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Loire Princesse : Une première saison complexe mais satisfaisante

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Construit par le groupement Neopolia à Saint-Nazaire et mis en service en avril dernier, le Loire Princesse achèvera fin novembre sa première saison sur le fleuve dont il porte le nom. Après un hivernage de plus de trois mois, le navire de croisière, exploité de l’estuaire à Bouchemaine, près d’Angers, doit reprendre du service en mars prochain au départ de Nantes. Pour son armateur, CroisiEurope, cette nouvelle destination est un succès, avec plus de 3200 passagers accueillis à bord du Loire Princesse, qui dispose de 48 cabines, soit un taux de remplissage de 84%.

 

Le Loire Princesse à Nantes (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Loire Princesse à Nantes (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

 

La première saison d’exploitation du navire fut néanmoins complexe et a représenté un vrai challenge pour la compagnie alsacienne. Il s’agissait en effet de conquérir un fleuve sauvage et capricieux, où les navires ne s’aventuraient plus depuis longtemps en amont de Nantes. Pour y parvenir, CroisiEurope a étudié les cotes des dernières années et conçu avec Neopolia et le bureau d’architecture nantais Stirling Design International un bateau taillé spécialement pour la navigation en Loire. Long de 88.8 mètres pour une largeur de 15.3 mètres, le Loire Princesse présente, ainsi, un tirant d’eau de seulement 80 centimètres. Il a en outre inauguré le retour du concept des roues à aube, permettant là aussi de faciliter le passage des bancs de sable et hauts fonds vaseux en supprimant les traditionnelles lignes d’arbres.

 

Le Loire Princesse à Nantes (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Loire Princesse à Nantes (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

 

Malgré ces atouts, les débuts du Loire Princesse ont été marqués par quelques aléas. Début juin, le navire, confronté à un fort courant, doit finalement renoncer à remonter le fleuve au niveau de Saint-Florent-le-Viel, près de Varades (entre Nantes et Angers). Pour l’aider à franchir les seuils délicats, la compagnie lui adjoint un bateau pousseur mais celui-ci coule le 17 juin, ses deux membres d’équipage étant récupérés sains et saufs. Puis, le 10 juillet, le navire doit encore renoncer à aller jusqu’à Bouchemaine à cause du courant, trop fort pour lui.

Ces incidents, qui ont fait les choux gras des gazettes locales, ont néanmoins caché une réalité : en 7 mois, le Loire Princesse a été la plupart du temps en capacité de remonter le fleuve jusqu’à Bouchemaine, alors qu’aucune croisière n’a été annulée. Le navire a, en outre, bénéficié d’améliorations techniques. Si le concept des roues à aube et la géométrie des pales a été validé et que les deux moteurs, de 500 cv chacun, sont bien dimensionnés, il a fallu changer les capots initialement installés. Ces équipements avaient été réalisés en aluminium au moment où les concepteurs cherchaient à gagner du poids. Mais, au final, ils se sont révélés trop légers et, lorsque les moteurs montaient régime, des vibrations apparaissaient. Surtout que l’espace entre le capot et les roues est apparu comme trop faible. Pour éviter les nuisances et préserver le confort des passagers, mais aussi éviter de possibles dégâts en cas d’utilisation prolongée à fort régime, les moteurs n’ont pas été utilisés au maximum de leurs possibilités. Ce qui fait que le navire ne disposait plus, dans certains cas, d’assez de puissance pour franchir les fameux seuils, là où le courant est le plus fort. C'était en particulier le cas à Saint-Florent-le-Vieil, sur une zone de 150 mètres où, lors des basses eaux, le courant est violent. Ce défaut de jeunesse du Loire Princesse a été modifié à Saint-Nazaire les 3 et 4 août. Entre deux croisières, de nouveaux capots, cette fois en acier et rehaussés par rapport à leurs prédécesseurs, ont été installés sur le navire qui, depuis, peut utiliser pleinement toute la puissance de ses moteurs.

 

Roue à aube après modification (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Roue à aube après modification (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

 

En plus de ces améliorations techniques, CroisiEurope mise sur le fait que l’année 2015 a été exceptionnelle en matière d’hydrologie. Car la Loire, comme d’autres fleuves européens, a affiché des niveaux d’eau particulièrement bas. La compagnie espère donc que ce phénomène, statistiquement rare, ne se produira pas en 2016. Du succès de la prochaine saison et de la capacité du Loire Princesse à assurer normalement ses croisières dépendent en effet l’avenir de cette destination. Car, si aucune traversée n’a été annulée cette année, certains passagers concernés par les soucis de remontée de la Loire n’ont pas apprécié la réduction du temps de navigation. Et l’ont fait parfois abondamment savoir, en particulier sur les forums et réseaux sociaux, instillant le doute chez certains clients potentiels. La bonne fin de saison réalisée par le navire a néanmoins permis à la compagnie de nuancer cette image négative, le retour d’expérience des derniers mois et la prochaine saison ayant pour objectif d’assoir définitivement la Loire comme une destination croisière aussi fiable qu’un autre fleuve. 

 

Le Loire Princesse en route vers Bouchemaine (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Loire Princesse en route vers Bouchemaine (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

Croisières fluviales