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Libye : Les Européens envisagent « toutes les options »

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Libye : Les Européens envisagent « toutes les options »

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Alors que les forces fidèles au colonel Kadhafi ont fait reculer les insurgés, ce week-end, la communauté internationale demeure divisée sur une éventuelle intervention en Libye. Vendredi, l'Union Européenne s'est dite prête à examiner « toutes les options nécessaires » pour « protéger la population civile ». Emboitant le pas à la France, qui avait été la première à s'engager dans cette voie la veille, l'UE, qui a appelé à la démission de Mouammar Kadhafi, a reconnu dans le Conseil National Transitoire, créé par les rebelles, comme un interlocuteur légitime.
Les Européens demeurent néanmoins divisés sur la question libyenne et, plus particulièrement, la possibilité d'intervenir militairement. Si Paris et Londres se disent prêtes à lancer des attaques ciblées pour neutraliser l'aviation libyenne, Berlin y est hostile. Malgré tout, Français et Britanniques sont parvenus à convaincre leurs partenaires d'envisager la question. Les Allemands y ont toutefois posé de fortes conditions. Pour la chancelière allemande Angela Merkel, une option militaire ne peut être envisagée qu' « à condition qu'il y ait une nécessité démontrée, une base juridique claire et un soutien de la région ». Concernant ce dernier point, un éclaircissement est venu du Caire samedi. La Ligue Arabe s'est, en effet, prononcée pour l'instauration d'une zone d'interdiction aérienne en Libye et la mise en place de contacts avec l'opposition. Concernant la « base juridique », celle-ci ne peut venir que des Nations Unies, par le biais d'une nouvelle résolution. Mais, au Conseil de sécurité de l'ONU, il faudrait obtenir le feu vert de la Chine et de la Russie, jusqu'ici opposées à une action militaire. Quant aux Américains, l'heure est à l'hésitation. Aux Etats-Unis, l'opinion américaine, encore marquée par la guerre d'Irak, redoute un nouvel engrenage militaire. Les responsables du Pentagone eux, admettent que la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne serait une opération très complexe.

Les Occidentaux sont donc confrontés à un véritable cas de conscience, alors que les partisans de Kadhafi, mieux armés et soutenus par leur aviation et le recours massif à des mercenaires, semblent prendre l'ascendant sur les insurgés, ce qui laisse craindre de dures représailles dans les zones rebelles investies. Dans ces conditions, faut-il prendre le risque de laisser le régime de Tripoli reprendre la main ou bien intervenir et donner un coup de pouce à la révolution en neutralisant l'aviation du colonel ? « Que se passe-t-il si des populations civiles sont la cible des quelques avions de monsieur Kadhafi ? Doit-on regarder les images ou doit-on réagir ? », s'est interrogé vendredi Nicolas Sarkozy. La réponse, loin d'être évidente, réside dans un vaste imbroglio politique, diplomatique, militaire et juridique. Et, alors que les bombes continuent de pleuvoir sur le terrain et que le bilan s'alourdi de jour en jour, le temps semble jouer en faveur de Tripoli, où on se délecte sans doute des tergiversations internationales. « Bientôt, tout sera fini », a d'ailleurs prévenu Seif al-Islam Kadhafi, l'un des fils du colonel.