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L’Inde voudrait construire un porte-avions nucléaire

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Le Vishal, second porte-avions que l’Inde va construire, serait finalement doté d’une propulsion nucléaire. C’est ce que révèlent des media locaux, citant des sources au sein des services de planification des forces armées indienne. Si tel est le cas, New Delhi intègrerait le club très fermé des pays dotés de tels outils. Actuellement, seuls les Etats-Unis et la France mettent en œuvre des porte-avions à propulsion nucléaire. La Russie devait les rejoindre dans les années 90 mais l’effondrement de l’URSS avait entrainé l’arrêt de la construction de l’Ulyanovsk, débutée en 1988 et abandonnée trois ans plus tard. Alors que Moscou, dont les ambitions navales sont importantes, envisage à nouveau de se doter d’un tel bâtiment, la Chine, qui a un ou deux porte-avions en construction, l’envisage également au cours de la prochaine décennie.

La rivalité sino-indienne est d’ailleurs, sans doute, l’un des facteurs poussant New Delhi à s’intéresser aux porte-avions capables de mener des opérations de projection de force. Dans un premier temps, l’Inde a acquis auprès de la Russie l’ex-Gorshkov, refondu et livré en 2014 sous le nom de Vikramaditya. Va s’y ajouter d’ici 2019 le Vikrant, en cours de construction à Cochin et qui est le premier porte-avions réalisé en Inde. Ces deux bâtiments, s’ils disposent de pistes obliques avec brins d’arrêt, lancent néanmoins leurs avions au moyen d’un tremplin, technique qui réduit les capacités des aéronefs. C’est pourquoi l’étape suivante est, à l’instar des USA et de la France, de disposer d’une plateforme dotée de catapultes.

Ce doit être le cas du Vishal, la presse indienne évoquant l’intégration des nouvelles catapultes électromagnétiques (EMALS) américaines, appelées à succéder à l’ancienne technologie à vapeur sur les porte-avions de l’US Navy à partir de l'USS Gerald R. Ford, qui sera prochainement livré.

Le passage au mode CATOBAR et surtout à la propulsion nucléaire, si elle se confirme, devraient entrainer un report du programme Vishal, qui devait voir le jour au début des années 2020. Elles nécessiteront aussi des accords stratégiques, en particulier avec les Etats-Unis pour obtenir les catapultes. L’Inde devrait, par ailleurs, s’appuyer sur l’expertise d’un partenaire étranger pour développer le design de son futur porte-avions. Les Américains peuvent évidemment se positionner, mais aussi les Français, qui ont le savoir-faire des porte-avions à propulsion nucléaires avec le Charles de Gaulle, et proposent aussi la version navalisée du Rafale à la marine indienne (voir notre article sur le sujet).

Marine indienne