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Lorient : Retapée, Tara reprend la mer
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Lorient : Retapée, Tara reprend la mer

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Accueillie triomphalement, à l’automne, à Lorient La Base, à l’issue d’un périple de 29 mois et 100 000 km à sillonner l’océan Pacifique, la goélette Tara s’est offert une cure de jouvence. « Le navire a subi un grand lifting. C’était une nécessité. Il ne faut pas oublier que Tara fête ses 30 ans cette année. Elle a besoin de soins ! Elle travaille énormément et ne s’arrête jamais », concède Martin Hertau, son capitaine.

Cinq mois et demi de chantier

Pendant cinq mois et demi, Tara a fait l’objet d’une importante réfection, d’abord à l’abri dans une des cathédrales de béton de l’aire de réparation navale, de mi-novembre à début mars, puis sur le terre-plein de Keroman, jusqu’à fin avril. « Les lignes d’échappement ont été entièrement revues et corrigées. Il a fallu tout démonter, de l’atelier à la plage arrière, avec le concours de l’Apave de Caudan, des spécialistes du retrait d’amiante. Atlantiso s’est chargée de l’isolation et la SLTIM est intervenue pour les soudures », détaille le Malouin.

« La refonte complète et l’étanchéité du carré ont été confiées à l’entreprise Sailwood, basée à La Perrière », ajoute le capitaine. « Il y pleuvait quand on prenait des paquets de mer… Et pour cuisiner, il fallait s’équiper de bottes et d’un coupe-vent. L’espace a donc été mis à nu et refait, à l’image de tous les joints des thermoplastiques transparents. Il a fallu 500 cartouches de colle ! »..

« On se sent chez nous, ici, à Lorient »

Cadènes et entretoises ont été refaites par Le Gac Keroman Usinage. La réfection des safrans et du guindeau a été confiée aux établissements Meunier. La société Barillec a modernisé les systèmes électriques. « Nous avons posé des groupes électrogènes plus puissants. C’était vital. Il y a de plus en plus d’équipements scientifiques embarqués. Il fallait assurer notre sécurité et le bon fonctionnement des expériences à bord », estime Martin Hertau. La centrale hydraulique offre dorénavant plus de souplesse au treuil. Incidence Sails, de son côté, a planché sur les voiles. Enfin, la coque, des œuvres vives au pont, a été repeinte par la Solorpec.

« Le dernier chantier remontait à 2009, sans compter le changement des moteurs en 2016. On commençait à avoir des soucis. Résultat : 15 % d’optimisation et 85 % de réfection », chiffre le capitaine, ravi des travaux réalisés à Lorient. « On se sent chez nous ! Nous avons ici des facilités et tout ce qui est nécessaire. Le tissu économique de Keroman est très adapté car on se rapproche plus d’un bateau de pêche ou de commerce que d’un voilier. Les boîtes travaillent avec nous depuis quelque temps. Elles sont flexibles et commencent à avoir un suivi du bateau », se réjouit-il. « Sans oublier la Sellor, la BSM et la Sem Keroman, qui nous rendent de grands services », insiste-t-il.

Un tour d’Europe de six mois

Désormais arrimée au ponton de la Cité de la voile à La Base, la goélette s’apprête à voguer vers de nouveaux horizons pour six mois. Elle doit appareiller, le jeudi 23 mai, pour de nouvelles missions à travers l’Europe, d’abord sur la piste du bloom, une efflorescence de microalgues, puis aux origines de la pollution plastique sur dix fleuves du Vieux continent. Dix-huit escales sont prévues. « Cap au nord ! Première étape à Saint-Malo, puis direction Londres, Hambourg, Oslo, Visby… La goélette croisera aussi en Méditerranée, d’août à fin octobre. Avec notamment une escale à Tunis. Elle regagnera Lorient le 23 novembre », annonce le capitaine, affairé aux derniers préparatifs et impatient de reprendre la mer


Un article de la rédaction du Télégramme