Vie Portuaire
Lorient: La réparation navale veut un nouvel outil

Actualité

Lorient: La réparation navale veut un nouvel outil

Vie Portuaire

Chaque été, l'élévateur à bateaux de  Lorient Keroman connaît un petit arrêt technique. Mais cette année, l'aire de réparation navale de Keroman va connaître une interruption de sept semaines (de mi-juillet à fin août). La cause : la dalle qui soutient l'élévateur à bateau s'affaisse. « L'élévateur est prévu pour fonctionner sur une pente de 1 % maximum », rappelle Maurice Benoish, le président de la Sem Keroman. « Or, à certains endroits, à la sortie de la darse, on est plus proche des 2 %. Les travaux sont urgents pour éviter une dégradation de l'outil ». Un outil qui a 14 ans. Coût prévu : 400.000 €. Cet arrêt technique aura des conséquences sur l'activité de la cinquantaine d'entreprises de réparation navale lorientaises qui utilise l'aire de Keroman.

« Contraintes au chômage technique »

Même si « le choix de la date des travaux a été arrêté en concertation avec les entreprises et les armateurs », indique Maurice Benoish, « certaines seront contraintes au chômage technique », souligne Patrice Le Fel, président de l'Interprofession du port de Lorient (IPL), qui regroupe 44 entreprises pour 1.250 emplois. « C'est une très grosse problématique pour les entreprises, dépendantes d'un seul et unique moyen de levage et de mise au sec. On n'est pas à l'abri d'un incident dans le port à des moments non planifiés ».

Un outil pouvant accueillir 5.000 tonnes

« Plus que jamais - ça fait déjà cinq ans - nous militons pour un second moyen de levage et de carénage pouvant traiter des navires de 100 m sur 40 m : un ascenseur à bateaux, avec des rails à terre, pouvant accueillir 5.000 tonnes », explique Patrice Le Fel. « Ça nous permettrait de traiter les navires locaux - bateaux de la Scapêche, rouliers de desserte des îles -, de se positionner sur la maintenance des énergies marines renouvelables qui arrivent à Groix et à Saint-Nazaire, mais aussi de capter des nouveaux marchés et pourquoi pas à l'international ». Un outil qui « pourrait intéresser Piriou, Navtis et le futur repreneur des chantiers STX de Lanester ».

« Nous avons des besoins »

Cet outil pourrait trouver sa place sur le site de 3 ha, à Lanester, sur les rives du Scorff, pour la gestion duquel la Sem Keroman vient de se porter candidate. Un site qui appartient à la Région, qu'elle a aménagé avec une grue et des ras-débordoirs. Le tirant d'eau permet d'accueillir des navires beaucoup plus imposants qu'à Keroman. Dans un premier temps, il s'agirait pour la Sem de gérer le quai des TCD, utilisé auparavant par l'armée. « Nous avons des besoins. Ce site sera complémentaire de l'aire de réparation navale et du quai lourd que nous avons aménagé dans le port de pêche », explique Maurice Benoish. Quant à l'installation d'un ascenseur à bateaux, « c'est une décision qui revient aux pouvoirs publics », prévient le président de la Sem Keroman.

« Il y a un potentiel économique »

« Un site comme ça sans moyen de levage ni de carénage, ça n'a pas de sens », argue Patrice Le Fel. D'autant « qu'on a tourné la page du bassin nº2 de DCNS. On sait aujourd'hui qu'il ne pourra pas être utilisé par la navale civile ». Un ascenseur à bateaux « ou des docks flottants, c'est un investissement important qu'on est en train d'évaluer », indique Norbert Métairie, président de Lorient Agglo, actionnaire majoritaire de la Sem Keroman. Patrice Le Fel évoque un montant de 20 à 25 M€. « Un partenariat public-privé serait souhaitable pour cette opération», souligne Norbert Métairie. L'élu met en avant « l'étude de marché menée par Audélor. Il y a un potentiel économique. Plutôt que de voir passer les bateaux, autant les faire s'arrêter à Lorient ». Un outil qui serait complémentaire de ceux déjà existants en Bretagne-Sud. « Lorient est une place qui se développe pour la navale. Nous avons une carte à jouer ». Ce complément « passe par l'aménagement de la rive gauche ». C'est tout ceci que les élus vont plaider auprès de la Région et des partenaires à trouver pour le tour de table financier.


Un article de la rédaction du Télégramme

 

Port de Lorient