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Croisières et Voyages

Focus

L’histoire du Nieuw Amsterdam

Croisières et Voyages

C’est avec ce navire et son jumeau le Noordam que Saint-Nazaire est entré au début des années 80 dans l’ère des paquebots modernes, un virage confirmé quelques années plus tard avec la mémorable série des Sovereign of the Seas. Naviguant depuis 2003 sous le nom de Thomson Spirit puis Marella Spirit pendant l’année qui vient de s’écouler, l’ancien Nieuw Amsterdam d’Holland America Line a bien failli connaitre une nouvelle vie. Mais le projet de reprise qui visait ce beau bateau vintage a malheureusement échoué et son propriétaire, le groupe chypriote Louis (maison-mère de Celestyal Cruises), a finalement décidé de le vendre à la démolition.

Nous vous proposons de revenir sur l’histoire de ce navire sur la base notamment d’éléments du blog du capitaine Albert, diffusé par Holland America Line.

De vrais bateaux de croisière pour compenser la perte du Prinsendam 

En 1971, l’armateur néerlandais Holland America Line, qui possédait également, jusque-là, une flotte de cargos, décide de devenir à part entière une compagnie de croisières. Sa flotte comprend alors 5 navires de ligne : le Statendam (IV) de 1958, le Rotterdam (V) de 1959, les deux unités de la classe V - Maasdam (IV) de 1952 et Ryndam (2) de 1951 - et le tout nouveau Prinsendam datant de 1973. En 1980, des questions de rentabilité se posent sur les navires de la classe V en raison de la consommation de carburant très élevée de ces deux bateaux en période de crise. Cette même année, le Prinsendam est perdu à la suite d’un incendie dans la salle des machines alors que le navire naviguait dans le golfe d’Alaska. Se pose alors la question d’un tonnage de remplacement.

 

Evacuation du Prinsendam le 4 octobre 1980. 520 personnes se trouvent à bord (© : US DEFENSE IMAGERY)

Evacuation du Prinsendam le 4 octobre 1980. 520 personnes se trouvent à bord (© : US DEFENSE IMAGERY)

 

La compagnie prend la décision de faire construire deux navires imaginés sur les bases du Prinsendam, mais en plus grand. Ce dernier, d’une jauge de seulement 8000 GT, pouvait accueillir 400 passagers. Ses successeurs seront des navires de 33.900 GT accueillant 1200 passagers, spécialement conçus pour les croisières modernes. Longs de 214.6 mètres pour une largeur de 27.2 mètres, ils pourront atteindre 22 noeuds et transporter jusqu'à 1937 personnes, dont 1374 passagers, ces derniers étant logés dans 605 cabines. 

Mise sur cale à Saint-Nazaire en novembre 1981 

Toutes les caractéristiques appréciées par la clientèle du Prinsendam doivent être conservées, tout en développant plus avant la philosophie de la croisière moderne selon HAL. Le résultat en cette construction à Saint-Nazaire des Nieuw Amsterdam et Noordam, qui forment la classe N. La commande fut placée en France car les chantiers hollandais ne disposent pas de la logistique nécessaire à la construction des deux navires (notamment en matière d’espaces intérieurs), mais aussi du fait que les termes du contrat sont plus favorables grâce au soutien du gouvernement français. Le Nieuw Amsterdam est commandé le 11 octobre 1980 par Holland America Tours N.V., Willemstad, Curacao, la filiale où sera enregistré le navire. En raison des caractéristiques de construction (l’assemblage de blocs préfabriqués), le navire est assemblé non pas sur une cale inclinée comme il était encore d’usage à cette époque, mais dans une forme de construction. La mise sur cale a lieu le 14 novembre 1981 et le navire est mis à l’eau le 21 août 1982. Du 12 au 14 mars 1983, le Nieuw Amsterdam réalise ses premiers essais en mer, le long des côtes de Bretagne et de Normandie.

 

Le Nieuw Amsterdam et au second plan le Noordam à Saint-Nazaire en 1983 (© : CHANTIERS DE L'ATLANTIQUE)

Le Nieuw Amsterdam et au second plan le Noordam à Saint-Nazaire en 1983 (© : CHANTIERS DE L'ATLANTIQUE)

 

 

Livraison et inauguration retardées

Les performances du navire ayant été validées, la date de livraison à l’armateur est alors fixée au 11 mai 1983. Néanmoins, cette date ne fut pas respectée en raison d’une grève des ouvriers des chantiers, nécessitant le report de la livraison au 17 juin. Finalement, celle-ci intervient à Saint-Nazaire. Commandé par F.H van Driel, le navire quitte les chantiers 6 jours plus tard, direction Le Havre, où il arrive le 24 juin, avec un grand nombre d’invités de la compagnie à bord. Les préparatifs de la cérémonie de baptême prévue le 26 juin s’engagent, et la croisière inaugurale est programmée le même jour. Mais le 25 juin, une défaillance du tableau de contrôle principal est constatée, bloquant de nombreux systèmes à = bord. Il est alors décidé d’annuler la cérémonie et la croisière inaugurale, alors que les invités sont rapatriés chez eux par avion. Pour régler le problème, des pièces de rechange du Noordam, alors en construction, sont acheminées depuis Saint-Nazaire.

