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L’Inde achève son premier Scorpene

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L’Inde achève son premier Scorpene

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Dix ans après la signature du contrat avec DCNS, en septembre 2005, le premier sous-marin du type Scorpene réalisé en Inde sera à flot cet automne. Premier d’une série de six bâtiments,  le Kalvari, dont la coque a été fermée en juillet dernier au chantier Mazagon Dock Limited de Mumbai, est sorti de son hall d’assemblage le 6 avril. Le sous-marin a été transféré sur une barge et acheminé vers un bassin d’achèvement, où vont se poursuivre les travaux en vue de sa mise à flot.  Les essais à quai commenceront alors avant la première sortie en mer, qui devrait débuter l’hiver prochain. La livraison à la marine indienne est, pour le moment, programmée en septembre 2016.

Pendant ce temps, la construction des unités suivantes va bon train, le rythme de production des sisterships du Kalvari étant d’un bâtiment tous les 9 mois. Longs de 67 mètres et présentant un déplacement de plus de 1500 tonnes en surface, les sous-marins indiens pourront embarquer une vingtaine d’armes, comme des torpilles lourdes Black Shark et des missiles antinavire Exocet SM39. Très automatisés et réputés comme étant particulièrement silencieux, les Scorpene, également vendus par DCNS au Chili, à la Malaisie et au Brésil, sont armés par un équipage d’une trentaine de marins.

 

Sous-marin du type Scorpène (© : DCNS)

Sous-marin du type Scorpène (© : DCNS)


 
Mise en place et montée en puissance d’un programme complexe
 
Prévue lors de la signature du contrat en 2012, la livraison du premier Scorpene indien connait un retard de trois ans et demi. Un délai supplémentaire a, en effet, été nécessaire pour la mise à niveau de MDL et de l’ensemble de son réseau de sous-traitants. Il faut dire qu’un tel programme est particulièrement complexe et que le chantier indien n’avait pas réalisé de sous-marin depuis 15 ans. Il a donc fallu recouvrer les compétences, cela avec l’aide de DCNS, qui apporte son assistance technique aux Indiens dans le cadre d’un transfert de technologie, en particulier dans le domaine de la fabrication des coques épaisses. Des retards sont également intervenus dans la mise en place des procédures administratives concernant les achats auprès des fournisseurs locaux.  
Car le transfert de technologie opéré par l’industriel français en Inde n’a rien de symbolique. En réalité, il est quasiment total et couvre les spécifications de construction des sous-marins et des achats d’équipements, ainsi que les techniques de production. Pour cela, DCNS compte sur place, depuis le début du programme, une solide équipe technique. Forte aujourd’hui d’environ 25 personnes, elle assiste MDL et ses fournisseurs, sachant que le chantier de Mumbai est maître d’œuvre du programme mais que le groupe français est responsable des performances des deux premiers bâtiments.

 

Cérémonie pour la sortie du Kalvari de son hall s'assemblage (© : DCNS)

Cérémonie pour la sortie du Kalvari de son hall s'assemblage (© : DCNS)

Le Kalvari avant sa sortie du hall d'assemblage (© : DCNS)

Le Kalvari avant sa sortie du hall d'assemblage (© : DCNS)


 
Coopération en profondeur
 
De l’ingénierie à la réalisation, la France coopère donc en profondeur avec l’Inde pour permettre au pays d’acquérir le savoir-faire lui permettant de construire des sous-marins parmi les plus performants du monde. Et cela vaut pour les bâtiments comme pour leurs équipements. Parmi les nombreux exemples de transferts de technologie, on citera celui des systèmes de manutention des torpilles. Ceux des trois premiers Scorpène indiens sont réalisés par DCNS à Ruelle. Pour le quatrième, les équipements seront fabriqués sur le site charentais du groupe naval par des ingénieurs et techniciens indiens, qui viennent s’y former. Dès lors, les cinquième et sixième systèmes de manutention seront produits localement par le groupe indien SEC Industries.

 

Système de manutention de torpilles (© : DCNS)

Système de manutention de torpilles (© : DCNS)


 
Une terre d’opportunités
 
Pour le groupe naval français, le programme Scorpene est un véritable tremplin pour développer une relation à long terme avec l’Inde, où il a créé une filiale, DCNS India. Celle-ci est en charge du développement de l’activité dans le pays, avec lequel l’industriel tricolore a décroché d’autres contrats. Spécialisé dans les appareils propulsifs, le site d’Indret, près de Nantes, a ainsi livré en 2014 le dernier des quatre berceaux réducteurs commandés par la marine indienne pour équiper ses nouvelles corvettes de la classe Kamorta, dont la tête de série est entrée en service l’an dernier.

 

Berceau réducteur réalisé à Indret (© : DCNS)

Berceau réducteur réalisé à Indret (© : DCNS)

 

Alors que DCNS est toujours intéressé par une entrée dans le capital du constructeur indien Pipapav, le groupe devrait aussi, logiquement, se positionner sur le nouveau projet de bâtiments de projection que l’Inde souhaite réaliser. Un appel d’offres international a été lancé par New Delhi à ce sujet. Et puis il y a bien sûr la poursuite de la modernisation de la flotte sous-marine indienne. Après le succès de la coopération autour des Scorpene, DCNS espère bien être choisi par son client pour une prochaine série de six nouveaux sous-marins.

 

Le Kalvari lors de son transfert par barge (© : DCNS)

Le Kalvari lors de son transfert par barge (© : DCNS)

Naval Group (ex-DCNS) Marine indienne