Croisières et Voyages
L'industrie de la croisière menacée de surchauffe ?

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L'industrie de la croisière menacée de surchauffe ?

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Hausse à deux chiffres de la fréquentation, augmentation continuelle des capacités avec l'entrée en flotte de paquebots toujours plus gros, élargissement de l'offre via de nouveaux produits et destinations... Officiellement, le marché de la croisière se porte à merveille. Mais, derrière la communication enthousiaste d'une situation présentée comme idyllique, la réalité est bien plus nuancée. En fait, pour la première fois depuis bien longtemps, l'industrie de la croisière est en difficulté cette année et navigue totalement à vue. Pour s'en convaincre, il suffit de regarder les promotions parfaitement ahurissantes pratiquées par de nombreux opérateurs ces derniers mois. Même pour les vacances d'été, les compagnies sont obligées de brader les croisières, preuve que les bateaux ne se remplissent pas normalement. Et, si les grands groupes continuent de présenter de beaux bénéfices, il s'avère qu'une part non négligeable provient de plus-values liées à des investissements réalisés il y a plusieurs années, masquant une baisse inquiétante de la rentabilité sur certains segments de marché.

Les conséquences du naufrage du Concordia

Plusieurs facteurs expliquent cette situation. On pense évidemment au naufrage du Costa Concordia, le 13 janvier dernier. Cet évènement, bien que catastrophique et très médiatisé, n'a finalement pas détourné la clientèle vers d'autres modes de vacances. Et c'est heureux puisque le secteur, qui a suite à la catastrophe encore amélioré ses procédures en cas d'urgence, est objectivement très en pointe sur la sécurité. D'aucun estiment même qu'au final, cet évènement, malgré son caractère dramatique puisqu'il y a eu 32 victimes, a mis en lumière une activité encore méconnue de la majeure partie du grand public. Notamment dans la sphère privée, le débat s'est souvent installé entre les croisiéristes et leur entourage, avide de questions, les clients se faisant à cette occasion de très efficaces défenseurs des paquebots. Quoiqu'il en soit, le naufrage du Concordia a, en revanche, totalement bouleversé l'action commerciale des compagnies et fait voler en éclat les plans de bataille initialement prévus pour 2012. Dans les semaines suivant le naufrage, toutes les opérations de marketing ont cessé. Ainsi, durant cette période où se réalisent traditionnellement les ventes pour le printemps et débutent celles pour l'été, la croisière a, littéralement, disparu de la circulation. Ce n'est qu'en mars que la machine a été véritablement relancée. Or, pour rattraper leur retard, les opérateurs se sont lancés dans une course folle aux promotions, avec une concurrence exacerbée comme jamais. Une stratégie payante en termes de remplissage, puisqu'au début du printemps, les grandes compagnies étaient en avance sur leurs chiffres de fréquentation de 2011. Mais beaucoup moins en termes de revenus.

« On attire des clients qui n'ont pas un kopeck à dépenser à bord »

Et les premiers résultats commencent apparemment à se faire sentir. Car, « si les navires se remplissent, il faut voir à quel prix », lâche un opérateur. Depuis des semaines, les offres ultra-alléchantes, la gratuité pour le second passager ou les crédits offerts sur les consommations à bord se sont multipliés pour la haute saison. On peut désormais partir en plein été, d'un port français, pour moins de 400 euros la semaine ! Et on ne parle là que des offres grand

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