont les échappements et les scrubbers, car l’Harmony of the Seas sera équipé de systèmes de lavage des fumées permettant d’éliminer les rejets d’oxyde de soufre.

 

L'une des deux cheminées (© : STX FRANCE - LOYS LECLERCQ)

L'une des deux cheminées (© : STX FRANCE - LOYS LECLERCQ) 

 

2500 personnes sur le pont

L’armement du A34, qui mobilise déjà 2500 personnes de STX France et de ses sous-traitants, va battre son plein à partir de la semaine prochaine. Le navire, dont le poids de 86.000 tonnes à vide atteindra 103.000 tonnes en charge (soit 10 fois la masse de la Tour Eiffel), est bien avancé. Mais il reste encore énormément de travail, comme on peut le constater à bord. Il faut dire que le chantier est colossal : Il y a par exemple à installer 200 kilomètres de gaines de ventilation, 400 kilomètres de tuyauterie et 3600 kilomètres de câbles électriques, alors que 500.000 litres de peinture sont nécessaires pour traiter les 600.000 m² de surface du paquebot, dont les 20.000 m² de la carène d’un bleu vif. Pour l’heure, 1700 des 2700 cabines ont été embarquées. La plupart de celles-ci sont préfabriquées en usine puis intégrées directement les unes à côté des autres dans de vastes ponts où elles pénètrent par une brèche et sont roulées jusqu’à leur emplacement final. Les blocs sont alors fixés et reliés aux réseaux. Pour les suites, l’industrialisation ne touche que certains éléments, comme les sanitaires.

 

Pont en attente de cabines (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Pont en attente de cabines (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

Pont en attente de cabines (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Pont en attente de cabines (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

 

Encore 10 mois de course contre la montre

Ces dernières semaines, l’aménagement des espaces intérieurs s’est poursuivi. Et il s’agit d’une véritable course contre la montre puisqu’après 21 mois de construction, dont un peu plus de 13 pour l’assemblage, il n’en reste que 10 pour terminer le mastodonte et en faire un objet de rêve jusque dans les moindres détails. Théâtre de 1400 places, casino, patinoire, centre de bien-être, une vingtaine de restaurants et autant de bars, une vaste allée commerçante… Et des ponts extérieurs comprenant piscines, bains à remous, simulateurs de surf et terrain de sport : En tout, 66.000 m² d’espaces publics sont à construire, équiper et décorer. Pour se faire, des milliers de personnes se relaient, tous les corps de métier intervenant au fil de la construction, du soudeur à l’artiste, en passant par l’électricien, le chaudronnier, le soudeur, le mécanicien, le menuisier, le maçon, le carreleur ou encore le peintre. Compte tenu de l’ampleur du chantier et du calendrier très serré, l’organisation doit être sans faille. Une partie des locaux est déjà bien avancée, en tous cas plus qu’il n’y parait. Ainsi, masquées par des protections, les cloisons de certaines cages d’escalier et coursives sont par exemple déjà installées. Ne restera plus à poser que les mains courantes, la moquette et les panneaux de plafond, d’où s’échappent encore, pour le moment, de nombreux câbles.

 

Coursive principale de l'équipage (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Coursive principale de l'équipage (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

Pallier d'ascenseurs (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Pallier d'ascenseurs (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

Pallier d'ascenseurs (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Pallier d'ascenseurs (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

Coursive (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Coursive (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

Cage d'escaliers (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Cage d'escaliers (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

 

De la rue commerçante intérieure au parc paysager en plein air

Alors que les deux impressionnantes volées de 12 ascenseurs chacune, permettant de desservir les 16 ponts publics, sont en cours de montage, le chantier bat son plein dans la Royal Promenade. Cette impressionnante rue intérieure, haute de deux ponts, sera une véritable artère commerciale, avec ses boutiques, ses restaurants et ses bars. La base du fameux bar-ascenseur, le Rising Tide, est déjà en place. Comme sur les deux premières unités de la classe Oasis, il emmènera progressivement ses convives jusqu’au Central Park, situé trois ponts au dessus.

