Construction Navale
Livraison du premier méthanier chinois construit avec l'aide technique française

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Livraison du premier méthanier chinois construit avec l'aide technique française

Construction Navale

Aker Yards a annoncé la livraison du premier méthanier construit en Chine avec l'aide technique des chantiers de Saint-Nazaire. Lancé le 28 décembre 2005 chez Hudong-Zhongdua Shipbuilding de Shanghai, le Dapeng Sun a été remis à la compagnie China LNG Shipping. Quatre autres navires doivent suivre d'ici 2010 pour être opérés vers les terminaux gaziers de Guangdong et Fujian. Aker Yards et China State Shipbuilding Corporation (CSSC), l'organisme d'état qui possède le chantier de Hudong, discutent par ailleurs d'un « partenariat stratégique à long terme » en vue de réaliser d'autres bateaux.
Construit suivant un design Aker Yards, le Dapeng Sun mesure 292 mètres pour une largeur 43,35 mètres et affiche une capacité de 147.200 m3 de gaz naturel liquéfié. Il est doté de cuves à membranes du type NO 96, conçues par Gaz Transport et Technigaz (GTT). Cette technologie avait été employée sur la série des cinq méthaniers construits dans les années 90 à Saint-Nazaire pour le groupe malaisien Petronas.
En 2001, un accord de coopération avait été signé entre Alstom Marine, alors propriétaire des Chantiers de l'Atlantique, et le constructeur chinois. L'objectif était de proposer à ce dernier un design de méthanier, type de navire sophistiqué que les Chinois n'avaient jamais construit. De même, ils ne disposaient pas du savoir-faire technologique nécessaire pour les cuves. Or, avec l'arrêt des subventions pour les chantiers européens et le dumping opéré par les constructeurs sud-coréens, Saint-Nazaire ne pouvait plus se positionner, à partir de 2000, sur ce marché. Plutôt que d'abandonner définitivement ce créneau, les Français ont donc décidé de vendre une technologie éprouvée aux Chinois, profitant d'une partie des bénéfices engrangés pour financer la R&D et développer les générations suivantes de méthaniers.

Le Puteri Firius, du contrat Petronas (© : AKER YARDS)
Le Puteri Firius, du contrat Petronas (© : AKER YARDS)

Après les Petronas, on reverra d'ailleurs des méthaniers dans la cale de construction de Saint-Nazaire. Il ne s'agira pas de bateaux classiques, devenus la chasse gardée des constructeurs asiatiques, mais de navires particulièrement innovants, dotés des nouvelles cuves à membranes CS1, conçues par GTT et offrant une capacité nettement supérieure. Ces bateaux constitueront également une première mondiale avec leur propulsion diesel-gaz électrique. Après d'importants retards, liés à la découverte de problèmes d'étanchéité sur la membrane secondaire (de sécurité) des cuves de confinement de la tête de série, les Gaz de France EnergY, Provalys et Gaselys seront livrés entre novembre 2006 et mars 2007. Ils sont aujourd'hui opérés par Gaz de France, dont ils sont la propriété, à l'exception du Gaselys, détenu à 60% par le Japonais NYK. Ces trois unités ne déboucheront toutefois pas sur une série plus importante.

 Les Gaz de France EnergY et Gaselys à Saint-Nazaire (© : MER ET MARINE)
Les Gaz de France EnergY et Gaselys à Saint-Nazaire (© : MER ET MARINE)

D'une part Aker Yards souhaite se concentrer sur les paquebots, dont le mode de construction et la sous-traitance employée sont différents. Le constructeur craint, par conséquent, de désorganiser son chantier avec deux types de navires différents. A moins de devoir remplir un creux de charge ou bien répondre à la demande d'un armateur pressé et prêt à y mettre le prix, Saint-Nazaire ne fait donc pas la course à la construction de méthaniers. Toutes les énergies sont mobilisées sur les navires de croisière, avec une exception notable toutefois : celle du second porte-avions de la Marine nationale. Il s'agit en effet d'un cas particulier, tant par l'image qu'il représente en matière de valorisation du savoir-faire, que d'impact économique (le PA2 représente deux paquebots de la classe Musica). Mais le problème de l'organisation industrielle n'est pas la seule raison au fait que Saint-Nazaire n'ait pas décroché d'autres méthaniers. Ce marché est en effet très déprimé actuellement, de nombreux bateaux ayant été livrés plus vite que le développement attendu des infrastructures de production terrestres. Des méthaniers tout neufs se retrouvent par conséquent sur le carreau et il faudra sans doute attendre la digestion de cette flotte par le marché, avant de voir une relance massive des constructions.
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- Voir le site de la Thames Ship Society, d'où provient la photo du Dapeng Sun

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