Défense
L’Inde met à flot le porte-avions  Vikrant

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L’Inde met à flot le porte-avions Vikrant

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Quatre ans et demi après sa mise sur cale, en février 2009, le premier porte-avions réalisé en Inde a été officiellement lancé le 12 août à l’arsenal de Cochin (Kochi). Les travaux vont désormais se poursuivre à quai, où le Vikrant recevra notamment son îlot et les derniers blocs de la partie arrière. Conçu avec l’assistance discrète de Fincantieri, ce bâtiment est une version dérivée du Cavour, plus grande toutefois que le porte-aéronefs italien. Long de 262.5 mètres (c'est-à-dire un mètre de plus que le porte-avions français Charles de Gaulle) pour une largeur de 60.8 mètres, le Vikrant présentera un déplacement de 40.000 tonnes en charge. Doté d’une piste oblique avec brins d’arrêt et d’un tremplin à l’avant pour le lancement des avions, il pourra mettre en œuvre 30 aéronefs. Le groupe aérien embarqué standard imaginé pour le moment par les Indiens comprend 12 avions de combat du type russe MiG-29H, 8 avions de combat LCA Tejaz développés par la société indienne HAL et 10 hélicoptères de type russe Ka-31 et indiens ALH (voir un reportage de la chaine de télévision NDTV avec des images virtuelles du Vikrant). 

 

 

Vue du futur Vikrant (© : DROITS RESERVES)

Vue du futur Vikrant (© : DROITS RESERVES)

 

Mise à flot du Vikrant (© : MARINE INDIENNE)

Mise à flot du Vikrant (© : MARINE INDIENNE)

 

Mise à flot du Vikrant (© : MARINE INDIENNE)

Mise à flot du Vikrant (© : MARINE INDIENNE)

 

 

Conçu pour atteindre la vitesse de 28 nœuds, le futur porte-avions indien sera doté de  8 moteurs Wärsilä 12V26 d'une puissance unitaire de 3150 kW, ainsi que de quatre turbines à gaz General Electric LM2500, pour une puissance totale de 88.2 MW. On notera que ce programme a pris plusieurs années de retard et que la livraison du bâtiment, initialement prévue en 2014, est désormais attendue, au mieux, en 2016/2017 (dernier calendrier évoqué cet été par la marine indienne). Quant au second porte-avions de ce type, sa commande, prévue au départ en 2011, a été  repoussée pour des questions budgétaires. La mise en service de ce navire est désormais envisagée entre 2022 et 2027. New Delhi pourrait d’ailleurs de ne pas opter pour un sistership mais pour une unité plus imposante (50.000 tonnes) dotée de catapultes.

 

 

Le vieux Viraat, ex-HMS Hermes de la Royal Navy (© : MARINE NATIONALE)

Le vieux Viraat, ex-HMS Hermes de la Royal Navy (© : MARINE NATIONALE)

 

 

Modernisation de la force aéronavale

 

 

En attendant, la marine indienne, qui maintient tant bien que mal le vénérable Viraat (ex-Hermes britannique acquis en 1986) datant de 1959 et doté des vieux avions Sea Harrier, va voir sa composante aéronavale modernisée avec l’arrivée de Vikramaditya. Si tout va bien, l’ex- Admiral Gorshkov/Baku, mis en service en 1987 et profondément refondu depuis 2004 au chantier russe de Severodvinsk, devrait être livré d’ici la fin de l’année, soit avec cinq ans de retard. Long de 283 mètres pour une largeur de 59.8 mètres et un déplacement de 46.000 tonnes en charge, le Vikramaditya pourra mettre en œuvre 24 avions MiG-29K et 6 hélicoptères.

 

 

Le Vikramaditya en essais (© : DROITS RESERVES)

Le Vikramaditya en essais (© : DROITS RESERVES)

 

 

Pour la petite histoire, on notera que le futur Vikrant reprend le nom du premier porte-avions indien, l’ex-HMS Hercules, un bâtiment du type Majestic britannique mis en service en 1961 et désarmé en 1997, avec lequel l’Inde a mené ses premières opérations aéronavales. L’ancien Vikrant fut, notamment, au centre des opérations lors de la guerre de libération du Bangladesh en 1971, qui se traduisit par le retrait des troupes pakistanaises. 

 

 

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