La saison en Alaska initialement programmée doit également être annulée en raison de la durée des travaux (un mois) nécessaires pour remplacer le tableau de contrôle endommagé (le litige sur cet incident durera jusqu’en 1988). Enfin prêt à naviguer, le Nieuw Amsterdam est baptisé le 9 juillet 1983 par la princesse Magriet des Pays-Bas, soeur de la reine et également marraine de la Marine marchande néerlandaise. Après les festivités, le Nieuw Amsterdam appareille le 10 juillet pour sa traversée inaugurale à destination de New York, où il arrive le 18.

 

Le Nieuw Amsterdam appareillant de Saint-Nazaire (© : CHANTIERS DE L'ATLANTIQUE)

Le Nieuw Amsterdam appareillant de Saint-Nazaire (© : CHANTIERS DE L'ATLANTIQUE)

 

Passagers clandestins à bord

Alors qu’il est au milieu de l’Atlantique, deux passagers clandestins sont découverts à bord le 14 juillet, dans le double fond de la chaloupe 15. Originaires du Ghana, ils ont embarqué en France. Pendant leur interrogatoire, ils indiquent que leur intention était de retourner au pays par la mer. Ils n’avaient pas compris que le navire partait pour New York. A l’arrivée aux Etats-Unis, ils sont sortis de leurs quartiers pour être remis aux autorités. Alors qu’ils marchent sur le pont extérieur, ils sautent tous les deux par-dessus bord, avant d’être repêchés dans les eaux du port de New York par un canot du paquebot, barré par des membres d’équipage du Nieuw Amsterdam et des douaniers américains. Les deux clandestins sont finalement renvoyés en France puis au Ghana.

Premières croisières

Après deux croisières de vernissage, le navire effectue sa première croisière commerciale le 21 juillet, à destination de Hamilton (Bermudes), Philipsburg (Saint-Martin) et Charlotte Amalie (St Thomas) avant de revenir à New York. Au cours de l’automne, le navire se repositionne, via le Canal de Panama, sur la côte Ouest des Etats-Unis pour des croisières de 14 nuits entre San Francisco et Acapulco. Entre le 11 et le 26 novembre 1983, un passage en cale sèche s’avère nécessaire aux chantiers Triple A. de San Francisco pour réparer un joint défectueux sur l’un des arbres d’hélices, ayant entrainé une fuite d’huile. Deux semaines plus tard, le problème se répète, cette fois sur l’autre ligne d’arbres. En 1984, le Nieuw Amsterdam change de pavillon et est immatriculé à Saint-Martin, avec comme opérateur Holland America Line – Westours basé à Seattle.

Le succès de l’Alaska et les grandes navigations

Bien que la Classe N fut conçue pour les croisières estivales vers les Bermudes, le succès de Holland America en Alaska va convaincre la compagnie de positionner le Nieuw Amsterdam à temps plein sur cette destination durant l’été. En hiver, le navire propose des croisières de 7 nuits aux Caraïbes au départ de Tampa. Au cours du passage en cale sèche de 1985, deux cabines extérieures sont ajoutées sur le pont B, portant la capacité maximale du navire à 1378 passagers.

Le Nieuw Amsterdam effectue sa première longue croisière du 25 septembre au 1er novembre 1991 entre Los Angeles et le Pacifique Sud. Le 9 juillet 1993, il fête ses 10 ans au sein de la flotte. Au cours de cette première décennie, il a parcouru 987.527 milles nautiques, effectué 158 croisières en Alaska et 211 aux Caraïbes depuis Tampa.

Pionnier avec son jumeau de l’industrie de la croisière moderne, le Nieuw Amsterdam sera exploité pendant 17 ans par HAL et sera l’un des navires préférés de la clientèle de la compagnie néerlandaise. Mais, alors que l’armateur se développe sur le segment premium du marché et fait construire de nouvelles unités, les classe N, bien que très appréciés, ne tiennent plus les standards requis. C'est pourquoi le Nieuw Amsterdam est mis en vente.

