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A Lorient, Nicolas Sarkozy a aussi parlé du second porte-avions

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A Lorient, Nicolas Sarkozy a aussi parlé du second porte-avions

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Le 4 mai, à l'occasion de la révélation de la frégate Aquitaine à Lorient, le chef de l'Etat s'est entretenu avec les organisations syndicales de DCNS. Durant une quarantaine de minutes, divers sujets ont été abordés. Il a, bien évidemment, été largement question de l'avenir de l'entreprise et de son développement, mais aussi de certains projets, comme celui du second porte-avions. Lors de la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy s'était montré favorable à la construction d'un second porte-avions français, qu'il avait qualifié d'« évidence opérationnelle et politique ». Un projet en coopération avec la Grande-Bretagne avait été lancé en 2006 et les industriels, après avoir rendu leur copie au ministère de la Défense, étaient prêts à lancer la construction du « PA2 ». Malgré les sommes déjà déboursées et l'avancée du projet, le président de la République avait, néanmoins, décidé en juin 2008 de repousser à 2011/2012 sa décision de construire, ou non, le bâtiment. L'échéance approchant, l'UNSA a, le 4 mai, questionné le chef de l'Etat sur ce dossier. « Nicolas Sarkozy a réaffirmé son souhait de voir la marine militaire française dotée d'un deuxième porte-avions. Mais il a indiqué que la conjoncture économique n'était pas encore suffisamment favorable à l'engagement d'une dépense de 2 milliards d'euros, chiffre fourni par le ministre de la Défense », explique le syndicat.
L'aboutissement de ce programme, comme on pouvait s'en douter, s'annonce donc difficile à obtenir pour DCNS bien entendu, mais aussi les chantiers STX de Saint-Nazaire, qui doivent réaliser la coque. A l'échelle des crédits d'équipements dépensés chaque année par le ministère de la Défense (plus de 15 milliards d'euros), les 2 à 3 milliards d'euros nécessaires au PA2, répartis sur les 7 ans que doit durer la construction, ne sont finalement pas très importants. Mais il s'agit toujours d'un projet hautement symbolique, un porte-avions étant beaucoup plus visible, notamment pour l'opinion, que des blindés ou des avions de chasse. Décider de lancer un tel projet constitue donc un véritable engagement politique. Sous la cinquième république, seul le président Mitterrand a fait ce choix, en autorisant la construction du Charles de Gaulle en 1986 (*).
En attendant qu'une décision sur le PA2 soit prise à l'Elysée, les industriels poursuivent leurs études sur ce projet, et notamment sur les avantages et les inconvénients d'une propulsion classique ou nucléaire.
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(*) Pour mémoire, l'ordre de mise en chantier du Clémenceau a été donné en mai 1954, sous le gouvernement de Joseph Laniel.

Naval Group (ex-DCNS) Chantiers de l'Atlantique (ex-STX France)