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Lorient : Inquiétudes des salariés de Navtis

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A trois semaines de l'examen de la situation de leur entreprise par le tribunal de commerce, les salariés de Navtis expriment leurs doutes et leur désarroi. Selon eux, le développement espéré après leur rachat par Navtis n'est pas au rendez-vous. 

« Nous voulons savoir ce que M. Pivain compte faire de l'entreprise ». Lundi matin, les 35 salariés de Navtis Bretagne-Sud ont cessé le travail pour une grève de 24 heures. L'entreprise lorientaise spécialisée dans la réparation et la maintenance navales (ex-Timolor) a été rachetée en août 2015 par le groupe brestois Navtis, présidé par Bruno Pivain. En novembre 2016, Navtis Bretagne-Sud a été une nouvelle fois placée en redressement judiciaire. En cause : des pertes financières accumulées, un carnet de commandes peu épais et une relance d'activités difficile après le rachat de Timolor. Malgré tout, et en raison des engagements pris par le groupe Navtis, le tribunal de commerce a autorisé l'entreprise à poursuivre son activité. En mai dernier, la période d'observation avait été renouvelée pour six mois.

« Rien n'a changé »

« Sur 2017, Navtis Brest a apporté 1.383.000 € de commandes clients en sous-traitance pour conforter l'activité de Navtis Bretagne-Sud », indique, dans un communiqué, Emmanuel Peloux, le directeur administratif et financier du groupe qui a fait le déplacement à Lorient, hier, pour discuter avec les représentants du personnel et les délégués syndicaux lorientais. « Le groupe a donné sa garantie pour que Navtis Bretagne-Sud gagne des marchés. Navtis Brest a délégué un chargé d'affaire à 100 % de son temps en soutien technique des affaires de Navtis Bretagne-Sud et un directeur de site a été recruté ». Les salariés lorientais évoquent pourtant un plan de charge exsangue. « Rien n'a changé. Les comptes sont toujours dans le rouge. Il n'y a pas de stratégie industrielle ». Ils dénoncent aussi « des salaires non payés dans les délais et pas intégralement, des conditions de travail insalubres... ». Ainsi que des difficultés de communication avec le siège. « Brest ne répond plus », déplorent-ils. « Nous étions 51 lorsque Timolor a été repris. Nous ne sommes plus que 35 aujourd'hui. Beaucoup de collègues ont démissionné... Navtis laisse pourrir la situation », dénoncent les salariés.

Au tribunal de commerce le 3 novembre

De son côté, « la direction a le regret de constater une forte dégradation de la qualité des réalisations sur des contrats industriels et navals qui sont pourtant stratégiques pour l'avenir du site », indique Emmanuel Peloux. « Les perspectives d'activités des prochains mois sont très faibles et induisent une remise en cause de l'activité lorientaise dans son organisation et son format actuel », reconnaît-il dans son communiqué. « L'opportunité d'appartenir à un groupe tel que Navtis permet d'envisager, en cas de sous-emploi durable, un ensemble de solutions qui passeront nécessairement par des propositions de mobilité au sein des différentes entités dont la charge reste élevée ». Le vendredi 3 novembre, le tribunal de commerce de Lorient examinera à nouveau la situation de Navtis Bretagne-Sud.

Un article de la rédaction du Télégramme

Port de Lorient