Vendu en 1999 pour être exploité à Hawaii

En juin 1999, Holland America annonce que le navire est cédé à American Classical Voyages (AMCV) qui doit l’exploiter au sein de sa filiale à Hawaii. AMCV entendait développer les croisières à Hawaii avec des navires neufs spécialement construits mais en attendant leur arrivée, du tonnage temporaire était nécessaire. La compagnie recherchait un navire récent afin de former leurs équipages (plus habitués aux navires d’ancienne génération avec l’Independence et le Constitution, datant des années 50). Pour permettre la reprise du Nieuw Amsterdam, un décret spécifique est adopté par le Congrès américain, permettant à un navire non construit aux Etats-Unis d’être enregistré sous pavillon US. Le prix de vente est fixé à 114.5 millions de dollars, dont 84.5 millions sous la forme d’un prêt de 6 ans auprès de Carnival Corporation. Les 30 millions restant sont versés comptant. En octobre 1999, AMCV annonce que sa filiale American Hawaii Cruises serait renommée United States Lines dont elle venait d’acquérir la franchise. Le Nieuw Amsterdam doit être rebaptisé Patriot. La date de livraison du navire à son nouveau propriétaire est fixée autour du 14 octobre 2000 et la première croisière est programmée pour le 9 décembre 2000 au départ d’Honolulu.

En attendant, le Nieuw Amsterdam est affrété comme navire-hôtel pour le comité des Jeux Olympiques de Sydney entre le 12 septembre et le 3 octobre 2000. Au terme de l’évènement, le navire appareille à vide en direction de Portland, où il passe en chantier pour être rénové. Le Nieuw Amsterdam est finalement livré à son nouvel armateur le 18 octobre 2000 au large du fleuve Columbia.

Importantes modifications

Le nouveau propriétaire du navire est officiellement Oceanic Ship Company, la holding d’American Classic Voyages. En cale sèche, le navire voit sa coque repeinte dans un bleu plus clair et sa cheminée arborer les couleurs et le logo de la compagnie. L’enseigne lumineuse située au-dessus de la passerelle est retirée et non remplacée. Supprimé, le casino et remplacé par un nouvel espace, alors qu’un centre culturel est créé, surplombant le pont extérieur. La discothèque est quant à elle remodelée en club de Waikiki Beach. D’autres espaces sont modifiés à l’image  de la bibliothèque et de la salle de cartes. Les cabines 002 et 004 sont pour leur part combinées afin de créer une suite présidentielle, alors qu’une partie des boutiques est supprimée, permettant de créer un bureau des excursions plus vaste.

Côté technique, un propulseur d’étrave et un propulseur de poupe additionnels sont installés afin de permettre au navire de faire face aux vents forts des îles hawaïennes. La puissance en proue est portée à 4000 cv et celle de la poupe à 3500.

La nouvelle aventure tourne au fiasco

Bien que les autorités avaient assuré la compagnie d’un délai d’un an afin d’adapter le navire à la réglementation américaine en matière de sécurité, les garde-côtes américains décident que la plupart des équipements de sécurité devaient être changés. Une dépense qui s’avère très coûteuse d’autant qu’elle n’était ni attendue, ni budgétée. La rénovation du navire est finalement terminée le 23 novembre et le Patriot met le cap à vide sur Los Angeles où une présentation et une croisière de découverte sont prévues au profit des agents de voyages. Mais celle-ci est annulée, les garde-côtes exigeant des interventions complémentaires sur les équipements de sécurité à bord, en particulier la modification du système de lutte incendie au CO2 en salle des machines. Pour les mêmes raisons, une croisière similaire est également annulée au départ de San Francisco. Le navire peut quand même appareiller pour sa croisière inaugurale de San Francisco à Honolulu le 2 décembre. Il y a seulement 700 passagers à bord. Et là encore, des problèmes surviennent. Plus d’un tiers de l’équipage est en effet manquant à l’appel, la plupart du personnel hawaïen refusant de rejoindre le navire à San Francisco par avion, préférant attendre qu’il arrive à Honolulu.

Le navire saisi après la faillite d’AMCV

Bien mal partie, AMCV est durement touchée par le ralentissement des voyages après les attentats du 11 septembre 2001, le transport aérien étant paralysé pendant plusieurs semaines aux États-Unis. Déjà fragilisée, la compagnie ne dispose pas de la trésorerie nécessaire pour survivre. Elle annonce sa faillite le 19 octobre 2001 et se place sous le régime américain de la protection. Tous les navires et les sociétés du groupe stoppent leurs activités. Carnival Corporation, qui a repris HAL en 1989, entre alors en négociation avec la direction d’AMCV afin de déterminer le futur du Patriot, pour lequel 80 millions de dollars restent impayés. Les deux compagnies concluent un accord, renégociant les termes du prêt afin de décaler les paiements, ce qui aurait permis au navire d’assurer ses départs de l’été 2002. Mais les choses ne vont pas se passer comme prévu. Car le Patriot n’est pas le seul concerné par les déboires d’AMCV. Il y a aussi deux navires en construction, deux bateaux côtiers et les croisières fluviales du groupe.

