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L'image : Ça fume à Toulon...

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L'image : Ça fume à Toulon...

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Très belle vue signée Jean-Louis Venne. Après le destroyer russe Chabanenko, en janvier dernier, un autre bâtiment a dressé un superbe écran de fumée en rade de Toulon. Mais, cette fois-ci, le bateau était français. A l'occasion de son départ pour un déploiement de trois mois en Atlantique, la frégate Cassard a salué à sa manière, vendredi dernier, sa base varoise. En guise d'au revoir, une impressionnante fumée blanche s'est échappée du bateau. Sans doute un mauvais réglage entre l'admission d'air et l'admission de gasoil. Cela arrive régulièrement au moment du lancement des moteurs.
On notera, d'ailleurs, que le Cassard et son sistership, le Jean Bart, disposent d'une propulsion unique dans la marine. Contrairement à leurs cousines à vocation anti-sous-marines, les Georges Leygues, les deux frégates antiaériennes ne sont pas dotées de turbines à gaz pour les fortes vitesses. Au moment de la conception des bateaux, le recours aux TG (en l'occurrence le modèle Olympus de chez Rolls-Royce) avait, en effet, été jugé trop onéreux. Dans le même temps, comme il avait fallu adapter une coque de frégate ASM aux besoins d'une frégate antiaérienne (nécessitant plus d'équipements), les Cassard étaient déjà « pleines comme des oeufs ».

 Le Cassard à son départ de Toulon (© : JEAN-LOUIS VENNE)
Le Cassard à son départ de Toulon (© : JEAN-LOUIS VENNE)

 Le Chabanenko, en janvier, à Toulon (© : JEAN-LOUIS VENNE)
Le Chabanenko, en janvier, à Toulon (© : JEAN-LOUIS VENNE)

La configuration nécessaire pour l'installation d'une propulsion rapide via turbine, et notamment les échappements, fut alors considérée comme trop encombrante. Seulement voilà, il fallait que les FAA puissent suivre les porte-avions Foch et Clemenceau, capables de marcher à 32 noeuds. Les ingénieurs de DCN et le motoriste (Pielstick) ont donc été contraints d'imaginer une solution autour de quatre moteurs diesels permettant aux bâtiments d'avancer à 30 noeuds. Il s'agissait alors d'un tour de force technique. Ce mode de propulsion, développant 43.200 cv, était, selon un spécialiste, à la limite des connaissances technologiques de l'époque et donnera lieu à quelques soucis de mise au point.
Uniques bâtiments de défense aérienne en service dans la marine, les Cassard et Jean Bart sont opérationnels depuis 1988 et 1991. Leur système d'armes principal, le Tartar (missiles SM1-MR), a été récupéré sur les escorteurs d'escadre Bouvet et Kersaint, désarmés en 1982 et 1983. Il avait été envoyé aux Etats-Unis pour remise à niveau avant d'être installé sur les nouveaux bâtiments, construits à l'arsenal de Lorient.

 Le Cassard escortant le Charles de Gaulle (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)
Le Cassard escortant le Charles de Gaulle (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

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