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Livraison du premier navire IMR du type Bourbon Evolution 800

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Livraison du premier navire IMR du type Bourbon Evolution 800

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Les chantiers Sinopacific de Zhejiang, en Chine, viennent de livrer à BOURBON l'Ungundja. Très attendu, il s'agit du premier des 10 navires du type Bourbon Evolution 800 (design anciennement appelé GPA 696) commandés par groupe maritime français dans le cadre du développement de ses activités IMR (Inspection, Réparation, Maintenance). L'Ungundja a rejoint Singapour, où il va rester quelques semaines afin de recevoir des équipements supplémentaires et pour être armé, avant de partir pour l'Afrique de l'ouest, où il sera exploité sur les champs pétroliers (les photos illustrant cet article ont été prises avant l'arrivée à Singapour). Long de 95.6 mètres pour une largeur de 21 mètres, ce navire a été spécialement conçu pour les opérations IMR. Pouvant déployer deux robots télé-opérés de type ROV, il dispose de deux imposantes grues, avec système de compensation de houle. Eléments clés du navire, ces engins ont, chacun, une capacité de levage de 150 tonnes en surface, 100 tonnes à 2000 mètres de fond et 75 tonnes à 3000 mètres. Les capacités de stockage du navire sont également importantes, avec 1000 m3 de fuel, 900 m3 d'eau et 370 m3 de produits spéciaux, le tout dans une double coque.

 L'Ungundja à sa sortie de chantier (© : BOURBON)
L'Ungundja à sa sortie de chantier (© : BOURBON)

Fiabilité et sécurité

Les interventions sous-marines par grande profondeur nécessitant une précision très fine, le navire, particulièrement stable et manoeuvrant, est doté d'un système de positionnement dynamique de type DP3, avec trois propulseurs azimutaux à l'avant (dont un rétractable) et trois autres sur l'arrière. Le caractère sensible des opérations, notamment les interventions sur les têtes de puits, font que l'Ungundja bénéficie d'une architecture donnant la priorité aux redondances, afin d'améliorer la fiabilité et la sécurité. Ainsi, en cas de panne sur l'un des propulseurs lors d'une manoeuvre, le navire peut achever ses travaux. De même, le service peut continuer lors des périodes de réparation ou de maintenance des équipements. Deux salles des machines séparées, deux salles électriques, propulseurs multiples... « Tout est basé sur le principe de redondance, de manière à opérer en toute sécurité », souligne-t-on chez BOURBON.
Comme tous les nouveaux navires de BOURBON, l'Ungundja met en oeuvre une propulsion diesel-électrique. Cette configuration permet une optimisation des performances, mais aussi, grâce à l'homogénéisation de la flotte, des gains en matière de maintenance et de formation des équipages. Le navire compte 6 moteurs principaux de 1235 kW chacun, un générateur auxiliaire de 1235 kW et un générateur d'urgence de 450 kW. La vitesse est de 12 noeuds à vide et de 10 noeuds avec un chargement moyen.

 L'Ungundja à sa sortie de chantier (© : BOURBON)
L'Ungundja à sa sortie de chantier (© : BOURBON)