 

La Royal Promenade (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La Royal Promenade (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

La Royal Promenade (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La Royal Promenade (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

La Royal Promenade (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La Royal Promenade (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

La Royal Promenade (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La Royal Promenade (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

La Royal Promenade (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La Royal Promenade (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

La Royal Promenade (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La Royal Promenade (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

La Royal Promenade (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La Royal Promenade (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

Le Rising Tide Bar (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Rising Tide Bar (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

 

C’est là que les passagers pourront profiter d’un véritable parc paysager en plein air, l’une des grandes innovations des paquebots de cette classe. Ces bateaux sont en effet tellement larges qu’il a été possible de créer en leur centre deux espaces bordés de cabines avec balcon. Central Park est l’un d’eux et se distingue par la présence de 12.000 plantes et arbres entretenus par une équipe de jardiniers. Pour l’heure, cette partie de l’A34 demeure très métallique, mais ses verrières sont déjà installées et on devine aisément les espaces qui accueilleront la terre dans laquelle la végétation sera plantée.

 

Central Park (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Central Park (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

Central Park (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Central Park (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

Central Park (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Central Park (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

Central Park (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Central Park (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

Central Park (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Central Park (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

Central Park (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Central Park (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

Central Park (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Central Park (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

 

Les ponts piscines

L’autre espace central en plein air du navire est situé à l’arrière. Baptisé Boardwalk, il s’achève à la poupe par un imposant amphithéâtre de 725 places où se dérouleront en soirée des shows aquatiques. Pour l'anecdote, il semble que l'emblème de la compagnie surplombant l'Aquatheater (une ancre surmontée d'une couronne) soit l'un des deux logos qui étaient situés sur la Viking Crown de l'ancien Monarch of the Seas, livré en 1991 par les chantiers nazairiens et transféré en 2013 à Pullmantur. Ceux du Sovereign of the Seas (1987) avaient quant à eux été rembarqués sur l'Oasis et l'Allure après le départ du navire vers la filiale espagnole de RCCL en 2008. 

La vue sur Boardwalk et l’Aquatheater depuis l’arrière du pont 15, où les simulateurs de surf sont déjà en place et le grand terrain de sport en cours d’installation, est particulièrement sensationnelle. Le pont 15, justement, c’est aussi là où l’on trouvera les piscines, soit quatre en tout, dont une réservée aux enfants. Ces bassins sont situés au dessus des structures encadrant Central Park, sur lequel les passagers auront une vue plongeante.

 

Vue de Central Park depuis les ponts piscines (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Vue de Central Park depuis les ponts piscines (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

Ponts piscines (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Ponts piscines (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

Ponts piscines (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Ponts piscines (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

Ponts piscines (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Ponts piscines (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

Escalier des futurs toboggans (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Escalier des futurs toboggans (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

Ponts piscines (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Ponts piscines (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

Ponts piscines (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Ponts piscines (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

La Viking Crown (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La Viking Crown (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

Vue sur le pont de Saint-Nazaire (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Vue sur le pont de Saint-Nazaire (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

Vue du Boardwalk et de l'Aquatheater (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Vue du Boardwalk et de l'Aquatheater (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

Vue du Boardwalk et de l'Aquatheater (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Vue du Boardwalk et de l'Aquatheater (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

Le futur terrain de sport derrière la Viking Crown (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le futur terrain de sport derrière la Viking Crown (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

L'un des deux simulateurs de surf (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

L'un des deux simulateurs de surf (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

La porte de la forme B donnant sur l'estuaire (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La porte de la forme B donnant sur l'estuaire (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

 

L’avant du pont 15 accueillera quant à lui un vaste solarium, avec piscine, bains à remous, restaurant et bar, le tout agrémenté de végétation. On trouvera aussi, à proximité, deux bains à remous débordant de la coque et offrant un panorama unique sur l’océan. Le pont piscines et le sun deck situé en mezzanine au niveau supérieur sont surplombés par la Viking Crown, cette énorme structure panoramique caractéristique des navires de Royal Caribbean. Sur les unités de la classe Oasis, sa base abrite le buffet et ses niveaux supérieurs un complexe de suites avec salon et restaurant privatifs.

