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L'Oasis of the Seas en cale sèche à Marseille d'ici 2015 ?

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L'Oasis of the Seas en cale sèche à Marseille d'ici 2015 ?

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Accueillir en arrêt technique le plus gros paquebot du monde. C'est l'objectif des acteurs marseillais de la réparation navale. Aujourd'hui, à l'issue du Conseil de surveillance du Grand Port Maritime, la signature de la convention d'exploitation de la forme 10 devrait être annoncée. Un consortium formé des groupes italiens San Giorgio del Porto et T. Mariotti, ainsi que de STX France (chantiers de Saint-Nazaire) devrait se voir confier la remise en service de la plus grande cale sèche de Méditerranée. Longue de 465 mètres pour une largeur de 85 mètres, cette infrastructure, initialement conçue pour accueillir les pétroliers géants, a été inaugurée en 1975. Délaissée depuis de nombreuses années faute d'activité, la forme 10 va renaître grâce au développement du marché de la croisière. Alors que la taille des paquebots n'a cessé d'augmenter, les infrastructures à même d'assurer les arrêts techniques de ces navires, toujours plus nombreux, ne sont pas légion. En rouvrant sa grande cale sèche, flanquée d'un vaste bassin permettant les travaux sur les navires à flot, Marseille espère donc devenir l'un des grands pôles de réparation, d'entretien et de refonte de l'industrie de la croisière. Déjà, cette activité se développe bien avec les formes 8 et 9 (longues de 350 et 250 mètres) exploitées par Chantier Naval Marseille, filiale de San Giorgio del Porto.

La forme 10 (à droite) et le bassin à flot attenant  (© PORT DE MARSEILLE - FOS)
La forme 10 (à droite) et le bassin à flot attenant (© PORT DE MARSEILLE - FOS)

La forme 10 lorsqu'elle était encore exploitée  (© PORT DE MARSEILLE - FOS)
La forme 10 lorsqu'elle était encore exploitée (© PORT DE MARSEILLE - FOS)

Des infrastructures limitées de l'autre côté de l'Atlantique

La remise en service de la forme 10 permettra de compléter ces moyens et de traiter les navires les plus imposants. Pour cela, deux ans de travaux devraient être nécessaires avant que le site soit de nouveau opérationnel. Il conviendra, notamment, d'investir dans un nouveau bateau-porte afin de fermer la cale et la mettre au sec. En 2014, la forme 10 devrait pouvoir accueillir ses premiers bateaux. Et, déjà, on espère à Marseille remporter le plus beau des contrats : Un arrêt technique du plus grand paquebot du monde, l'Oasis of the Seas, ou de son sistership, l'Allure of the Seas. Livrés en 2009 et 2010 à la compagnie américaine Royal Caribbean International par les chantiers STX de Turku, en Finlande, ces deux mastodontes mesurent 361 mètres de long pour 47 mètres de large (66 mètres aux points les plus larges).

L'Oasis of the Seas  (© RCI)
L'Oasis of the Seas (© RCI)

Le Liberty of the Seas chez Grand Bahama Shipyard (© RCI)
Le Liberty of the Seas chez Grand Bahama Shipyard (© RCI)

Affichant une jauge de 225.000 tonneaux, ils disposent de 16 ponts publics et 2704 cabines, avec une capacité maximale de 6360 passagers et 2100 membres d'équipage. Exploités dans les Caraïbes, ces paquebots sont trop gros pour les infrastructures locales de réparation navale, y compris les docks flottants de Grand Bahama Shipyard, dont le plus grand ne mesure que 310 mètres et a atteint son maximum de capacité avec les paquebots de la classe Freedom of the Seas (339 x 38.6 mètres, 158.000 tonneaux ), dont le Liberty of the Seas. RCI envisagerait donc d'envoyer ses deux géants en Europe vers 2014/2015 pour leur premier gros arrêt technique, avec passage en cale sèche. Or, même sur le "Vieux continent", les possibilités seront limitées compte tenu de la taille de l'Oasis et de l'Allure. Marseille, dont la forme 10 devrait être à ce moment là rouverte, sera alors très bien positionnée et peut espérer décrocher un tel marché. Mais ce contrat n'est pas acquis d'avance puisqu'il existe d'autres possibilités. D'abord, les infrastructures peuvent évoluer de l'autre côté de l'Atlantique. Ensuite, on peut aussi envisager que les paquebots retournent en Finlande, là où ils ont été construits, si tant est que la cale de construction ne soit pas occupée. Turku a en tous cas développé une activité de réparation navale, contrairement aux chantiers STX France de Saint-Nazaire, qui disposent d'infrastructures suffisamment grandes (le bassin C) mais se sont jusqu'ici contenté d'un positionnement sur la construction neuve.
Enfin, quant à savoir si une éventuelle venue des deux paquebots géants se traduirait également par un positionnement en Europe pour une saison de croisière, c'est peu probable. Ils sont en effet trop grands pour la plupart des ports méditerranéens. En dehors d'une éventuelle campagne de représentation de courte durée, les navires retourneraient très vraisemblalement aux Caraïbes sitôt leurs arrêts techniques terminés.

Un paquebot du type Oasis sortant de cale sèche à Turku  (© STX EUROPE)
Un paquebot du type Oasis sortant de cale sèche à Turku (© STX EUROPE)

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