Histoire Navale
L'Hermione honore son rendez-vous avec l'Histoire aux Etats-Unis

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L'Hermione honore son rendez-vous avec l'Histoire aux Etats-Unis

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Elle a annoncé son arrivée en tirant, à 8 h 21 précises, 21 coups de canon. Une canonnade identique a répondu, venant de la terre américaine. Cette fois, l'Hermione est dans le grand bain de son périple historique. Partie le 18 avril de l'île d'Aix, en Charente-Maritime, la réplique de la frégate de La Fayette a rallié le vendredi le 5 juin Yorktown, sa première escale officielle après 6000 km d'une traversée de l'Atlantique sans encombre. Plusieurs centaines de personnes ont bravé un crachin persistant pour venir acclamer la majestueuse frégate et son équipage rassemblé sur le pont.

 

« On doit se souvenir d'où vient la liberté »

« Ça fait 18 ans que j'attends ce moment. C'est un grand moment d'émotion », a confié Brigitte van den Hove-Smith, présidente de l'association Friends of the Hermione (Les Amis de l'Hermione) pour la Floride. « C'est un jour tellement merveilleux. Nous n'oublierons jamais la France sans laquelle nous ne serions pas les États-Unis », a déclaré Catherine Camillucci, la soixantaine, venue de la ville voisine de Gloucester. Des dizaines de personnalités françaises et américaines ont également fait le déplacement. Un dépôt de gerbe, en présence notamment de la ministre française de l'Écologie, Ségolène Royal, et du gouverneur de Virginie, Terry McAuliffe, devait célébrer le souvenir de la bataille de Yorktown accompagnée d'une sonnerie aux morts à la mémoire des soldats français qui y sont tombés. Yorktown, à l'embouchure de la baie de Chesapeake, a été le théâtre de la déroute anglaise en octobre 1781 face aux insurgés américains commandés par George Washington, aidés par u n corps expéditionnaire français comprenant Gilbert du Motier, marquis de La Fayette (1757-1834), le comte de Rochambeau et l'escadre de l'amiral de Grasse. « On doit se souvenir d'où vient la liberté », a affirmé Miles Young, P-DG du groupe de marketing Ogilvy et président de l'association Les amis de l'Hermione-Lafayette en Amérique, coorganisatrice du voyage. « L'intervention française a été décisive. À Yorktown, il y avait plus de combattants français que d'Américains », a-t-il rappelé.

 

Arrivée de l'Hermione à Yorktown vendredi (© MARIE VENNE)

Arrivée de l'Hermione à Yorktown vendredi (© MARIE VENNE)

Arrivée de l'Hermione à Yorktown vendredi (© MARIE VENNE)

Arrivée de l'Hermione à Yorktown vendredi (© MARIE VENNE)

Arrivée de l'Hermione à Yorktown vendredi (© MARIE VENNE)

Arrivée de l'Hermione à Yorktown vendredi (© MARIE VENNE)

 

L'apothéose à New York

Trois jours de festivités sont prévus dans la coquette petite ville aux maisons anciennes de briques ou de bois blanc, aux magasins arborant pour certains les drapeaux des deux pays. Le trois-mâts doit effectuer un périple de plus d'un mois avec plusieurs étapes dans les hauts lieux de la révolution américaine, comme Philadelphie et Boston, le long de la côte est du pays. L'apothéose est prévue en baie de New York, où l'Hermione sera escortée par des centaines de bateaux pour la grande parade du 4 juillet, jour de l'Indépendance américaine, sous l'oeil de la statue de la Liberté.

Comment la mémoire collective des États-Unis se souvient-elle de La Fayette ?

La Fayette est considéré aux États-Unis comme le héros français de la révolution américaine et il en est venu à personnifier le long et riche héritage de l'amitié franco-américaine. Pendant la Première guerre mondiale, les volontaires américains venus se battre avec les forces aériennes françaises ont pris le nom d'Escadrille Lafayette et du Lafayette Flying Corps. Le 4 juillet 1917, le colonel Charles Stanton s'est rendu sur la tombe de La Fayette et a dit - c'est très connu - « La Fayette, nous voilà ! » pour montrer que les États-Unis rendaient à la France sa dette militaire. On se souvient donc surtout de La Fayette comme un symbole. Il a droit à un paragraphe ou deux dans les livres d'histoire pour lycéens. Ceux qui sont un peu plus férus d'histoire savent qu'il était aussi un ami de George Washington, à qui il a offert une clef de la Bastille toujours exposée à Mount Vernon, la dernière demeure du premier Président.

Quelles en sont les traces dans le pays ?

La Fayette est partout aux États-Unis. Des dizaines de villes, comtés, villages, parcs, écoles et rues portent son nom. Des sculptures de lui surplombent des jardins publics comme celui qui fait face à la Maison Blanche, qui s'appelle Lafayette Square. Certains endroits portent le souvenir de lieux où il a combattu pendant la révolution américaine mais la plupart ont été nommés pendant sa tournée triomphale de 1824-1825, quand il s'est rendu dans chaque État de l'union en tant qu'invité de la nation et était acclamé partout où il passait.

Un article de la rédaction du Télégramme

 

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