Un pont de 1200 m2 et des espaces réservés pour le client

Le design BE 800 présente, également, une importante surface de pont, soit 1200 m2. Cet espace sert à la réception de colis, la mise en oeuvre d'équipements et la préparation des opérations. Il est doté d'une « moon pool », c'est-à-dire une ouverture dans le pont et à travers la coque de 8 mètres sur 8 mètres permettant de mettre à l'eau des équipements à l'aplomb du navire. En plus des manoeuvres effectuées par le travers ou l'arrière, cette capacité présente l'avantage de bénéficier de la protection de la coque vis-à-vis des vagues, ce qui augmente la précision de l'intervention et renforce la sécurité.
Capables d'accueillir 120 personnes (dont un équipage de 15 à 20 marins pouvant monter à jusqu'à 80 pour les opérations faisant intervenir des robots), les navires du type Bourbon Evolution 800 ont, également, été conçus pour intégrer et faciliter la présence à bord d'un client, qui embarque des équipes. « Il s'agit de répondre aux impératifs et besoins du client en termes d'opérations. C'est pourquoi le navire dispose de zones complètement dédiées au client, avec des bureaux, des ordinateurs et toute la connectivité nécessaire, notamment Internet ». A la passerelle, un espace a même été spécialement aménagé pour les personnels déployés par le client, qui bénéficie ainsi d'un lieu spécifique pour travailler avec une vue complète sur le pont et les opérations menées. Là encore, cet espace compte des bureaux et une connectique, afin d'offrir une interconnexion complète avec les différents intervenants (équipes de pont, pilotes de ROV...) pouvant oeuvrer à d'autres endroits du bateau, ainsi qu'avec des équipes à terre via le réseau de communication par satellite.

 L'Ungundja à sa sortie de chantier (© : BOURBON)
L'Ungundja à sa sortie de chantier (© : BOURBON)

Un navire polyvalent et modulable

Première grande série de navires conçus par BOURBON pour les travaux IMR, un segment d'activité sur lequel le groupe se développe depuis 2008 (à travers Bourbon Subsea Services), les BE 800 ont été imaginés comme des plateformes polyvalentes et modulables. A partir d'une base commune, les navires sont reconfigurables afin de remplir différentes sortes de missions. Ainsi, ils peuvent mener des opérations de « Well Testing », c'est-à-dire de stimulation de puits. Dans cette configuration, ils sont capables de stocker jusqu'à 2000 m3 de pétrole supplémentaires, soit l'équivalent de 24.000 barils.
Les Bourbon Evolution 800 ont aussi une capacité « Wireline » d'inspection et de réparation des puits sous-marins. Dans ce cas, une structure en forme de tour (derrick), est installée sur le pont, au dessus de la « moon pool ». D'une capacité de 150 tonnes, elle est destinée aux interventions sur puits, avec la possibilité de descendre un instrument via un câble, le dispositif bénéficiant d'un système de compensation de houle.

 L'Ungundja à sa sortie de chantier (© : BOURBON)
L'Ungundja à sa sortie de chantier (© : BOURBON)

En cas d'accident sur un champ pétrolier, les bateaux de ce type sont, par ailleurs, à même de servir de navires d'intervention, d'assistance et de sauvetage. Dotés d'un système FiFi 1, avec canons à eau pour la lutte contre les incendies, ils sont conçus pour pouvoir déployer des barrages flottants et mettre en oeuvre des bras mécaniques pour l'épandage de produits dispersants. Quant aux soutes, elles peuvent servir à la récupération de produits hydrocarburés.
On notera enfin que les Bourbon Evolution 800, qui disposent d'une plateforme hélicoptère capable de recevoir une machine de 11 tonnes, peuvent également se transformer en « hôtels » flottants. Dans cette configuration, chaque navire peut héberger 240 personnes, dont une centaine logée sur des shelters disposés sur le pont. Cette option est, par exemple, intéressante pour les groupes pétroliers ou d'autres entrepreneurs menant des campagnes d'explorations sur une longue durée, dans des zones dépourvues d'installations offshores dotées des hébergements nécessaires à la vie des équipes.
Alors que l'Ungundja sera bientôt mis en service, BOURBON attend l'achèvement de son premier sistership à la fin de l'année. Les livraisons des 8 autres BE 800 s'échelonneront ensuite jusqu'en 2013.

Les Bourbon Evolution 802 et 803 en construction  (© : BOURBON)
Les Bourbon Evolution 802 et 803 en construction (© : BOURBON)

Les Bourbon Evolution 802 et 803 en construction  (© : BOURBON)
Les Bourbon Evolution 802 et 803 en construction (© : BOURBON)

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