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Libye : Les Rafale tirent des missiles de croisière Scalp

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Les opérations françaises en Libye ont pris, hier, une nouvelle tournure. Ne se contentant plus d'opérer seulement autour de Benghazi, l'armée de l'Air et l'aéronautique navale ont été engagées dans la nuit du 23 au 24 mars dans un raid contre un site militaire des forces du colonel Kadhafi, situé à environ 250 km au sud des côtes libyennes. L'assaut, mené par deux Rafale et deux Mirage 2000 partis de France, ainsi que deux Rafale Marine catapultés depuis le porte-avions Charles de Gaulle, a vu la mise en oeuvre de missiles de croisière Scalp EG. C'est, à priori, la première fois que l'armée française délivre, en opération, cette munition de précision, d'une portée d'environ 500 kilomètres. Conçu par MBDA, le Scalp est aussi utilisé par la Royal Air Force, où il est connu sous le nom de Storm Shadow. Le missile semble d'ailleurs avoir été déployé en Libye dès le week-end dernier par les Tornado britanniques. Concernant la France, l'adoption de cette nouvelle arme a été rendue possible par la mise en service, fin 2009, du Rafale au standard F3. L'opération Harmattan est, il faut tout de même le souligner (même si cela ne se dit pas trop fort), l'occasion pour l'avion de combat français de donner la pleine mesure de sa polyvalence et de ses nouvelles capacités (notamment le nacelle Reco NG et le pod Damoclès). Le régime de Tripoli, qui songeait il y a peu encore acquérir 14 Rafale auprès de la France, a sans doute pu mesurer l'efficacité d'avions que, par chance, il n'aura jamais.

AASM sur un Rafale Air (© : MBDA - ALEXANDRE PARINGAUX)
AASM sur un Rafale Air (© : MBDA - ALEXANDRE PARINGAUX)

Destruction d'un avion libyen par un raid français

Pour la journée d'hier, près d'une vingtaine d'avions français ont participé à l'opération Harmattan. En dehors de l'assaut ayant impliqué le Scalp, une mission de reconnaissance a été réalisée par une patrouille Rafale de l'armée de l'Air. Quatre missions d'interdiction ont, par ailleurs, été conduites par deux Mirage 2000D et quatre Rafale de l'armée de l'Air, et par deux patrouilles mixte Rafale / Super Etendard Modernisés (SEM) de la Marine nationale. Ces avions emportaient des Armements Air-Sol Modulaires (AASM), des bombes GBU 12 et des missiles air-air Mica. Au cours de ces missions, un avion radar Awacs de la coalition a détecté un aéronef dans la zone de Misratah, à 200 kilomètres à l'Est de Tripoli. Une patrouille Mirage 2000 et une patrouille Rafale Air française se sont rendues sur zone et ont confirmé la présence d'un avion de combat qui opérait en violation de la résolution 1973 des Nations Unies (autorisant la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne ppur protéger les civils dans les zones tenues par les rebelles). La patrouille Rafale a réalisé une frappe air-sol, avec un armement AASM, alors que l'avion de combat des forces du colonel Kadhafi venait d'atterrir sur la base aérienne militaire de Misratah. Pour conduire toutes ces missions, les avions de combat tricolores ont été appuyés par des ravitailleurs C135 et un E3F Awacs partis de France ainsi qu'un avion de guet aérien Hawkeye et des Rafale dédiés au ravitaillement en vol provenant du groupe aéronaval.

catapultage d'un Hawkeye à partir du Charles de Gaulle (© : EAU)
catapultage d'un Hawkeye à partir du Charles de Gaulle (© : EAU)

Les EAU annoncent l'envoi de 12 avions

Hier, la coalition rassemblait 11 pays, alignait quelques 350 avions (pour moitié américains) et comptait au large des côtes libyennes une trentaine de navires de guerre. Une nouvelle importante est intervenue dans la soirée avec l'annonce, par les Emirats Arabes Unis, de l'envoi de 12 avions de combat pour participer aux opérations en Libye. Cette force pourrait être composée de 6 F-16 et 6 Mirage 2000-9. Les EAU sont donc le deuxième pays arabe à rejoindre la coalition après le Qatar, qui déploie des Mirage 2000-5 en Crète (selon Paris, les Qataris engageraient 6 avions et devraient débuter leurs premières missions sous peu). Alors que l'Union Européenne a appelé hier soir le colonel Kadhafi à quitter immédiatement pouvoir, un accord serait intervenu en fin de journée afin que l'OTAN prenne le commandement des opérations. Nicolas Sarkozy a, néanmoins, assuré que « la coordination (de l'opération, ndlr) doit rester politique même si elle s'appuiera sur la machinerie de l'OTAN ». Le président français a ajouté que le pilotage politique de l'intervention faisait l'objet d'un accord avec Washington et Londres.

Un Mirage 2000 français (© : EMA)
Un Mirage 2000 français (© : EMA)

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