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L’ITF réclame un renforcement de la sécurité autour des canots de sauvetage

Suite au drame du paquebot Thomson Majesty, qui a fait cinq morts et trois blessés dimanche dernier, la Fédération internationale des syndicats de Transport (ITF) réclame des mesures d’urgence afin d’améliorer la sécurité lors des exercices de mise à l’eau et de récupération des embarcations de sauvetage. C’est, en effet, au cours de l'une de ces manœuvres, dans un port des Canaries, que les câbles d’un canot du Thomson Majesty ont cédé, précipitant l’embarcation et ses occupants (tous membres d’équipage, les passagers n’étant pas impliqués dans ce type d’exercice) plusieurs dizaines de mètres plus bas. Malheureusement, ce n’est pas la première fois qu’un tel accident arrive . « Ces accidents sont trop courants et montrent de manière dramatique que c’est un problème récurent », affirme Bjorn-Erik Kristoffersen, représentant de l’ITF au groupe de travail sur les embarcations de sauvetage de l’Organisation maritime internationale (OMI), cité par Seatrade Insider. Et l’ITF de considérer que le drame du Thomson Majesty doit donner lieu à une réaction du secteur. « Cet accident montre encore une fois les risques que les marins encourent chaque jour et souligne l’impérieuse nécessité de progresser sur cette question. Bien qu’il soit trop tôt pour établir les circonstances exactes de l’accident, la sécurité du système de mise à l’eau des canots de sauvetage est sujette à controverse depuis des années. Nous recommandons vivement à l’OMI de prendre des mesures pour empêcher de tels accidents ».

 

 

Des manœuvres considérées comme dangereuses par les marins

 

 

Considérée par l’essentiel des marins comme une opération à risques, la manipulation des canots sur les navires  à passagers, paquebots ou ferries, fait l’objet d’une règlementation précise. Afin de vérifier le matériel et entrainer l’équipage, un exercice de mise à l’eau des embarcations est organisé chaque semaine par l’équipage. La règlementation impose ces exercices mais n’encadre pas le modus operandi de ceux-ci, qui dépend du type de canot, de son emplacement, de sa capacité ou encore des moyens de manutention. Le déroulé des exercices est donc laissé à la discrétion des armements et des capitaines. La présence de marins à bord des embarcations lors de leur manutention est de moins en moins courante, de nombreux officiers et compagnies la jugeant trop dangereuse et refusant de laisser du personnel suspendu au dessus de l’eau. La manœuvre est d’autant plus périlleuse lors de la phase de remontée, les systèmes de bossoirs n’étant pas conçus pour relever des embarcations chargées. Pour autant, la présence humaine dans les canots lors de leur manutention n’est pas interdite par la règlementation internationale. Bien qu'il s'agisse d'une question de bon sens.

C’est pourquoi l’ITF appelle à faire rapidement toute la lumière sur l’accident du Thomson Majesty, demandant notamment à Malte, Etat où est immatriculé le paquebot, de mener des investigations poussées et présenter en toute clarté un rapport sur les causes du drame. Plus généralement, la fédération compte poursuivre ses efforts afin d’obtenir une amélioration de la sécurité des marins. « L’ITF a travaillé de près, avec l’industrie et l’OMI pour identifier et corriger les causes des accidents de canots de sauvetage. Nous poursuivrons nos efforts jusqu’à ce que tous les éléments  liés à ces problèmes soient connus et solutionnés », assure Bjorn-Erik Kristoffersen.

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