Tant et si bien que le 26 octobre, les Marshalls fédéraux saisissent à Honolulu le Patriot, à la demande d’Holland America Line. Le groupe Carnival avait quant à lui intenté une action en forclusion, affirmant qu’American Classic Voyages avait cessé d’exploiter le navire sans payer le prix d’achat dans sa totalité. Carnival étant le principal créancier et partie impliquée dans le Patriot, se trouve de nouveau à la barre, bien que n’étant toujours pas déclaré propriétaire légal.

Le Patriot est finalement libéré par la cour de Honolulu le 16 janvier 2002, et rendu à son propriétaire précédent, Carnival, le 4 février. A cette occasion, le navire reprend son nom de Nieuw Amsterdam mais est cette fois-ci enregistré aux Bahamas. Le navire, qui doit retrouver la flotte d’HAL, appareille le 15 mars d’Honolulu pour rejoindre Freeport. Il y arrive le 28 mars avec un équipage de maintenance de 150 personnes à bord. La destination finale fut toutefois changée pour Charleston en Caroline du Sud, où il arrive le 2 avril. L’armateur souhaite en effet procéder à un grand nettoyage rendu nécessaire du fait d’un entretien limité pendant sa précédente exploitation et inexistant durant les quatre mois où il fut désarmé à Hawaii.

 

Le Nieuw Amsterdam devient Thomson Spirit en 2003 (© : DR)

Le Nieuw Amsterdam devient Thomson Spirit en 2003 (© : DR)

 

Repris par Louis Cruises et affrété pendant 15 ans par Thomson

Holland America n’ayant pas anticipé le retour de son ancien navire, s’active pour trouver une solution économiquement viable permettant sa remise en service. La compagnie pense alors le positionner depuis New York vers les Bermudes, destination pour laquelle il avait été originellement construit. Mais ces projets sont abandonnés puisqu’une alternative est trouvée par le biais de l’armateur chypriote Louis Cruises. Ce dernier signe un contrat d’affrètement coque nue de 10 ans (et finira par acquérir le navire) mais ne va pas l’exploiter directement pour son compte. Le 18 avril 2002, il est en effet annoncé que le tour-opérateur britannique Thomson Cruises va opérer le Nieuw Amsterdam en le sous-affrétant pendant 3 ans et demi à Louis Cruises. Ce dernier est en charge de la maintenance technique du paquebot et fournit l’équipage, y compris pour les opérations hôtelières. Thomson, de son côté, assure la commercialisation des croisières sur le marché britannique.

Le navire fut remis le 7 mai 2002, au large de Charleston, avec pour destination le port grec du Pirée où il arrive le 23. Un équipage grec et une équipe de 13 personnes de Holland America se trouvent à bord. Le jour de la remise à Louis Cruises, Thomson annonce que la durée de l’affrètement est finalement portée à 10 ans et que le navire va remplacer le Topaz, unité vieillissante et très coûteuse en frais d’exploitation.

 

Le Thomson Spirit en 2012 (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Le Thomson Spirit en 2012 (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)
 

L’affrètement commence en mars 2003, le Nieuw Amsterdam étant rebaptisé Thomson Spirit. Deux mois plus tard, il débute un programme de croisières en Méditerranée au départ de Palma de Majorque, aux Baléares. Au cours des 15 années passées au sein de Thomson Cruises, le navire a réalisé des croisières en Méditerranée, en Europe du nord et sur les côtes Atlantique. Il a obtenu le plus haut taux de satisfaction de tous les navires de l’opérateur britannique, et est resté jusqu’à la fin l’un des navires les plus populaires au Royaume-Uni.

 

Le Thomson Spirit en 2016 (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Thomson Spirit en 2016 (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Fin de vie sur les plages indiennes

Intégré depuis au groupe allemand TUI, Thomson est devenu Marella en 2017 et, pour sa dernière année d’exploitation, l’ancien New Amsterdam a navigué sous le nom de Marella Spirit. Il a effectué son ultime croisière du 21 au 28 octobre puis, après un passage à Marseille pour un évènement organisé par un grand groupe de cosmétique, est passé par Barcelone pour débarquer la moitié de son personnel. Le reste de l’équipage a poursuivi jusqu’au Pirée, où Louis a récupéré à bord ce qui pouvait l’être avant le ferraillage du navire. Celui-ci a été vendu à un chantier de démolition d’Alang, son départ pour l’Inde devant intervenir dans les jours qui viennent.

Quant à son jumeau, l’ex-Noordam, il a lui aussi été affrété par Thomson (en 2005) et continue d’y être exploité sous le nom de Marella Celebration. Il est en revanche resté la propriété de HAL, son actuelle charte d’affrètement courant jusqu’à la fin 2019. On ne sait pas encore ce qu’il deviendra ensuite.

Holland America Line