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L’industrie navale lance son offensive pour recruter des milliers de jeunes

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L’industrie navale lance son offensive pour recruter des milliers de jeunes

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De la Manche à la Méditerranée, en passant par la côte atlantique, partout, le long du littoral français, l’industrie navale connait une pénurie de main d’œuvre inédite depuis plusieurs décennies. Que ce soit dans le domaine des navires civils ou celui des bâtiments militaires, en passant par la pêche et la plaisance, et le développement à venir les énergies marines, les chantiers tricolores enregistrent pour la plupart un excellent niveau d’activité et une visibilité exceptionnelle. Pour honorer les commandes, il faut muscler les effectifs tout en assurant la transmission de nombreux savoir-faire, parfois rares ou critiques, à une nouvelle génération. La plupart des métiers sont concernés, mais certains sont plus particulièrement en tension, notamment chez les ouvriers, techniciens et techniciens supérieurs. Au point que les chantiers et leurs sous-traitants ne parviennent plus à trouver dans les bassins d'emploi de soudeurs, chaudronniers, tuyauteurs, mécaniciens, électriciens, électroniciens ou encore techniciens d’études.

 

Mise à l'eau d'un yacht chez Couach, en Gironde (© : COUACH)

Mise à l'eau d'un yacht chez Couach, en Gironde (© : COUACH)

 

Maintenir et développer les compétences

« Notre souci principal, c’est le maintien et le développement des compétences. Nous avons besoin de personnel dans de nombreux métiers. C’est un problème majeur que partagent les chantiers français et c’est pour moi le sujet principal du moment pour notre industrie. Il nous faut de la main d’œuvre qualifiée et, aujourd’hui, nous n’en trouvons plus localement, tant et si bien que nous sommes obligés de faire appel à de la main d’œuvre détachée, ce qui est quand même dommage », explique Matthieu Gobert de Socarenam. Ce constructeur est implanté à Boulogne, Etaples, Calais et Saint-Malo, où il réalise des vedettes et patrouilleurs pour la marine et la douane, des bateaux de pêche ou encore des navires de travaux portuaires. L’entreprise, qui compte 230 salariés, a recruté 20 jeunes en deux ans.

 

Le patrouilleur La Confiance, réalisé par Socarenam (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le patrouilleur La Confiance, réalisé par Socarenam (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Même son de cloche chez Ocea, qui produit des bateaux pour le secteur militaire, la pêche, l’offshore ou encore la grande plaisance. Comptant des sites aux Sables d’Olonne, à Fontenay-le-Comte, à Saint-Nazaire et à La Rochelle, Ocea, pour répondre à la hausse significative de son carnet de commandes, a augmenté en très peu de temps son personnel d’un tiers : « En deux ans, nous avons recruté plus d’une centaine de personnes et l’effectif a aujourd’hui dépassé la barre des 300 personnes », explique son patron, Roland Joassard. Mais là aussi, il est de plus en plus dur de trouver des candidats.

 

Le chantier Ocea des Sables d'Olonne (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le chantier Ocea des Sables d'Olonne (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

« L’activité atteint un niveau jamais vu depuis une cinquantaine d’années »

On s’arrache tout autant les cheveux à Saint-Nazaire. Démultiplication des commandes de paquebots, nouveaux contrats attendus dans l’éolien offshore et les grands bâtiments militaires, dont des ravitailleurs pour la Marine nationale et normalement un porte-avions dans les années qui viennent… Les Chantiers de l’Atlantique, menacés de disparition en 2012, connaissent un nouvel âge d’or, comme le rappelle le directeur général de l’entreprise, Laurent Castaing : « Nous aurons à la fin de l’année cinq navires de croisière en construction simultanément. Saint-Nazaire est sans doute l’endroit dans le monde où on réalise actuellement le plus de paquebots. L’activité atteint un niveau jamais vu depuis une cinquantaine d’années, à l’époque où le chantier était rempli de pétroliers ». Les Chantiers de l’Atlantique, qui ont vu leurs effectifs remonter à plus de 2900 salariés, ont entre 2013 et 2018 recruté plus de 1200 personnes en CDI, avec un solde très positif malgré de nombreux départs en retraite. Et les besoins sont encore très importants. « Dans une entreprise qui offre des défis passionnants à relever et une large diversité de parcours professionnels, nous avons besoin de pourvoir plus de 150 postes en CDI à court terme, dans nombre de métiers : charpentiers métaux, soudeurs,

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