Marine Marchande
Lorient : Noé sur le départ ?
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Lorient : Noé sur le départ ?

Marine Marchande

Voilà 20 ans que le Noé a mouillé sa coque à Lorient. Amarré près de l’embarcadère pour Groix, l’ancien baleinier n’en est jamais reparti. Après deux projets avortés, une nouvelle vie se dessine : le Noé réhabilité en bateau-spectacle à Lisbonne ? Cette fois, son rachat semble en bonne voie.

1 Le flop du studio télé à flot

Le Noé et Lorient : l’histoire débute en octobre 2000, à l’arrivée de l’ancien baleinier, construit en 1959, en provenance des îles Tonga. À l’époque, l’animateur de télévision Olivier Chiabodo, débarqué du jeu culte Intervilles suite à des accusations de tricherie pendant une épreuve, achète l’ancien navire long de 61 m et confie aux entreprises navales lorientaises le soin de le transformer en « société de production télévisuelle à flot ». Son objectif : « Parcourir le globe et réaliser des documentaires sur la beauté de la planète ». Six mois de travaux sont prévus, pour un coût de 4 M€. Les entreprises lancent le chantier mais un an plus tard, tout s’arrête : elles ne sont pas payées ! Olivier Chiabodo évoque alors un désengagement financier d’un partenaire et promet d’en trouver un autre...

2 En rade, le palace flottant à Madagascar

Le bateau est finalement achevé en juillet 2001 mais il ne prendra jamais la mer : la société de production d’Olivier Chiabodo - Carabin - est sous le coup d’un dépôt de bilan, avant d’être définitivement liquidée. Le Noé est mis aux enchères. À deux reprises. Deux coups d’épée dans l’eau. Il ne trouve pas preneur et reste bloqué à Lorient, d’abord amarré au port de pêche de Keroman puis à la passerelle ro-ro du port de commerce, là où il se trouve encore aujourd’hui, tout près de l’embarcadère pour l’île de Groix. En 2012, il est racheté par Riaz Barday, un entrepreneur malgache, qui envisage une nouvelle vie de palace flottant à Madagascar. Un projet qui n’a finalement jamais abouti.

3 La Région veut faire place nette

Depuis mars 2019, le navire fait l’objet d’une procédure de déchéance de propriété émise par la Région Bretagne, propriétaire du port et soucieuse de débarrasser la rade, les quais et les pontons des coques et épaves indésirables. En clair, si le patron malgache d’Aéromarine, toujours propriétaire du Noé, ne s’occupe pas de son navire, celui-ci tombera dans le giron de la Région. Son sort est connu : « Le Noé sera déconstruit. Un chantier havrais est déjà sur les rangs », annonce la Région. Oui mais voilà, un processus de vente est en cours. « Plutôt en bon état, le Noé pourrait partir pour Lisbonne afin d’y être exploité, après les travaux nécessaires », approuve-t-on à l’antenne portuaire à Lorient, toutefois prudente : « Ce n’est pas la première fois qu’il y a un projet autour du Noé et que ça tombe à l’eau… ».

4 Un futur bateau-spectacle à Lisbonne ?

La Bellevilloise, une société parisienne spécialisée dans l’événementiel, est en effet sur les rangs. Imaginé par Renaud Barillet, le directeur général de la Bellevilloise, le projet viserait à offrir au Noé une nouvelle vie, à quai, en transformant le vieux chalutier en bateau-spectacle, amarré à Lisbonne, au Portugal. « L’acquéreur est en train de finaliser le contrat pour des travaux au port de Saint-Nazaire. Ces travaux pourraient avoir lieu en avril, à condition que soient fournies des garanties financières », confirme la Région. L’opération est en cours de montage. Si tout se passe bien (cette fois), le Noé pourrait quitter Lorient, au plus tard, cet été, selon nos informations. L’exploitation comme navire événementiel pourrait alors démarrer début 2021.

Un article de la rédaction du Télégramme