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L’inde désarme le porte-aéronefs Viraat
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L’inde désarme le porte-aéronefs Viraat

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Mis sur cale pendant la seconde guerre mondiale, c’était le plus vieux porte-aéronefs encore en service dans le monde. Le 6 mars, au cours d’une cérémonie dans la base navale de Mumbai, le Viraat a été officiellement désarmé, plus de 57 ans après ses débuts et près de 30 ans après son intégration dans la marine indienne.

 

 

Long de 227 mètres pour un déplacement de 28.700 tonnes en charge, le bâtiment, armé par plus de 1300 marins, pouvait mettre en œuvre une vingtaine d’appareils, dont 12 Sea Harrier. Placé en réserve à l’été 2016, le Viraat est remplacé au sein de la flotte indienne par le Vikramaditya, ex-Gorshkov russe profondément modernisé à Severodvinsk et livré en 2013 à l’Inde. Celle-ci va également s’enrichir du Vikrant, son premier porte-avions de construction nationale, mis à l’eau à Cochin en 2013 et dont la livraison n’est pas prévue avant 2018. Une unité supplémentaire, plus grande et sans doute dotée de catapultes, le futur Vishal, doit s’y ajouter au cours de la prochaine décennie.

 

Le Vikramaditya et le Viraat en 2013 

Le Vikramaditya et le Viraat en 2013 (© INDIAN NAVY)

 

Le désarmement du Viraat marque en tous cas la fin d’une époque, non seulement pour la marine indienne, mais aussi pour la Royal Navy. Ce bâtiment est en effet un ancien porte-avions léger britannique de la classe Centaur, dont huit exemplaires devaient être réalisés mais seulement quatre, mis en chantier en 1944, furent réalisés. Le Viraat devait initialement s’appeler HMS Elefant. Il fut toutefois rebaptisé pendant sa construction HMS Hermes, nom qui devait être attribué au cinquième Centaur, dont la réalisation avait été abandonnée en raison de la fin de la guerre. Comme ses aînés, les HMS Centaur, HMS Albion et HMS Bulwark, déclarés opérationnels en 1953/54, soit près de 10 ans après le début de leur assemblage,  le HMS Hermes a vu son achèvement prendre beaucoup de temps, puisqu’il n’a intégré la Royal Navy qu’en novembre 1959. Ce délai avait notamment permis d’intégrer sur le bâtiment différentes améliorations liées aux avancées rapides de l’aéronavale. Il fut, par exemple, doté d’une piste oblique.

Transformé en transport de commandos en 1971, il est converti en 1980 pour la mise en œuvre des avions à décollage court et appontage vertical Sea Harrier. A cet effet, les catapultes sont débarquées et un tremplin incliné à 12 degrés est intégré à la proue. C’est dans cette configuration qu’il sert en 1982 de bâtiment amiral à la flotte anglaise pendant la guerre des Malouines contre les Argentins. Remplacé par le troisième porte-aéronefs du type Invincible, le HMS Hermes est désarmé en avril 1984 et racheté un an plus tard par l’Inde, où il est transféré en mai 1987 après une remise à niveau au Royaume-Uni.

 

Le Viraat début 2016 

Le Viraat début 2016 (© INDIAN NAVY)

 

En Inde, l’ex-Hermes, devenu Viraat, rejoint alors un autre vétéran de la flotte britannique, le Vikrant, ex-HMS Hercules. Dernier des six porte-avions de la classe Majestic, ce bâtiment, mis sur cale en 1943 et lancé en 1945, avait vu sa construction suspendue en 1946. Il n’intègrera jamais la Royal Navy mais est vendu en 1957 à l’Inde. Après achèvement, il entre en service en 1961. Long de 213 mètres et affichant un déplacement de près de 20.000 tonnes en charge, ce porte-avions à catapultes met en œuvre des appareils d’origine britannique, avec des chasseurs Sea Hawk et des hélicoptères Sea King, mais aussi des machines de conception française : des avions de lutte anti-sous-marine Bréguet Alizé (12 vendus à l’Inde) et des hélicoptères Alouette III, produits localement par HAL sous le nom de Chetak. Il reçoit ensuite les premiers Sea Harrier achetés au début des années 80 par l'Inde au Royaume-Uni. 

 

L'ex-Vikrant à Mumbai en mars 2014 

L'ex-Vikrant à Mumbai en mars 2014 (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Premier porte-avions de la marine indienne, l’ancien Vikrant est désarmé en 1997 et transformé en musée à Mumbai, avec à son bord d’anciens appareils. Très délabré, le bâtiment est néanmoins fermé au public en 2012. Tous les projets de rénovation ayant échoué, l’ex-HMS Hercules termine finalement sous les chalumeaux des ferrailleurs indiens en 2015.

C’est ce qui pourrait attendre le Viraat, à moins qu’un projet de préservation voie le jour. La marine indienne se donne quatre à six mois pour trouver un acheteur, faute de quoi la vielle coque disparaitra. Selon l’état-major de la flotte, plusieurs scenarii sont envisagés, allant de la transformation en musée au démantèlement, en passant par l’océanisation afin de faire du porte-avions un récif artificiel accessible aux plongeurs. Un projet de conversion en hôtel de luxe dans l’Etat de l'Andhra Pradesh, au sud-est de l’Inde, a également été envisagé. Mais il faudrait pour cela investir au moins 150 millions de dollars, rien que pour la transformation.

Après le désarmement du Viraat, le titre de plus vieux porte-avions du monde encore en service revient désormais au São Paulo (ex-Foch français) datant de 1963 et dont le Brésil a annoncé la mise en retraite dans les trois prochaines années (voir notre article sur le sujet). 

 

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