Science et Environnement
Litto3D : les côtes finistériennes cartographiées au laser

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Litto3D : les côtes finistériennes cartographiées au laser

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Les 1.273 km de côtes finistériennes sont aujourd'hui intégralement cartographiées, de 20 m sous la mer, jusqu'à une altitude de 10 m à terre. Ces données sont en accès libre. Elles foisonnent d'applications des plus concrètes.

Les fonds marins jusqu'à 20 à 30 m de profondeur, ainsi que le trait de côte et le relief des bords de mer sont aujourd'hui numérisés dans un seul programme, nommé litto3D. Au lieu d'avoir les éléments terrestres de l'IGN d'un côté et les éléments maritimes du Service hydrographique et océanographique de la Marine (Shom) à de l'autre, cette numérisation globale offre une visualisation complète du trait de côte finistérien (et de quelques sites dans le Morbihan). Le procédé laser utilisé pour percer à jour les 10 à 30 premiers mètres d'eau de mer a permis de dresser un état des lieux précis et irréfutable des fonds côtiers. Ce travail a été réalisé par avion. Des relevés bathymétriques effectués en mer ont complété certaines zones si besoin.

Gros investissement

Débutée en 2012 et achevée en 2015, l'opération, qui a demandé 3 M€ d'investissements, permet aujourd'hui de disposer d'un état des lieux très précis du trait de côte. Et ce ne sont pas les applications qui manquent. Ce travail de cartographie d'une précision encore jamais égalée permet notamment aux municipalités (les 118 côtières sur les 283 du département) de déterminer plus précisément les zones d'immersion et d'adapter leurs règles et protections urbanistiques. Les spécialistes de la cartographie au Shom utilisent ces données très précises pour affiner certaines de leurs cartes et identifier des hauts fonds alors méconnus ou mal positionnés. La chaussée de Sein, et son impressionnante densité d'obstacles sous-marins, offre un visage inédit. Aucun navire hydrographique n'aurait pu effectuer autant de relevés dans cette zone. Le procédé est étonnant de précision. Ces données peuvent également intéresser les aménageurs portuaires, afin d'identifier les zones de dragage, les hauteurs d'infrastructures ou longueurs de chaînes de mouillage à prévoir.

Identifier des épaves

À travers la résolution la plus fine du programme, on peut tenter d'identifier les épaves côtières ou commencer par repérer des hauts-fonds intéressants pour la pêche. Les industriels qui chercheront à raccorder des éoliennes ou hydroliennes en mer viendront probablement aussi consulter ces fichiers. Les stocks d'algues ou de maërl intéressent également les professionnels, qui manquent cruellement de données en la matière. Le Finistère est pour le moment le seul département breton à avoir financé une telle opération (aux côtés de la région Paca, qui dispose de la même prestation). Ces données sont en accès libre. Mais pour les visualiser, il faut utiliser des logiciels spécialisés (gratuits ou commerciaux) qui permettent de profiter des vues de sites et du détail des relevés effectués.

Pratique : un premier niveau de visualisation est à découvrir sur les portails data.shom.fr et cms.geobretagne.fr



Un article de la rédaction du Télégramme