 

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

Bain à remous débordant de la superstructure (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Bain à remous débordant de la superstructure (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

L'avant, là où se trouvera le solarium (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

L'avant, là où se trouvera le solarium (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

Les deux portiques surplombant l'avant (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Les deux portiques surplombant l'avant (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

Vue de la forme A depuis le futur solarium (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Vue de la forme A depuis le futur solarium (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

 

Pas de North Star pour le moment

Pour le moment, il faut évidemment avoir de l’imagination ou connaitre les deux premiers navires de la série pour se faire une idée de ce à quoi ressemblera in fine l’Harmony of the Seas. Ce dernier est, en fait, structurellement très proche de ses deux aînés. Le design général est identique, à quelques rares exceptions près, comme les verrières du solarium, qui seront modifiées, ou encore l’ajout sur le pont piscines de trois grands toboggans dont l’Oasis et l’Allure sont dépourvus.

 

Ce que seront Central Park et les ponts piscines (© : RCI)

Ce que seront Central Park et les ponts piscines (© : RCI) 

 

Contrairement à ce qui a pu être dit ou écrit ici et là, il n’est pas pour le moment prévu d’installer un bras articulé doté d’une nacelle d’observation (North Star), nouveauté équipant les paquebots de la classe Quantum of the Seas. Toutefois, la compagnie américaine étudie avec beaucoup d’attention les retours d’expériences de cette autre série de paquebots neufs (les deux premiers ont été livrés en octobre 2014 et avril 2015), qui rencontrent un énorme succès. Différentes modifications inspirées des innovations introduites sur la classe Quantum pourraient donc être intégrées sur l’Harmony of the Seas pendant son achèvement.

 

L'Anthem of the Seas et sa North Star (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

L'Anthem of the Seas et sa North Star (© : MER ET MARINE - KEVIN IZORCE) 

 

Essais en mer prévis en février et mars

Celui-ci va donc se poursuivre au Bassin C, qui a bénéficié d’importants travaux afin de servir à nouveau de cale sèche, ce qui n’avait pas été le cas depuis le Queen Mary 2, livré en décembre 2003. L’Harmony of the Seas restera dans cette gigantesque forme de 450 mètres de long et 90 mètres de large jusqu’à la mi-février 2016, date prévue de sa première sortie en mer. Deux campagnes d’essais au large de Saint-Nazaire sont programmées, la seconde devant intervenir un mois après la première. Ces périodes de tests en navigation seront très importantes pour vérifier le comportement du navire, sa manœuvrabilité et le bo,n fonctionnement de ses différents équipements, à commencer par la propulsion. Celle-ci comprend six moteurs diesels Wärtsilä et trois propulseurs azimutaux de type Azipod fournis par ABB.

 

Les trois Azipod de l'Harmony (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Les trois Azipod de l'Harmony (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

 

Ces imposants moteurs électriques placés sous la poupe du navire dans des nacelles orientables peuvent pivoter à 360 degrés. Ils permettent donc de faire avancer le navire mais servent aussi de gouvernails. En plus de ces trois pods d’une puissance unitaire de 20 MW, l’Harmony of the Seas, dont la puissance installée sera de près de 100 MW, dispose à la proue de quatre propulseurs en tunnel de 5.5 MW chacun, grâce auxquels le navire pourra réaliser seul ses manœuvres portuaires. Le paquebot compte en outre une paire d’ailerons stabilisateurs d’une surface de 20 m² grâce auxquels les effets de roulis seront atténués.

 

Aileron stabilisateur rétractable (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Aileron stabilisateur rétractable (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

 

Réduction significative de la consommation d’énergie

La partie énergie/propulsion est en fait l’un des points les plus sensibles du chantier. Car, si l’architecture d’ensemble de l’Harmony of the Seas est, comme on l’a vu, peu ou prou identique à celle de ses ainés, les parties techniques bénéficient des avancées technologiques apparues ces dernières années et de quelques innovations sur lesquelles STX France s’est pour le moment montré très discret. Les modifications proposées par le constructeur français et validées par RCI doivent permettre de réduire jusqu’à 25% la consommation énergétique par rapport aux deux premiers Oasis, avec à la clé des gains considérables sur les frais de soute. Pour y parvenir, le dessin de la carène a été optimisé, alors qu’un bulbe redessiné améliore l’hydrodynamisme pour un gain de consommation de l’ordre de 2 à 3%.

