Croisières et Voyages
L'incroyable naufrage du paquebot Costa Concordia

Actualité

L'incroyable naufrage du paquebot Costa Concordia

Croisières et Voyages

Compagnies maritimes, chantiers, voyagistes et bien entendu passagers... Le monde de la croisière est sous le choc après le naufrage, dans la nuit de vendredi à samedi, du Costa Concordia. Le grand paquebot de Costa Croisières s'est couché devant le port de la petite île du Giglio, en Toscane, après avoir heurté un récif, qui a éventré sa coque. Les images ont fait l'effet d'une bombe. Impressionnantes, surréalistes même, que ces photos et vidéos montrant l'imposant navire de 290 mètres et 114.500 tonneaux, l'un des plus gros exploités en Europe, reposant sur le flanc tribord, tout près des rochers. Le Costa Concordia avait quitté le port de Civitavecchia vendredi à 19 heures et se dirigeait vers Savone à l'issue d'une croisière d'une semaine en Méditerranée. Après un séjour de détente et de découvertes, la plupart des passagers profitaient de leurs derniers moments à bord. Savone est en effet le port de départ du circuit sur lequel était positionné le navire. Il y embarquait et y débarquait le gros de ses passagers. Le Concordia était aussi en tête de ligne à Civitavecchia, ainsi qu'à Marseille, où il devait arriver hier, comme chaque dimanche cet hiver. C'est ce qui explique la présence de nombreux passagers français à bord. En tout, il y avait 4229 personnes sur le Concordia, soit 1013 membres d'équipage et 3216 passagers, dont, pour ces derniers, 989 Italiens, 569 Allemands, 462 Français, 177 Espagnols, 177 Croates et 129 Américains.

 (© : EPA)
(© : EPA)

Cinq morts et une quinzaine de personnes manquant à l'appel

Hier, le bilan, toujours provisoire, faisait état de cinq morts, quatre passagers, dont deux français, et un membre d'équipage péruvien, des dizaines de blessés et toujours une quinzaine de personnes manquant à l'appel (11 passagers et 6 membres d'équipage). Sans relâche, les sauveteurs ont poursuivi ce dimanche les recherches sur le navire. Et il y a eu des miracles. Ainsi, un couple de jeunes sud-coréens en voyage de noces, a été sauvé après avoir passé 24 heures dans leur cabine, où ils étaient coincés. Hier matin, d'autres voix ont été entendues par les secouristes, qui tentent d'accéder à tous les locaux du gigantesque bateau, à moitié immergé. Blessé, le commissaire du bord a pu être secouru et a été hélitreuillé. Malheureusement, dans l'après-midi, deux corps sans vie ont été découverts par les équipes de secours. D'autres survivants pourraient être bloqués dans les entrailles du paquebot, notamment dans des poches d'air, mais les plongeurs peinent à accéder à tous les locaux. Les recherches se poursuivent donc pour repérer les survivants, une course contre la montre car, plus le temps passe, moins les chances de survie sont importantes.
Dans le même temps, les autorités, les sauveteurs et les équipes de Costa comptent et recomptent les personnes déjà évacuées, afin de déterminer avec précision combien sont en sécurité. Le chiffrage a été rendu difficile, bien évidemment, par l'urgence des opérations et la confusion régnant sur samedi sur l'île, d'où les rescapés ont été évacués vers Porto San Stefano, sur le continent. Dans les canots de sauvetage, sur les nombreux bateaux venus porter assistance, en hélicoptère ou même à la nage, tous les moyens furent bons pour quitter le paquebot et sauver sa vie. Dans la tourmente, certains naufragés ne se sont pas fait connaître. Il faut donc recouper les listes, ou encore contacter les familles, afin de déterminer avec précision combien de personnes ont vraiment disparu.





Un choc violent et des scènes de panique

Vendredi soir, alors que la plupart des passagers étaient au restaurant pour le dîner, le navire, qui longeait l'île du Giglio, a heurté un récif, provoquant une violente secousse suivie d'une coupure d'électricité. « C'est vers 21h30, en plein dîner, que nous avons ressenti de fortes vibrations. Quelques secondes de calme, puis un énorme choc, comme si le bateau avait accroché quelque chose à l'arrière. A ce moment-là, il a commencé à gîter du côté gauche. Des assiettes se sont mises à tomber des tables », raconte un passager. Après un moment de flottement, comme le veulent les procédures de sécurité, les passagers ont été invités à rejoindre les stations d'évacuation, sans que l'ordre d'abandonner le navire soit donné. Le personnel, qui suit des formations et des entrainements pour ce type d'évènement, a rejoint les postes qui lui sont attribués en pareil cas pour guider les passagers vers les canots et distribuer les gilets de sauvetage. « On nous a dit qu'il ne s'agissait que d'un petit problème technique, qu'il ne fallait pas s'inquiéter, que la situation était maîtrisée. Mais au bout d'un moment, le navire a commencé à se pencher de l'autre côté, vers la droite ; et cette fois, ça n'avait pas l'air de s'arrêter, il gîtait de plus en plus ». On imagine alors facilement le sentiment des passagers, pour beaucoup venus en famille. Comme certains l'ont confié, le souvenir de catastrophes maritimes a immédiatement occupé leur esprit. Même si, dans l'ensemble, le courant semble avoir été maintenu grâce aux générateurs de secours ou bien le maintien ou la remise en route de tout ou partie des générateurs principaux (comme en témoignent les images du paquebot presque totalement éclairé), des pertes d'électricité sont apparemment intervenues, plongeant certaines parties du navire dans le noir et ajoutant au stress. La tension est sans doute montée progressivement, au fur et

Pollution en mer et accidents Costa Croisières | Toute l'actualité des paquebots et de la croisière