Marine Marchande
Livraison d’un nouveau méthanier sous pavillon français
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Livraison d’un nouveau méthanier sous pavillon français

Marine Marchande

C’est demain que le chantier sud-coréen Hyundai Samho de Mokpo doit livrer l’Elisa Larus, premier d’une série de cinq nouveaux méthaniers immatriculés au registre international français (RIF). C’est la première fois depuis 13 ans et l’ex-Gaselys, sorti en mars 2007 des Chantiers de l’Atlantique, qu’un navire gazier neuf va battre pavillon tricolore.

 

L'Elisa Larus (© : DR)

L'Elisa Larus (© : DR)

 

Longs de 297 mètres pour une largeur de 47 mètres et une capacité de 174.000 m3 de gaz naturel liquéfiés, ces cinq nouveaux navires sont équipés de cuves Mark III Flex conçues par GTT. Ils sont la propriété d’une nouvelle entreprise, dont la création a été annoncée fin 2019 par le groupe français Geogas et le japonais NYK, qui en détiennent chacun 50%. L’armement de ces méthaniers et leur gestion est assurée par Gazocéan, qui gère déjà trois méthaniers exploités sous RIF, les LNG Unity (ex-Provalys) et LNG Alliance (ex-Gaselys) de 154.000 m3 ainsi que le Global Energy (74.000 m3).

Deux navires affrétés par Edison, les trois autres par Total

Réalisés par Hyundai Samho, le premier et le dernier (livrable fin 2021/début 2022) des cinq nouveaux navires font l’objet d’un affrètement long terme pour la société italienne Edison, filiale du groupe français EDF. Quant aux second, troisième et quatrième de la série, ils seront affrétés par Total et prendront les noms de LNG Adventure, LNG Enterprise et LNG Endurance. Ils sont comme les deux autres construits en Corée du sud mais pas par le même chantier, puisqu’ils verront le jour chez Samsung à Geoje.

L’Elisa Larus, qui doit encore réaliser sa mise en froid, va être armé par 27 marins, dont 7 officiers français. En cette période de pandémie de Covid-19 qui a considérablement restreint et compliqué les déplacements internationaux et relèves d’équipages, la prise en charge du nouveau méthanier n’a évidemment pas été simple. « Cela a été compliqué car il a fallu suivre les règles établies par les Coréens, avec notamment des mesures très strictes de quarantaine et des tests. C’est lourd pour les équipages mais ces mesures ont aussi prouvé leur efficacité », confie-t-on dans l’entourage de l’armateur.  

 

Le LNG Alliance (© : MICHEL FLOCH)

Le LNG Alliance (© : MICHEL FLOCH)

 

Avenir incertain pour les méthaniers équipés de cuves CS1

L’entrée en flotte de ce nouveau navire, et prochainement de ses sisterships, ne va pas entrainé de vague de recrutement chez Gazocéan, qui compte aujourd’hui 75 officiers français en CDI (les membres d’équipage internationaux sont recrutés par une société de manning basée à Singapour et qui dépend de NYK). L’armateur se veut en effet prudent sur sa masse salariale car il rencontre des problèmes techniques sérieux avec certains de ses navires actuellement en service, en particulier sur le LNG Unity qui est immobilisé depuis juillet dernier à Brest, où se poursuivent d’interminables travaux sur ses cuves. Des soucis sont aussi intervenus sur le LNG Alliance l’an dernier, mais le navire a pu être réparé plus rapidement. Pour mémoire, ces deux sisterships, mais aussi le Global Energy, sont restés les seuls méthaniers au monde équipés de cuves à membranes CS1, dont l’entretien reste très complexe. Une technologie développée par GTT, dont la mise au point et la fabrication à Saint-Nazaire avait viré au cauchemar, entrainant un important retard sur la livraison des trois navires (à l’époque à Gaz de France et NYK) et des années de procédures juridiques entre le constructeur et le concepteur. L’ex-Provalys, qui avait essuyé les plâtres des mesures correctives mises en œuvre à l’époque, souffre toujours de ses « défauts de jeunesse ». Au point désormais que des questions se posent quant à « la durée de vie de ces navires », qui appartiennent à Total et NYK. Ce qui, pour être plus clair, signifie que si les surcoûts techniques sont trop importants, tout ou partie de ces bateaux pourrait être désarmé prématurément.

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