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Lorient :  Capitale de la course au large pour la Volvo Ocean Race

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Lorient : Capitale de la course au large pour la Volvo Ocean Race

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En 15 ans, le visage de l'ancienne base des sous-marins de Kéroman a radicalement changé. Ce site militaire est devenu un grand Pôle de course au large reconnu à l'international. Un plus pour l'image de Lorient qui accueille pour la deuxième fois la Volvo Ocean Race. La flotte est attendue en milieu de semaine. 

Lors de l'escale lorientaise de la Volvo Ocean Race en 2012, les équipages étrangers avaient été bluffés en découvrant les infrastructures et le gigantisme des bateaux amarrés à côté de leurs VOR. Pour Grant Dalton, le boss de l'équipe néo-zélandaise, Lorient n'avait rien à envier à Auckland. Plutôt flatteur d'être comparée à cette ville considérée comme la Mecque de la Voile. Il est vrai que ce Pôle course au large, érigé au pied des indestructibles blockhaus de l'ancienne base des sous-marins de Kéroman, est unique et atypique. Pour les équipes qui ont choisi de s'y ancrer, l'endroit est attractif, fonctionnel.

Gautier et Cammas, les pionniers

C'est Alain Gautier qui a joué les pionniers et s'y est installé dès 1998 après que les militaires aient abandonné le site à une époque où il fallait encore montrer patte blanche pour pénétrer dans cette enceinte. Franck Cammas et Groupama ont eu la même démarche. « Avec Stéphane Guilbaud, directeur technique, on travaillait pour les deux skippers. Nous étions lorientais et avons d'emblée mesuré l'intérêt du site exceptionnel à tous égards », explique Vincent Borde, chargé des relations presse de Groupama depuis 1994. « Le fait d'avoir des équipes de haut niveau sur le site a eu un effet boule de neige. Je pense que Groupama a joué un rôle moteur dans le développement de cet ensemble. » Au fil des projets, cette équipe, qui a investi le grand bâtiment des Défis où Areva avait préparé la Coupe de l'America (2003), est montée en puissance. Le point d'orgue a été la préparation de la dernière Volvo Race. Le team Groupama, c'était alors 80 personnes dont plusieurs étrangers. Si, aujourd'hui, Franck Cammas a mis la course au large entre parenthèses pour se consacrer à la sélection pour les JO de Rio et à la Coupe America avec Team France, Lorient reste sa base opérationnelle.

Bouillon de culture

En l'espace de 15 ans, ce Pôle a radicalement changé et pris une dimension impressionnante. Aujourd'hui, il rassemble une douzaine de teams structurés, 90 skippers dont plusieurs étrangers, comme l'Allemand Jörg Riechers ou l'Italien Giancarlo Pedote, qui ont choisi Lorient comme port d'attache. Sidney Gavignet y a, pour sa part, installé l'équipe omanaise quand il a préparé la Route du Rhum 2010 avec son grand trimaran. « Lorient est la capitale de la course au large, c'est évident quand on regarde les quais et les machines qui y sont amarrées. C'est fantastique de faire évoluer les Omanais dans ce bouillon de culture de la course océanique », explique le Francilien. Pour de multiples raisons, il se félicite de ce choix. « Sportivement, le bateau est fait pour naviguer et, ici, entre Groix, Belle-Ile, les Glénans, on a tout ce qu'il faut pour s'entraîner et faire du côtier. Et si on veut aller au large, c'est également très facile et rapide. » A cet intérêt stratégique s'ajoute l'argument de la logistique. « Quand on a besoin de personnel qualifié pour un chantier, pas de souci. On a aussi sur place les stages médicaux de survie ou de sécurité. Ici, il ne manque rien de tout ce qui concerne notre activité », précise le skipper d'Oman. Cet éventail d'entreprises qui cultivent l'excellence est une force du pôle vis-à-vis des grandes équipes océaniques. Mais l'attractivité de Lorient concerne toutes les séries. Plusieurs figaristes, des concurrents de la Mini-transat, suisses, australiens, italiens et même chinois y ont posé leur sac. L'hiver passé, l'Académie anglaise Artemis y a entraîné ses marins qui disputent actuellement la Solitaire du Figaro. Pas de doute, pour beaucoup de marins, Lorient est devenue The Place To Be.


Un article de la rédaction du Télégramme