Science et Environnement
L’Ifremer cède ses parts dans CLS et entre au capital de Kinéis

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L’Ifremer cède ses parts dans CLS et entre au capital de Kinéis

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Spécialisée dans l’observation de l’environnement depuis l’espace, en particulier le suivi des océans, la société toulousaine Collecte Localisation Satellites (CLS), fondée en 1986, voit son actionnariat évoluer. Le fonds d’investissement Adrian et l’Ifremer cèdent leur participation à la Compagnie Nationale à Portefeuille (CNP), société d’investissement du groupe Frère, qui devient l’actionnaire majoritaire de CLS (66%) aux côtés du CNES, fondateur de l’entreprise et qui détient le solde du capital (34%).

CLS se positionne sur cinq grands domaines : la surveillance de l’environnement et du climat, la gestion durable des pêches, la sécurité maritime, la gestion de flottes ainsi que les énergies, mines et infrastructures. L’entreprise fournit notamment des services satellitaires basés sur la localisation et la collecte de données environnementales, l’observation des océans et des eaux continentales, ainsi que la surveillance des activités terrestres et maritimes. S’appuyant sur les informations de près de 130 satellites, elle reçoit par exemple quotidiennement les données d’une vingtaine d’instruments embarqués en orbite fournissant des informations spécifiques sur les mers et océans. CLS traite par ailleurs, chaque mois, 80.000 balises, bouées dérivantes, animaux, flottes de pêche et de commerce.  

Le changement de capital est effectif depuis le 30 janvier. Présent depuis les débuts de la société, il y a plus de 30 ans, l’Ifremer, qui en possédait 14.1%, en retire une belle plus-value, ce qui lui permet notamment d’investir concomitamment dans Kinéis. Cette jeune filiale de CLS, créée en 2019 et dédiée à la connectivité spatiale pour l’Internet des objets (IoT), vient de boucler une levée de fonds de 100 millions d’euros afin d’assurer son développement, en particulier la construction et le déploiement d’ici 2022 d’une constellation de 25 nanosatellites ainsi que de son segment sol. Il s’agit en particulier d’assurer l’avenir du système Argos de localisation et de collecte de données géo-positionnées par satellite, employé depuis plus de 40 ans au profit notamment de la communauté scientifique. L’objectif de Kinéis est de « démocratiser l’accès à la connectivité spatiale et connecter des millions d’objets simplement, à faible coût, partout sur la planète ». La société, qui dispose déjà de charges utiles Argos opérationnelles sur sept satellites, a récemment lancé un prototype de nanosatellite, ANGELS, qui a été placé en orbite le 18 décembre. Ce « premier nano-satellite industriel français, développé avec le support du CNES et opéré depuis le Centre spatial toulousain, embarque une technologie proche de celle de Kinéis. Ce lancement et les premières réceptions réussies de messages sont de bon augure pour le futur système Kinéis, qui est développé par la même équipe industrielle : Thales Alenia Space (architecte du système, responsable du développement des charges utiles avec la société Syrlinks, des stations sols et du centre de mission) et HEMERIA (responsable des plateformes et de l’intégration satellite). Le projet se veut exemplaire sur l’aspect environnemental avec des nanosatellites qui, au-delà de respecter la Loi sur les Opérations Spatiales, ont pour objectif de de ne pas créer de débris spatiaux. Les satellites Kinéis de moins de 30 kg seront équipés d’un système de propulsion électrique qui sécurisera les désorbitations en fin de vie et permettra d’éviter les collisions ».

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