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L’hydrolienne Sabella D10 voit le jour

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L’hydrolienne Sabella D10 voit le jour

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La première hydrolienne 100% « made in France » a été baptisée, le 24 avril, au port de commerce de Brest. Sabella D10 devrait être immergée à proximité d'Ouessant, courant juin.

Tout de jaune vêtue, l'imposante structure d'acier, de carbone et de câbles, haute comme un immeuble de cinq étages, devra affronter, prochainement, les courants particulièrement perturbés du Fromveur. Mais dès vendredi, Sabella D10 a voulu montrer à tous que ses composants étaient particulièrement résistants. Pas moins de trois tentatives de lancer de champagne ont, en effet, été nécessaires pour la baptiser. « Tout navire qui n'est pas arrosé de vin, goûtera au sang », avait prévenu le préfet de la région Bretagne, Patrick Strzoda, quelques instants plus tôt. L'un des nombreux journalistes présents a fait les frais de la formule, puisque des éclats de verre lui ont ouvert le nez, sans gravité heureusement.

 

L'hydrolienne Sabella D10 (©  MICHEL FLOCH)
L'hydrolienne Sabella D10 (©  MICHEL FLOCH)

 

Deux îliens à la manoeuvre

 
L'auteur du délit est connu. Patrick Ruer, l'un des ingénieurs à l'origine de ce projet fou, initié en l'an 2000. C'est d'ailleurs à son épouse que l'on doit le nom de Sabella. « Une "sabelle" est un invertébré que l'on trouve dans les fonds marins d'Ouessant et qui se nourrit exclusivement de plancton », raconte, amusée, Liliane, professeur de SVT. À quelques pas de là, deux enfants ne perdent pas une miette de la fête. Dorian et Clara, élèves des deux écoles d'Ouessant, ont eu la chance d'être tirés au sort. À eux la mission de débloquer les gigantesques pales de D10, en tirant sur deux grands filins. « C'est un moment qui restera dans leur mémoire », résume une mère de famille, venue les accompagner. D10 leur restera d'autant plus familière qu'elle va leur permettre, comme à toute la population de l'île, de recevoir une partie de l'électricité nécessaire à son autonomie énergétique. « 250 kW durant la première année d'essai », précise Jean-François Daviau, le président de Sabella. Une production qui devrait rapidement monter en puissance, « mais il faut pour cela effectuer des travaux importants sur la centrale d'ERDF ». Vendredi, le papa de la première hydrolienne « 100 % française » ne cachait pas sa joie de voir aboutir un projet porté à bout de bras depuis près de 15 ans. « Ce sont les contraintes financières qui l'ont freiné », confiait-il en conférence de presse. « Et les contraintes administratives, aussi », n'a pas manqué de rajouter le président de la région Bretagne, Pierrick Massiot, demandeur de plus de souplesse en matière d'innovations.

 

L'hydrolienne lors de son assemblage (©  CLAUDE PRIGENT)

L'hydrolienne lors de son assemblage (©  CLAUDE PRIGENT)

L'hydrolienne lors de son assemblage (©  CLAUDE PRIGENT)

L'hydrolienne lors de son assemblage (©  CLAUDE PRIGENT)

L'hydrolienne lors de son assemblage (©  CLAUDE PRIGENT)

L'hydrolienne lors de son assemblage (©  CLAUDE PRIGENT)

L'hydrolienne lors de son assemblage (©  CLAUDE PRIGENT)

L'hydrolienne lors de son assemblage (©  CLAUDE PRIGENT)

 

Prochaine étape fin mai

 
Pour l'heure, les regards se portent sur le calendrier. « Le câble qui reliera l'île au continent, long de plus de 2 km, sera déposé par 55 m de fond durant les mortes-eaux, fin mai. Puis, D10 sera immergée fin juin. Nous espérons démarrer la production fin juin-début juillet », a rappelé Jean-François Daviau. Denis Palluel, le maire de l'île, est déjà au taquet. « L'hydrolienne va permettre de réduire la consommation de fuel, nécessaire au fonctionnement de la centrale. Et elle donne déjà du boulot à une entreprise locale ». D'autres devraient rapidement se greffer au mouvement. Trois autres engins, encore plus imposants, vont rejoindre l'île à l'horizon 2018.

Un article de la rédaction du Télégramme

 

A noter qu'une présentation au public de l'hydrolienne Sabella D10 a eu lieu toute la journée de samedi sur le quai est du 5ème bassin. Les organisateurs de la présentation avaient même affrêté le André Colin de la Penn Ar Bed pour amener les Ouessantins jusqu'à Brest, où des visites guidées ont été proposées. Malgré une météo à grains, il y avait du monde pour admirer l'énorme machine de 17 mètres de haut. 

 

Le câble électrique (©  MICHEL FLOCH)

Le câble électrique (©  MICHEL FLOCH)

L'hydrolienne Sabella D10 (©  MICHEL FLOCH)

L'hydrolienne Sabella D10 (©  MICHEL FLOCH)

L'hydrolienne Sabella D10 (©  MICHEL FLOCH)

L'hydrolienne Sabella D10 (©  MICHEL FLOCH)

L'hydrolienne Sabella D10 (©  MICHEL FLOCH)

L'hydrolienne Sabella D10 (©  MICHEL FLOCH)

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