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Liban : La France se désengage de la FINUL maritime

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Liban : La France se désengage de la FINUL maritime

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François Fillon a annoncé hier, à l'Assemblée nationale, que les navires français déployés dans le cadre du volet maritime de la Force Intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) seraient bientôt retirés de la Task Force 448. « S'agissant de la FINUL maritime, dont nous assurons le commandement, son dispositif très dense ne se justifie plus vraiment (...) Les deux bâtiments de la Marine nationale qui y participent seront bientôt dirigés vers d'autres missions », a expliqué le Premier ministre, tout en précisant que le contingent de l'armée de Terre présent au sud-Liban serait en revanche maintenu.
Depuis l'été 2006 et la « Guerre de 33 jours » entre le Hezbollah et l'armée israélienne, la Marine nationale assure une présence permanente au large du Liban. Déployée dans un premier temps pour évacuer les ressortissants fuyant les combats, les navires ont ensuite été intégrés à la TF 448. Cette force internationale, qui compte une dizaine de bâtiments, est chargée de surveiller les approches libanaises pour éviter l'importation d'armes par voie maritime. Les importants moyens de détection des bâtiments lui permettent aussi, en coopération avec les unités terrestres de la FINUL, de surveiller l'espace aérien libanais. Enfin, la Marine nationale a pris une part active dans la formation de son homologue libanaise, afin de lui permettre, à terme, d'assurer elle-même la surveillance de ses côtes.
(VOIR NOTRE REPORTAGE SUR LA FINUL MARITIME)

Le De Grasse est le navire amiral de la TF 448 (© : MARINE NATIONALE)
Le De Grasse est le navire amiral de la TF 448 (© : MARINE NATIONALE)

Sous commandement français jusqu'au 1er mars

Depuis cinq mois, le TF 448 est sous commandement français. Le contre-amiral Kérignard dirige cette force à partir de la frégate brestoise De Grasse, un autre bâtiment français étant également intégré dans le dispositif. Jusqu'à vendredi dernier, il s'agissait du Germinal. Mais, à la demande de l'Elysée, la frégate a quitté la FINUL maritime pour assurer une mission de surveillance au large de la bande de Gaza. Pour la remplacer au sein de la FINUL maritime, l'aviso Commandant Birot a appareillé de Toulon, pour une mission qui devrait donc être plus courte que prévue. Conformément à la volonté du gouvernement, les marins français devraient quitter le théâtre libanais à partir du 1er mars, date à laquelle s'achève le commandement français de la force navale onusienne. On notera que ce désengagement n'était manifestement pas prévu, deux autres bâtiments français étant déjà programmés pour se relayer au large du Liban jusqu'en septembre. Ainsi, la frégate Dupleix devait relever le De Grasse au mois de mars.

Militaire français au sud-Liban (© : ETAT-MAJOR DES ARMEES)
Militaire français au sud-Liban (© : ETAT-MAJOR DES ARMEES)

Réduire le poids des opérations extérieures

Très symbolique car touchant un pays entrenant des liens historiques avec la France, le retrait de la TF 448 n'est pas le seul qu'ait annoncé hier François Fillon. Entre 1100 des 2000 militaires stationnés en Côte d'Ivoire vont aussi se retirer et, d'ici l'été, au moins 1.000 soldats (sur 1650) de l'Eufor Tchad/RCA quitteront cette opération. Ils seront toutefois remplacés par des casques bleus de l'ONU, chargés de protéger les réfugiés du Darfour.
L'Etat souhaite diminuer le nombre de militaires engagés dans les Opérations extérieures (OPEX), soit 13.000 hommes actuellement pour un coût de plus de 800 millions d'euros l'an dernier. Une réduction des effectifs de 20% permettrait, selon le ministère de la Défense, d'économiser 100 à 150 millions d'euros par an. Outre le Liban, la Côte d'Ivoire et le Darfour, la question du maintien d'une force militaire au Kosovo (KFOR) semble également d'actualité.

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