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Lorient : la réparation navale civile dans les starting-blocks

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Lorient : la réparation navale civile dans les starting-blocks

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170 mètres de long, 28 mètres de large au radier, 36 mètres en haut, 6 mètres de tirant d’eau. Le bassin 2 du site de DCNS de Lorient a été mis en service en 1756, à peine 50 ans après le tout premier bassin ayant construit la première génération de bâtiments de guerre le long du Scorff. Ce n’est que bien plus tard que le bassin 3, qui accueille actuellement les frégates multi-missions, a pris sa suite. « C’est un très bel outil, qui même s’il est inoccupé, reste entretenu par DCNS », explique Patrice le Fel, président de l’Interprofession du Port de Lorient (IPL). Une interprofession, créée en 2011, qui regroupe 26 entreprises de la filière navale de la place lorientaise. « Nous avons tous les corps de métier de la réparation navale, de la manutention à l’électronique, en passant par la chaudronnerie ou la peinture. En tout nous représentons 1000 salariés ».

 

Le bassin 2 est le plus à droite dans l'enceinte de DCNS (

Le bassin 2 est le plus à droite dans l'enceinte de DCNS (© AUDELOR)

 

Compléter l’offre de manutention lorientaise

 

 

La jeune IPL a de l’ambition pour Lorient. « Nous avons énormément de savoir-faire ici, nous savons travailler sur les bateaux militaires les plus complexes. Il serait dommage de ne pas voir plus loin ». Plus loin, c’est la réparation navale de gros navires. Actuellement, l’aire de réparation navale de Lorient fonctionne avec un seul moyen de manutention, l’élévateur qui peut soulever jusqu’à 650 tonnes. Un bel outil, mais qui limite forcément la taille des bateaux : une partie de la flotte lorientaise comme les ferries de Groix ou les chalutiers de la Scapêche ne peuvent, ainsi, pas être entretenus à domicile.

 

 

L'aire de réparation navale de Lorient (MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

L'aire de réparation navale de Lorient (MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

 

 

 

Les collectivités locales mobilisées, dans l’attente de l’aide de la Région

 

 

A quelques encablures de l’aire de réparation navale, il y a pourtant cet autre outil, le bassin 2. Depuis plusieurs années, le sujet revient régulièrement sur la table, fait l’objet de débats et d’études. Si la forme est saine, des aménagements doivent être effectués pour accueillir facilement des navires : « une porte à clapet, pour remplacer l’actuel système de bateau porte qui nécessite l’intervention de remorqueurs, un chemin de halage automatique, un système de retraitement des effluents de carénage, un portique de manutention et l’aménagement de l’accès et de la sécurisation ». Une facture de 9 millions d’euros, dont les entreprises locales ainsi que l’agglomération de Lorient ont déjà accepté de payer leur part. Restent le département et la Région Bretagne, par ailleurs propriétaire du port. « La Région a commandé un audit qui devrait sortir dans les jours à venir. Nous espérons que le résultat va en être l’octroi rapide de cette subvention ».

 

 

Lorient se positionne déjà sur des appels d’offre

 

 

Rapide parce que les projets sont déjà concrets. « Nous avons déjà eu plusieurs demandes de cotation et nous avons pu répondre au récent appel d’offre pour l’arrêt technique du navire océanographique Thalassa de Genavir ». Un appel d’offre que l’IPL n’a pas remporté, « mais nous avons pu démontrer que nous sommes capables de rentrer sur ce marché, dans l’état actuel du bassin 2,  et cette démarche a été jugée crédible par plusieurs interlocuteurs ». DCNS a donné son accord sur le principe de location à long terme de la forme et, dans le cadre de ces dernières cotations, a répondu aux côtés de l’IPL. « Nous avançons ensemble ».

 

La Thalassa de Genavir (

La Thalassa de Genavir (©MICHEL FLOCH)

 

 

Une structure commerciale et un opérateur privé

 

 

Si l’IPL a pu répondre à cet appel d’offre, c’est grâce à une structure commerciale qu’elle a créée et qui permet de proposer aux interlocuteurs deux options : soit une « clé en main » où elle va coordonner l’ensemble des travaux avec les différents corps de métier, soit une adaptée aux clients maître d’œuvre en proposant des devis de chaque entreprise. « A terme, ce que nous souhaiterions, c’est que le bassin 2 soit géré par un opérateur indépendant privé, comme l’élévateur qui est opéré  par la société d’économie mixte Keroman. L’idéal serait évidemment d’avoir ce même opérateur pour l’ensemble des futurs moyens de manutention lorientais ».

 

 

L'élévateur de Keroman (MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

L'élévateur de Keroman (MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

 

 

Un pôle de réparation navale cohérent

 

Le potentiel existe : outre la flotte locale, il y a également les navires de toute la zone du golfe de Gascogne, et ceux escalant au port de commerce de Lorient. « Il s’agit de créer un pôle de réparation navale cohérent ». La proximité de Concarneau et des chantiers Piriou n’est pas nécessairement synonyme de concurrence effrénée. « L’idée est d’approfondir notre collaboration, de travailler ensemble. Nous avons intérêt à regrouper nos forces si nous voulons pouvoir attirer davantage de navires et rester dans la course face à la concurrence européenne et notamment des chantiers espagnols ». 

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