Défense
L'idée du jour : Transformer la Jeanne d'Arc en héliport à Saint-Tropez...

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L'idée du jour : Transformer la Jeanne d'Arc en héliport à Saint-Tropez...

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Dans la catégorie des projets un brin surréalistes - mais quand même relayés « sérieusement » par certains journaux, une association a proposé de transformer le porte-hélicoptères Jeanne d'Arc en hélistation dans le golfe de Saint-Tropez. Sans rire. Basé à Brest, le navire école de la Marine nationale, après 46 ans de bons et loyaux services, sera désarmé l'an prochain, après son ultime campagne avec les élèves officiers. Plus de quatre décennies à sillonner les mers ont fait accéder la Jeanne d'Arc au rang de mythe collectif. De quoi donner des idées. A une époque, certains partisans de la conservation du bateau ambitionnaient d'en faire un musée à Rouen, sa ville marraine. Plusieurs élus s'étaient montrés sensibles au projet, avant de l'étudier plus en profondeur et de constater qu'il représentait surtout un risque financier important. L'échec d'une tentative similaire avec le croiseur Colbert, à Bordeaux, a poussé plus d'un rêveur, même sincère, à la prudence. Mais, après la proposition, il y a quelques années, de transformer l'ex-porte-avions Clemenceau en boite de nuit et casino flottant, une autre idée originale a fait surface en Méditerranée, cette fois autour de la Jeanne d'Arc.

Amiantée et trop coûteuse à entretenir

Voulant mettre un terme au bruit occasionné par les survols d'hélicoptères lors de la saison estivale, le président d'une association tropézienne a écrit à la marine pour soumettre son projet : Faire du navire école une hélistation dans le golfe de Saint-Tropez. L'état-major lui a répondu, en bonne et due forme. Si la Rue Royale aurait reconnu le caractère innovant du projet, elle y a définitivement mis un terme. Au regard de la réglementation, la marine ne peut en effet, aujourd'hui, céder un bâtiment comme la Jeanne d'Arc. La vénérable coque, longue de 182 mètres, contient en effet de l'amiante et, avant d'être cédée, devrait être dépolluée. Hors de question bien entendu que les militaires payent la facture, au demeurant très lourde. Les marins estiment, par ailleurs, que le projet n'est pas réalisable dans la mesure où la Jeanne nécessiterait un important budget d'entretien courant, auquel il faudrait ajouter le coût de passages en bassin réguliers et obligatoires. Il resterait également à savoir si les élus et habitants du golfe apprécieraient de se retrouver avec une vielle coque grise dans un paysage qui ne s'y prête pas forcément... Sans compter qu'en cas de problème ou d'échec du projet, la marine en paierait inévitablement les conséquences en termes d'image.

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