Marine Marchande
L’OMI garde son cap sur l'échéance 2020

Actualité

L’OMI garde son cap sur l'échéance 2020

Marine Marchande

En fin de semaine dernière, la Maison Blanche a annoncé soutenir un projet appelé « phase de construction d'expérience » (experience building phase) dont l’objectif est de prendre en considération les possibles difficultés d'approvisionnement en carburant de qualité pour l’application des normes antipollution de 2020. Cette initiative est portée par les Bahamas, le Panama, le Libéria, les Îles Marshall et des associations d’armateurs. Mercredi, l’OMI, en réunion à Londres, a émis une fin de non-recevoir à cette demande tout en indiquant qu'elle réfléchirait à la question de la disponibilité des pétroles conformes lors de la prochaine session du comité de protection de l’environnement marin (MEPC), en mai prochain. L’institution rattachée à l’ONU a jugé que la nouvelle réglementation devait pouvoir s’appliquer dès le 1er janvier 2020 et que la proposition faite était trop vague.

Une raison du soutien américain à cette proposition est l'inquiétude Outre-Atlantique que représente le passage à la nouvelle réglementation. Il risque en effet de faire grimper les prix des carburants des navires et donc par ricochet celui du transport maritime. Selon de nombreux armateurs, les raffineurs ne seraient pas prêts pour faire face à la demande massive à venir de carburants à faible teneur en soufre. Le président américain Donald Trump, qui joue sa réélection en 2020, a peur que cela se répercute mécaniquement sur les prix à la pompe et les factures de chauffage des particuliers. Alors que les porteurs du projet mettent en avant la mise en place d'une sorte de phase d'expérimentation, certains y voient une volonté de torpiller la future réglementation.

Pour mémoire, la norme pour 2020 prévoit l’abaissement des émissions d'oxydes de soufre (SOx) venant de la propulsion des navires. Il est prévu qu’en 2020 la teneur maximale de SOx rejetée soit de 0.5% et même 0.1% dans les zones dites SECA (Sulfur Emission Control Area) que l’on trouve déjà en Manche, mer du Nord et Baltique. La norme actuelle est de 3.5% en dehors des zones SECA.