 

Le bulbe d'étrave (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le bulbe d'étrave (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

 

L’optimisation concerne aussi les moteurs et les différents systèmes du bord. S’y ajoutent des nouveautés, dont une turbine associée à un système de récupération de chaleur permettant de produire de l’énergie. Le bateau sera donc plus économique et son emprunte environnementale sera réduite d’autant, sans compter l’effet bénéfique des scrubbers sur les émissions de gaz polluants.

 

Ce que sera l'Harmony of the Seas (© : RCI)

Ce que sera l'Harmony of the Seas (© : RCI) 

 

« Les chantiers font un travail fantastique »

Alors que les premiers essais de systèmes vont débuter rapidement une fois que l’Harmony sera au Bassin C, la construction du géant avance pour le moment dans les temps. C’est déjà une très belle réussite pour le chantier français, qui est en train de relever l’un des plus grands challenges de son histoire. Du côté de Royal Caribbean International, on se montre très confiant et enthousiaste : « Nous sommes très satisfaits et les chantiers font un travail fantastique », confie Denise Keytibelein. La responsable du projet Oasis chez RCI vient à Saint-Nazaire chaque mois pour superviser l’avancée des travaux. L’armateur compte également sur place une équipe travaillant au quotidien avec STX France. Alors que cette équipe va progressivement monter en puissance et voir ses effectifs passer d’une vingtaine à une cinquantaine de personnes, le futur équipage commencera à débarquer dans l’estuaire de la Loire début 2016. Le personnel hôtelier arrivera par vagues afin de se familiariser avec le bateau et le préparer pour sa mise en service. 

 

L'Allure of the Seas (© : RCI)

L'Allure of the Seas (© : RCI) 

 

Première croisière en mai 2016

Celle-ci interviendra en mai 2016. Avec encore une incertitude concernant la première croisière. Tout dépendra en fait de la fin du chantier, qui dispose évidemment d’une marge de manœuvre pour compenser les éventuels retards. Déjà, une nouvelle traversée a été ajoutée compte tenu de la bonne avancée des travaux. Ainsi, après avoir quitté Saint-Nazaire, l’Harmony of the Seas ne ralliera pas directement Barcelone, où il sera basé l’été prochain. Le navire se rendra d’abord à Southampton, où il embarquera ses premiers passagers pour une croisière de positionnement vers le port espagnol qui durera du 29 mai au 5 juin 2016. Sachant qu’il reste encore un mois de disponible entre la date prévisionnelle de livraison et cette première traversée, il conviendra de voir, selon l’état d’achèvement du paquebot, si RCI peut ajouter encore une croisière supplémentaire avant le 29 mai. Pour la compagnie, le passage de l’Harmony of the Seas à Southampton sera en tous cas l’occasion, avant de débuter la saison inaugurale en Méditerranée, de faire découvrir son nouveau fleuron au marché anglo-saxon, sachant que le paquebot ne rejoindra les Etats-Unis qu’à l’automne 2016.

 

L'Allure of the Seas (© : RCI)

L'Allure of the Seas (© : RCI) 

 

Un second navire pour 2018

D’ici là, STX France sera concentré sur son sistership. Car en plus de l’Harmony of the Seas, dont le coût frôle le milliard d’euros, RCI a passé commande au chantier français d’un second navire du même type, livrable au printemps 2018. La construction du B34 a débuté en avance de phase afin de combler un creux de charge dans les ateliers de fabrication. Une section d’une dizaine de blocs va ainsi être réalisée par anticipation, la mise sur cale étant prévue après l’été. Cette section sera ensuite placée en attente dans la forme A, jusqu’à la reprise de l’assemblage courant 2016. Simultanément, un autre paquebot verra le jour directement dans la forme B. Il s’agit du futur MSC Meraviglia (E34), dont la découpe de la première tôle est intervenue le 20 avril. Cette répartition entre les formes de construction des deux navires tient au fait que la tête de série du programme Vista de MSC Cruises, un navire de 315 mètres, 167.600 GT et 2250 cabines, sera livrée au printemps 2017, soit un an avant le B34. 

Chantiers de l'Atlantique (ex-STX France) Royal Caribbean