Science et Environnement
Logistique polaire : Une expédition pour la science

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Logistique polaire : Une expédition pour la science

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Remplaçant le navire éponyme qui a effectué pendant plus de 30 ans cette mission, L’Astrolabe, tout nouveau patrouilleur et bateau logistique polaire français, a débuté le 3 novembre sa première campagne de ravitaillement des bases scientifiques en Antarctique. Il est parti de Hobart, en Tasmanie, qui sert de base arrière à l’Institut Polaire Paul-Emile Victor (IPEV). Cet organisme français est chargé de conduire des programmes de recherche en Arctique, Antarctique et zones subantarctiques (Kerguelen, Crozet, Saint-Paul et Amsterdam), avec au-delà des études sur place la responsabilité d’assurer le soutien logistique des sites qui s’y trouvent. Concernant le continent blanc, le port d'Hobart, à l'extrême sud de l'Australie, a été historiquement choisi pour sa « proximité » avec la Terre Adélie. Mais il en reste tout de même éloigné, avec 2700 km à parcourir jusqu’à Dumont d’Urville, dont une partie du voyage à travers les glaces.

 

Le nouvel Astrolabe quittant Hobart le 3 novembre (© :

Le nouvel Astrolabe quittant Hobart le 3 novembre (© : Philippe Dordhain - Institut Polaire Français IPEV)

 

 

Soutenir Dumont d’Urville et Concordia

Ces missions consistent à soutenir deux implantations majeures : Dumont d’Urville (DDU) et Concordia, où des équipes scientifiques et techniques, dans l’un des environnements les plus hostiles au monde, réalisent tout au long de l’année des observations et recueillent des données uniques, en particulier dans les domaines de la glaciologie, des études atmosphériques, sismologiques, astronomiques, ou encore de suivi de la faune… L’ensemble de ces recherches permet en particulier d’enrichir grandement la compréhension globale de l’histoire du climat, de son évolution et de ses conséquences.

Opérationnelle depuis plus de 60 ans, Dumont d’Urville, implantée sur une île du littoral antarctique, est le point d’entrée de la logistique polaire. Celle-ci répond aux besoins de cette station côtière, mais aussi de Concordia, base franco-italienne créée il y a 20 ans sur le Dôme C, au cœur du continent, à plus de 1000 kilomètres de DDU et 3200 mètres d’altitude. Un vrai « bout du monde », l’un des endroits, si ce n’est le lieu, le plus isolé de la planète.

 

L'ancien Astrolabe à Dumont d'Urville (© : Institut Polaire Français IPEV)

L'ancien Astrolabe à Dumont d'Urville (© : Institut Polaire Français IPEV)

 

Un accès possible uniquement pendant l’hiver austral

Les opérations d’avitaillement des bases en vivres, matériel et carburant, ainsi que les relèves de personnel, ne peuvent s’effectuer que pendant l’été austral, c’est-à-dire d’octobre à mars. A cette période, les températures augmentent dans le Grand Sud, provoquant la fonte de la banquise et libérant ainsi des passages vers la côte antarctique. Le reste de l’année, les bases sont complètement isolées. « L’Antarctique est quasiment inaccessible et une base comme Concordia, située à plus de 1000 kilomètres à l’intérieur du continent, est complètement isolée 6 mois dans l’année. Pendant cette période, toute entrée ou sortie est impossible, il n’y a aucun moyen de l’atteindre en cas de problème. Il faut donc être extrêmement prévoyant et les équipes qui travaillent sur place ont par exemple toujours deux ans de réserve en vivres et en fioul », explique-t-on à l’IPEV.

 

Dumont d'Urville (© : Pierre et Marie Cusa - Institut Polaire Français IPEV)

Dumont d'Urville (© : Pierre et Marie Cusa - Institut Polaire Français IPEV)

 

300 tonnes de fret à acheminer par la mer

Les programmes scientifiques conduits en Antarctique nécessitent le transport, chaque année, de 300 tonnes de fret, dont 30 tonnes de nourriture. Un volume projetable uniquement par voie maritime. D’où l’importance de L’Astrolabe, qui succède au navire du même nom qui a assuré pendant plus de 30 ans cette mission, jusqu’au début de 2017. Le bateau constitue un véritable cordon ombilical pour les équipes scientifiques œuvrant en Antarctique. Sans cette liaison maritime, les programmes de recherche devraient tout simplement cesser. Selon les besoins et conditions d’accessibilité, quatre à cinq rotations sont conduites chaque saison entre Hobart et Dumont d’Urville.

 

Le nouvel Astrolabe, ici à La Réunion (© : PATRICK SORBY)

Le nouvel Astrolabe, ici à La Réunion (© : PATRICK SORBY)

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