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L’heure de la retraite a sonné pour la Meuse

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L’heure de la retraite a sonné pour la Meuse

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Le pétrolier-ravitailleur Meuse vient d’achever son ultime déploiement à l’occasion de la mission Arromanches, au cours de laquelle il a soutenu pendant plus de quatre mois les unités de combat du groupe aéronaval. Après bientôt 35 ans de carrière, le vieux bâtiment tire sa révérence et va être retiré du service puis désarmé. Trop ancienne, la Meuse ne sera pas revendue. Elle servira d’abord de stock de pièces détachées pour ses trois  cadets, le Var, la Marne et la Somme, qui navigueront jusqu’au début de la prochaine décennie. Puis la vieille coque doit servir un temps de brise-lames avant d'être déconstruite. Elle pourrait être intégrée à un lot comprenant l’ex-frégate lance-missiles Suffren, désarmée en 2001 et transférée en 2009 à l’île du Levant pour y servir de brise-lames en remplacement de l’ex-Saône, démantelée à La Seyne-sur-Mer. D’après l’état-major de la marine, le lot pourrait aussi comprendre la frégate anti-sous-marine Jean de Vienne, toujours opérationnelle et qui doit être remplacée par une FREMM en 2017. Le départ de ces bâtiments vers les chantiers de déconstruction ne devrait pas intervenir avant l'horizon 2020. 

 

(© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

(© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE) 

(© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

(© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE) 

 

Pour en revenir à la Meuse, c’est en juin 1977 qu’elle a été mise sur cale à Brest, sa mise à flot intervenant en décembre 1978. Opérationnel depuis novembre 1980, ce bâtiment de 157.2 mètres de long et 17.800 tonnes de déplacement en charge est le sistership de la Durance (1977), vendue en 1999 à l’Argentine. Une unité identique a été construite en 1986 par l’Australie (HMAS Success), alors que les chantiers français de La Ciotat ont livré en 1984 et 1985 deux dérivés pour l’Arabie Saoudite (Boraida et Yunbou). La Marine nationale, de son côté, a fait construire trois autres unités, en modifiant les plans afin de les doter d’un château plus grand permettant d’accueillir un état-major de 45 personnes et des moyens de communication plus développés, comme le système satellitaire Syracuse. C’est pourquoi le Var (1983), la Marne (1987) et la Somme (1990) sont appelés bâtiments de commandement et de ravitaillement (BCR).

 

(© : MARINE NATIONALE)

(© : MARINE NATIONALE) 

 

Conçue pour le soutien logistique des unités de combat, plus particulièrement un groupe aéronaval avec son porte-avions, la Meuse, comme ses sisterships, dispose de deux portiques de ravitaillement en combustible et charges lourdes, permettant de servir simultanément, à la mer, deux bâtiments par le travers. Un poste était également disponible à l’arrière pour un ravitaillement en flèche (combustible uniquement). Les capacités d’emport étaient de 6500 tonnes de gasoil, 3000 tonnes de carburant aviation, 170 tonnes de munitions, 250 tonnes de pièces de rechange, 250 tonnes d’eau douce et 170 tonnes de vivres.

 

(© : MARINE NATIONALE)

(© : MARINE NATIONALE) 

 

Le soutien logistique de la marine française va désormais reposer uniquement sur les trois BCR, qui seront remplacés au cours de la prochaine décennie par trois nouveaux bâtiments, réalisés dans le cadre du programme FLOTLOG. 

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